//🎤 Martin Latulippe : de l’adolescent à l’homme d’influence

🎤 Martin Latulippe : de l’adolescent à l’homme d’influence

Bonjour et bienvenue, on attendait plus que vous pour commencer cette interview. Comme vous le savez, je suis « Woman On Tour » et j’ai l’habitude sur ma chaîne YouTube d’aller à la rencontre de personnes inspirées et inspirantes et aujourd’hui ne déroge pas à la règle. Je suis en présence de Martin Latulippe.

Bonjour Martin.

Bonjour Marie-France, bonjour tout le monde – l’audience de « Woman On Tour ». Ça va bien ?

Ça va très très bien. Merci beaucoup de nous accorder ce temps. Est-ce que tu pourrais, pour les personnes qui nous ont rejoints, te présenter avec tes mots s’il te plait ?

 

Et bien écoute, j’ai bien aimé ce que tu as dit. Je pense que ça a été un grand détour pour apprendre à être qui je suis. Mais à la base je suis un papa, je suis un époux et je suis un conférencier. Tous les jours je fais des interventions dans les grandes sociétés pour les aider à booster leurs performances mais sans oublier la notion de sens par rapport à la quête qu’ils ont – peu importe l’industrie. Et je suis coach et formateur. On fait toute sorte de programmes digitaux. On fait des évènements car on a des clients dans 32 pays, un peu partout dans le monde. Ici, on est à Paris, demain on accueille 150 personnes pour suivre « La meilleure année de votre vie ». Voilà. Dans mes mots et en quelques secondes, c’est ce que je dirais.

interview martin latulippe woman on tour

J’aimerais que l’on revienne au début. J’aimerais comprendre quel genre de garçon tu étais quand tu étais à l’école et quand tu étais adolescent. Est-ce que tu étais un rebelle, est-ce que tu étais au contraire un suiveur, un rêveur ? 

Je pense que j’étais tout ce que tu as dit ici. J’étais un rebelle, j’étais très colérique et perturbé. Moi, le système scolaire ne m’a pas nécessairement réussi. J’avais un frère qui était très très performant au niveau scolaire et académique. Il s’est retrouvé au collège militaire. Donc dans un début de carrière avec des décorations et moi j’étais celui qui avait du mal à réussir ses cours et qui avait des problèmes de comportements. Mes parents m’ont toujours donné un amour incroyable. C’est simplement que moi, à travers ma lentille, il y a certains éléments que j’ai perçu qui m’ont fait penser que peut-être j’avais moins de valeur, lorsque j’étais en train de construire mon identité dans un endroit scolaire. Mais je n’arrivais pas à exceller et à me faire dire que j’étais bon et que j’avais des talents. Tout ça à fait que j’ai décroché énormément et ça s’est transformé en rébellion. Donc beaucoup de frustration. Donc, pour retrouver le chemin, j’étais un suiveur. Parce que à un moment donné, j’ai remarqué que ce chemin que j’avais pris ne me menait pas vers quelque chose qui allait me mener à l’abondance ou à être heureux. Donc, je me suis mis à observer les gens autour de moi qui n’excellaient pas à l’école mais en dehors. Des gens qu’on identifiait comme ayant du leadership. Des gens qui avaient de l’influence. Des gens qui étaient capable de prendre la parole en public et qui avaient découvert leur chemin et leur voie. Et je pense qu’en modélisant un suiveur, je pense qu’il n’y a pas de souci à suivre quelqu’un qui a trouvé un chemin que l’on veut peut-être suivre pour retrouver le bon chemin. Et c’est là que je me suis mis à lire des livres de développement personnel. Je me suis mis à côtoyer des leaders dans le monde sportif – parce que je suis un ancien hockeyeur.

Est-ce que tu te souviens d’un livre en particulier qui a été important pour toi à cette époque.

 

les secrets de la reussite des championsOui, certainement. J’avais 16 ans. Le livre s’appelle Le secret de la réussite des champions (Image ci-contre). Je ne sais même pas s’il est encore en vente. C’est un livre que mon père m’avait acheté à cette époque-là parce que justement, à travers un concours de circonstance, j’étais prédestiné à jouer pour une équipe de hockey sur glace.

Oui, quand on voit la carrure c’est logique.

 

Mais j’ai été retranché de cette équipe-là en grande partie parce que j’étais un leader négatif. Donc mon père et ma mère m’ont doucement proposé ce livre-là.

Qu’est-ce que c’est un leader négatif ?

 

C’est que j’étais celui qui était très cynique. J’étais celui qui faisait des blagues pour valoriser mon entraineur. J’étais celui qui dévalorisait les coéquipiers et qui avait des traits physiques pas forcément avantageux. Donc j’étais quelqu’un de très intimidant et mesquin. J’avais la parole très facile. Par contre, puisque moi j’étais tellement blessé du système. J’étais tellement blessé de m’être fait dire indirectement « tu n’es pas assez bon et tu es moche » à l’école, que je me suis dit comment je peux me défendre de tout ça ? Donc je contrattaquais avec de l’intimidation, avec des propos très blessants pour les gens qui m’entouraient. Donc, même si j’avais un certain talent athlétique, l’entraineur avait vu que j’étais néfaste pour une dynamique d’équipe. Alors ils m’ont retranché et ça a été un coup très dur pour moi. J’avais 16 ans. C’était ma vie. Le seul endroit où je pouvais exceller et m’identifier et être moi-même, c’était dans le hockey. Alors c’est comme si le monde s’était effondré et puisque j’étais hyper vulnérable et mes parents m’ont donné ce livre je n’étais pas un lecteur.

Je ne lisais pas du tout et c’était la première fois que je lisais un livre de développement personnel. Et donc puisque le livre avait été rédigé par un homme qui était dans l’environnement du hockey sur glace. A cette époque-là, il était entraineur des gardiens de but du canadien de Montréal qui est notre équipe de hockey au Canada. C’est la plus ancienne. Elle a plus de 100 ans et ayant remporté plus de 25 coupes cette année. Alors je me suis dit que si lui a écrit ça, ça va aller. Et donc j’ai vu ça et rapidement, j’ai compris que j’étais un leader. La mauvaise nouvelle c’est que j’ai compris que j’étais un leader négatif. Par contre, il montrait le chemin de dire : si tu es un leader négatif ou que tu penses mal. Voici comment les personnes qui excellent sportivement et dans la vie, comment ils pensent. Et ça a été mes premiers pas. Mes balbutiements de dire, ok peut-être que je devrais mieux traiter les gens autour de moi. Il faudrait comprendre que je ne suis pas les étiquettes que l’école m’a collées et je peux définir ma propre personnalité et mon propre chemin. Ça a été mes premiers pas. Mes débuts et mon adolescence. J’ai eu la chance de rencontrer des modèles et des mentors incroyables. J’ai ensuite escaladé dans le monde du hockey et je me suis quand même rendu très loin. Parallèlement, j’ai toujours développé une passion pour le développement personnel. Trois mois après avoir lu ce livre, j’étais rappelé par l’équipe qui m’avait retranché. Par la suite, j’ai continué à gravir les échelons dans le monde du hockey.

Ils t’ont rappelé car tu avais fait un changement dans ces 3 mois ?

Oui, c’est sûr que j’avais fait un changement, mais c’était drôle la façon dont c’est arrivé parce que, quand tu as 16 ans, les adolescents demandent à leurs parents d’appeler l’entraineur. Alors, je me souviens très bien. J’avais été voir mon père pour lui dire : « Tu sais papa, j’ai changé. J’ai lu le livre. Je fais bien dans l’autre équipe. Est-ce que tu appellerais l’entraineur pour moi ? ». Et je me souviens que mon père m’a dit : « Non, si tu veux aller jouer dans cette équipe, tu vas faire comme un vrai leader et tu vas appeler toi-même l’entraineur. ». J’avais 16 ans. C’était comme appeler un président d’entreprise. L’écart est énorme et je me souviens encore : j’avais la carte d’affaire du directeur général et j’en tremblais. C’était fou. Et j’appelle. J’avais le souffle coupé. La bouche sèche. Il répond avec une grosse voix et je dis : « M. Marcou, Martin Latulippe. J’étais à votre camp d’entrainement et vous m’avez retranché. Mais j’ai appris mes leçons. J’ai fait mon travail… ». Et j’ai tout défilé. J’ai vomi pratiquement tout ça en 2 minutes sans respirer. Et là, j’avais plus d’air et la première chose qu’il me dit, c’est : « Justement, on était en train de parler de toi. On pense remplacer un joueur. ». Et ça, ça m’a appris une grande leçon : tu peux toujours faire un grand travail sur toi pour te changer mais aussi que quand tu prends tes responsabilités et que tu appelles, tu ne sais jamais ce que tu auras au bout du fil. Si je n’avais pas appelé, il aurait peut-être pensé à un autre joueur. Le timing était incroyable et ça a été une grande leçon.

C’est très intéressant de mettre tout ça dans le contexte d’autre fois. Du coup, ma seconde question c’est : à la fin de tes études, qu’elle a été ta décision ? Que voulais-tu faire en fait ?

Je voulais devenir conférencier. Ça faisait tellement d’année que je consommais le monde du développement personnel et il faut savoir que dans le monde du hockey sur glace, la chambre était devenue mon oratoire. Je faisais des conférences à mes joueurs car j’étais souvent assistant de capitaine ou capitaine de mes équipes. Donc je motivais les joueurs. J’essayais d’enflammer les chambres. C’est un truc que j’aimais. Et le lendemain, les écoles m’ont demandé d’aller parler devant les élèves, d’aller parler aux étudiants pour l’importance des études, etc. Parce que souvent quand on joue au hockey, même dans une petite ville, on est des modèles pour les enfants. En plus j’étais capitaine de l’équipe de hockey de la ville. Donc ils font venir le capitaine pour parler aux enfants. Mais moi, plutôt que d’arriver avec un message platonique je venais et je leur disais : poursuivez vos rêves ! Affrontez vos peurs ! Et les enseignants me regardaient toujours en disant : « Mais c’est qui ce type ? Il ne parle pas comme un joueur de hockey. ».

Et ça vient d’où ça ? C’est l’inspiration des livres ?

 

Je pense que c’est multifactoriel. C’est l’inspiration des livres, c’est la génétique aussi : mon père et ma mère sont des gens qui ont « un beau verbe ». Ce sont des gens qui sont positifs. Ils ont toujours été impliqués dans notre communauté. Mon père était maire de notre village de 300 habitants pendant 18 ans. Ils nous ont appliqué dans tout plein d’activités quand on était jeunes. L’église, le théâtre, servir la messe, faire des travaux… On a toujours fait un million de choses donc je pense que c’était une accumulation de beaucoup de choses.

Mais aussi je pense que l’élément que tu essaies de trouver, je le raconte rarement mais : à 16 ans, en même temps que j’ai été retranché, un enseignant un jour m’a demandé de rester après la classe. Il m’a dit qu’il voulait me parler. Mes résultats scolaires étaient pitoyables, mon attitude était pitoyable. Il n’y a plus rien qui allait bien. Et à la fin du cours en fait – elle s’appelait Marthe Desjardin – et elle me dit en gros : « Martin, ce n’est pas parce que tu n’as pas le talent pour réussir à l’école que tu n’as pas le talent pour réussir dans la vie« .

Et cette journée-là, elle m’a dit : « J’ai une feuille d’inscription pour un concours d’art oratoire. ». C’est organisé par les clubs Rotary à l’époque. Je ne sais pas si vous avez ça en Europe. Et donc elle me dit : « Je pense que c’est ça ton don. Et si tu veux, je suis prête à t’aider. Je pense que tu as de bonnes choses à dire. ». Et cette professeure m’a dit : « A la fin des cours je te laisse l’opportunité de faire rire les gens si tu veux mais pas pendant le cours. ». Et je lui ai dit : Ok.

J’étais tellement dépourvu que je me suis dit que j’allais lui donner une chance. Je n’ai pas gagné le concours, mais je suis arrivé 2ème. Mais à 16 ans, faire un concours d’art oratoire, il faut que tu saches que ce n’est pas normal. C’est atypique. Donc j’ai vu ça un peu comme un message. Et par la suite, l’accumulation des livres de développement personnel est arrivée. Ça m’a aidé à devenir assistant capitaine, puis capitaine … On part du fait que je suis un leader négatif et maintenant je suis assistant capitaine puis capitaine. Donc pour moi, c’était 1+1=2. Le plus tu investis sur toi-même, le plus tu as un retour sur investissement. Alors, pour moi, l’équation est à 5. Alors moi, c’est sûr que je trouvais goût au fait d’aller dans les écoles pour parler. Donc cette passion se développait et à la sortie de mes études, à la fin de mon stage universitaire, pour moi, c’était le moment de me choisir une carrière. Ma carrière de hockey était terminée. Pour moi, c’était très clair que la seule chose que je voulais faire de toute ma vie, c’était de faire des conférences. Mais je ne savais pas comment ni par où commencer. Mais heureusement, j’avais deux mentors dans ma vie que je côtoyais depuis 1 an et demi. J’ai osé leur parler de mon rêve et leur dire : « Écoutez : je termine mes études dans quelques mois. Je voudrais devenir conférencier. Avez-vous des idées ? Avez-vous des trucs pour faire ça ? ». Et ça a été le début d’une grande aventure car ils ont accepté de m’aider et de me mentorer. Ce sont des hommes exceptionnels pour moi. Rapidement, ça a fait que j’ai pu m’établir en tant que conférencier. Donc je faisais des conférences devant les enfants. Je fais des tournées de conférences partout au Québec, au Canada.

Tu as commencé très jeune. Tu avais quel âge ?

 

À 24 ans. Dès la sortie de mon stage universitaire. Au Canada, on termine les études universitaires un peu plus tard. Donc à 24 ans, sans un sous en poche et sans crédibilité ni expérience là-dedans. Mais très bien accompagné par des mentors.

C’est ce que j’allais dire. Tu avais des personnes dans ta vie qui avaient déjà décelées que tu as un don et qui t’avais mis sur les rails. Tu avais déjà des mentors.

Oui, là-dedans, il ne faut pas exagérer. C’était très maladroit. Mes premières conférences, mon mentor Michel était venu voir une de mes première et il me regardait l’air de dire : « on va essayer mais je ne peux rien te promettre. ». Ce n’était pas nécessairement … Mais c’est à force d’en faire encore et encore que tu t’améliores sur ton éloquence, ta façon de capter l’audience et rapidement, ça s’est transposé sur des sociétés. Donc 3 ou 4 ans après que j’ai commencé avec des enfants, on m’a demandé de le faire avec des dirigeants d’entreprise, des grandes sociétés qui ont de très grandes marques. Tout ça a escaladé et 16 ans plus tard, je me promène un peu partout sur la planète pour faire ça. C’est un peu surréel.

Justement, aujourd’hui, je sais que tu as une mission dans ta vie que tu as une mission qui est de rassembler autour de toi un maximum de personnes autour de ce désir de faire de ce monde un monde positif et meilleur. Est-ce que cette mission elle était clair à 24 ans ou elle s’est construite avec l’expérience et la maturité ?

 

Elle s’est construite. Il n’y avait rien de clair. Même encore aujourd’hui, ma mission peut évoluer et être autre chose dans 5 ans. Je vois qu’il y a trop de gens qui n’ont pas une vision claire et ils s’empêchent de faire leurs premiers pas car ils ne sont pas sûrs de ce qu’ils veulent faire. Ils attendent la bonne idée, le bon timing. Tout ça, pour moi ce sont des façades : on se cache derrière des peurs énormes. Je crois qu’on construit notre mission en se lançant dans l’inconnu mais aussi sur des choses qui nous font vibrer. Je fonctionne énormément à la vibration. Ça, ça me faisait vibrer et c’est le seul truc que je voulais faire dans ce moment-là. Mais si tu m’avais dit en 2001 : « Martin, tu te lances et ta mission, c’est de faire vibrer les gens pour qu’ils soient plus positifs. En 2016 tu vas faire des conférences partout sur la planète. On va t’embaucher dans les plus grandes sociétés. ». Je t’aurais dit non. C’est impossible. Je pense qu’au fil de l’action, on peut peaufiner et ajuster sa mission. La comprendre aussi. Parce que au début, quand on est habité par quelque chose qui nous passionne, c’est très brouillon. On en parle, on est passionné, mais on n’a pas forcément la clarté de notre intention. C’est très brouillon. Donc ce n’était pas très clair et je pense que ça s’est construit avec le temps.

Du coup, une autre question à laquelle tu as partiellement répondu : est-ce que tu savais que tu allais réussir ?

 

Aucunement. C’était une conviction naïve dans le sens où, quitte à tenter ta chance, autant y aller et se dire : Je vais réussir ! Mais lorsque les lumières s’éteignent et que tu penses à ton projet le soir, tu es dans le doute. Notamment, dans mon cas, j’étais souvent dans le doute et dans la remise en question. Mais c’est un peu comme la pleine conscience : Il faut se ramener. Si tu es dans le passé ou dans le futur, il faut te ramener au présent. Je pense que si ta psychologie c’est de te dire que ça ne va pas fonctionner, que tu es dans le doute et dans la peur, c’est pas possible. Mais si tu te dis que tu vas continuer à faire des actions, à t’améliorer, etc. Le temps va aussi potentiellement jouer en ta faveur. Donc j’appelle ça une certitude naïve, parce que c’était : même si je savais que certaines de mes conférences étaient maladroites et que les gens disaient : « Il n’y arrivera jamais. ». Je continuais et à force d’en faire, c’est mathématique, les chances sont plus fortes parce que je mets les chances de mon côté. Et si jamais mon rêve ne fonctionne pas, je veux pouvoir quitter mon rêve en me disant que j’ai tout essayé. Ça, c’était une conviction que j’avais par contre. J’ai tout essayé.

Alors, c’est vrai que dans la communauté « Woman On Tour », on parle beaucoup de voyage et je sais que tu en as fait beaucoup dans ta vie et pas des moindres. Tu es allé en Inde.

 

Oui, en 2004.

Tu es parti dans quel contexte : pourquoi ? Comment ça s’est fait ? Est-ce que tu étais tout seul ?

 

J’étais avec mon mentor. Michel Desjardin. Je ne savais pas pourquoi quand on partait mais il y a un adage qui dit qu’il faut que tu partes en Inde pour savoir pourquoi tu y vas. Mais à la base, c’est que dans beaucoup de livre de développement personnel, on va parler de l’inde et il y a des analogies qui utilisent l’Inde.

Exactement, avec l’hindouisme et la philosophie orientale…

 

Donc, nous, lors d’un repas bien arrosé, mon mentor – qui lui avait voyagé énormément – car il était Président à l’époque de Jeunesse Canada Monde qui permet à des gens de voyager partout à l’étranger. Il avait fait beaucoup de voyages, mais il n’avait jamais fait l’Inde. Et donc pour un voyageur, de ne pas avoir fait l’Inde, c’est un manque. Une fierté qui manque. Et donc il dit : « Je devrais aller en Inde. ». Et sa femme un peu pompette qui avait bu beaucoup de vin lui dit : « Vas-y avec Martin. ». Il lui dit : « Vraiment ? Tu me laisserais partir. ». Et donc elle lui dit oui. Il lui explique que tu ne peux pas aller en Inde une semaine. Elle lui dit : « Pars si tu veux. 2 semaines, 3 semaines, un mois. Pars ! ». Trois ou quatre jours plus tard, il y avait les billets de réservés, on avait trouvé la date et on a décidé d’aller faire la route de Rajasthan. On est arrivé à Delhi. On a fait toute la vielle inde. Et par la suite, à partir d’une ville complètement dans le nord-ouest, on a volé jusqu’à l’est. On a passé un mois en inde. C’est un voyage simplement fantastique. Il y a beaucoup de leçons qui sont ressorties de ces voyages.

Photo Inde Varanasi Woman On Tour

Alors, justement en parlant de leçon, est-ce que tu aurais des moments forts à me partager au cours desquels tu aurais peut-être développé des valeurs, des prises de consciences ?

 

Oui, il y en a plusieurs. Premièrement, l’arrivée en Inde est une expérience. On t’informe que c’est chaotique. Le désordre social. Une masse de gens que tu n’as jamais expérimenté. Mais en fait, tu ne peux pas te préparer à ça. À ta sortie de l’aéroport, tu es le son, les odeurs. Moi j’appelle ça une attaque à tes 5 sens. Tes 5 sens sont en train d’expérimenter en une fraction de seconde des trucs qu’ils n’ont jamais vécu de leur vie. J’avais 29 ans et à 29 ans, il y a des choses que tes 5 sens n’ont jamais expérimentées de leur vie. Ton visuel n’a jamais vu des milliers et des milliers d’indiens dans si peu d’espace. Avec les vaches qui se promènent, l’odeur, les vélos, la circulation. C’est fou. Et tout de suite tu comprends que c’est tellement un chaos externe que pour que ça ait du sens, tu n’as pas d’autre choix que de te replier en interne. C’est la première leçon que j’ai comprise. Souvent, dans notre vie, on a un chaos interne et on est tenté de blâmer l’extérieur pour cette situation. Mais pourtant, le meilleur endroit pour retrouver le calme et rebâtir des fondations solides c’est soi, de revenir un peu à soi. Ce n’est pas se refermer mais accueillir et voir. Donner un sens à ce chaos. Donner un sens à ce désordre et visiter rapidement un endroit de plénitude, de calme. Ça a été quelque chose pour moi qui était très bénéfique parce que sinon, c’est très connu : il y a des gens qui arrive en Inde et qui reste dans leur chambre d’hôtel pendant des jours à cause du choc culturel.

Donc c’est vraiment une leçon. Encore aujourd’hui, quand je suis dans une situation chaotique, je me dis : est-ce que tu as pris le temps de trouver le sens de ce chaos ?

Une autre leçon quelques jours après être arrivé en Inde sur la notion de l’intention. Donc en Inde, tu sais, la salutation, c’est Namaste. Donc au bout de quelques jours, qu’est-ce qu’un bon touriste va faire ? C’est se mettre à saluer à la sauce Indienne. Et on est content. Et à un moment, on était en train de prendre un thé. Et tous les gens qui rentraient, je leur disais Namaste. Et à un moment donné, un indien m’interpelle et me dit en anglais cassé : « I see that you learned how to salute in indian. ». Je lui dis : « Yes, Namaste. ». Et il me dit : « Now, do it like you mean it. ». Et il me regarde et me dit « Namaste. » avec un regard très profond sur moi. Il me demande alors si je sais ce que ça veut dire. Je lui dis « Hi ! ». Il me dit : « Non, ça ne veut pas dire Salut. Ça veut dire que tu salues qui tu es à l’intérieur et en retour je te demande de saluer qui je suis à l’intérieur. Et tous les deux, nous nous retrouvons au même endroit et ne faisons qu’un. Namaste. ». Le faire avec intention. Pour moi, à cette époque-là, il y a beaucoup de chose que je faisais parce que c’était ce qui devait être fait. Je le faisais sans conscience. J’étais éparpillé et brouillon. Donc, de cette petite anecdote-là dans un café, j’ai retenu que je pourrais peut-être mettre un peu plus d’intention dans la vie. Et ça, c’est vraiment énorme.

Est-ce que tu veux une dernière leçon, est-ce qu’on a le temps ?

Oui oui oui.

 

La dernière leçon qu’on m’a donnée en Inde et qui est la plus importante. Un matin, on était avec notre livre de voyage en train de planifier les jours à venir : quels restaurants, etc. On était à Pushkar, une ville fantastique. Mille deux cents temples blancs autour d’un lac. C’est incroyable. Et on était vraiment focalisé sur le fait de structurer, de planifier, de prévoir, etc. Il y avait une personne qui méditait à coté de nous. Il sort de sa transe à un moment donné et il dit : « Excusez-moi, est-ce que je peux vous poser une question ? ». Donc je lui dis oui. Et là, il me dit : « Est-ce que tu peux attraper le vent ? ». Il est 10h le matin et il me dit ça. Je regarde Michel et en me moquant un peu, je lui dis : « Non, je ne crois pas que je peux attraper le vent. ». Et là, il me dit : « La seule chose que tu peux faire face au vent, c’est le ressentir et l’écouter. L’inde, c’est un peu la même chose. Tu es en train d’essayer d’attraper l’Inde comme on attraperait le vent. L’inde, tout ce que tu peux faire c’est l’écouter et la ressentir. ». Et donc il ajoute : « Close your book. Et va voyager. ». C’était après une semaine et demie. On a pris le livre. On s’est dit tant qu’on est à tel endroit pour prendre notre avion, pour le reste, on a plus d’agenda. On se levait le matin et on faisait à l’intuition. On pouvait passer 5 heures dans un café. Aller manger. Les gens nous disaient : venez, on va faire un tour de chameau. Mais il n’y avait rien de planifié. Le voyage a commencé quand on a arrêté d’attraper l’Inde et qu’on a commencé à l’expérimenter, la ressentir. Moi, à cette époque, à 29 ans, j’essayais d’attraper le succès au lieu d’être plus à l’écoute de qui j’étais. Il a fallu arrêter de forcer un peu les choses et plus être dans l’expérimentation et l’intuition. Donc cette image-là, de vouloir attraper le vent ou attraper l’Inde alors qu’en réalité on peut juste être à l’écoute et ressentir pendant le moment présent. C’est ça qui est génial avec les voyages. On ne sait jamais ce que l’on va en retirer. Tu ne sais jamais quand tu vas rencontrer un étranger dont tu vas tirer une leçon qui va te faire réfléchir. Mais il faut être ouvert à ça. Certaines personnes auraient pu vivre les même choses avec le Namaste ou avec le fait d’arrêter d’attraper le vent et aurait dit : « quelqu’un dans un café nous a dit ça. ». Mais moi, à cause de qui je suis, j’aime apprendre des choses dans les conversations que j’ai avec les personnes et me demander si il y a un message pour moi ou une synchronisité.

D’ailleurs, dis-moi si je me trompe : c’est pendant ce voyage que tu as été inspiré pour le livre « Eveiller l’invisible pour réaliser l’impossible » ?

 

Oui, suite à l’effet de Namaste. On est rentré dans un thé et il y a avait un grand poème qui rappelait la signification du Namaste alors que je l’avais entendu quelques jours avant avec le monsieur qui m’avait dit de dire les choses avec intention. Et ça a été le début … Parce que éveiller l’invisible pour réaliser l’impossible c’est un cumul de plusieurs petites histoires et de plusieurs réflexions. Et je me suis dit : je suis ici, en train de vivre plusieurs petites histoires et ça peut être l’objet d’un livre car chacune des petites histoires m’ont fait réfléchir. Chacune des petites histoires m’ont porté à la réflexion et donc je me suis dit que j’allais faire un livre avec ça.

Et ce bouquin, je vous le recommande. Il se lit très bien. Ce sont des petites histoires qui sont très inspirantes. Alors, j’ai une autre question qui est une grande question que j’aime beaucoup poser. Comment on fait de sa vie un voyage au quotidien si on ne veut pas ou si on ne peut pas voyager ?

 

C’est une très bonne question. Je pense en fait, on n’a pas besoin de voyager pour faire de sa vie un voyage. Et ça, c’est une conviction que l’on doit avoir. Parce que, si on est chez soi et qu’on se dit : j’aimerais bien voyager mais je ne peux pas. Je n’ai pas les moyens, etc. La vie ne sera jamais un voyage parce que ton mindset et ta psychologie est fermée à la notion de voyage. Moi, je peux être dans mon propre village, dans ma propre ville et je crois que d’avoir une attitude de voyage, ça veut dire : ouverture, curiosité, intérêt pour les autres, continuer à s’émerveiller. Parce que quand on va en voyage, qu’est-ce qu’on fait ? On s’émerveille. Nouvelle architecture, nouvelle odeur … Mais d’avoir la capacité de s’émerveiller encore dans son propre quotidien, c’est une attitude de voyageur. Etre curieux, être ouvert. Aller vers les gens. On n’a pas besoin de voyager. Je pense que si par contre, on prend ces qualités-là de voyageur et qu’on les inclue dans son quotidien, on peut faire de sa vie un voyage. Et moi, j’adore cette analogie au voyage de Christophe Colomb que j’utilise beaucoup. Je l’ai souvent dit en interview mais elle est véridique : il faut faire de sa vie un voyage, même s’il n’y a pas de destination. Christophe Colomb, son premier voyage, il voulait se rendre en Inde. Il ne s’est pas rendu en Inde. Il a dévié en Amérique du Nord et c’est comme ça qu’il l’a découvert. Donc je pense que si on vit avec une attitude de voyageur, même si on n’a pas la finance pour voyage, ça va nous amener à des découvertes incroyables. Lui a découvert l’Amérique. Alors si dans ton quotidien tu t’émerveilles, tu es curieux et tu es ouvert au gens …

Il y a tellement de gens qui ne peuvent pas voyager mais qui, dans leur quotidien sont « comme ça ». Ils ne parlent à personne, ils ne s’intéressent à personne. Ils ne sont pas curieux. Ils ne s’émerveillent de rien : ils ont tout vu. « Oui, oui j’ai vu. » Ils sont blasés. Donc pour moi, la notion de ne pas avoir la chance de le faire est une chose mais avoir la psychologie d’un voyageur, ce sont des choses que l’on peut avoir. Maintenant aujourd’hui, tu peux en témoigner, il y a moyen de planifier et d’organiser. Peut-être que tu ne peux pas voyager cette année mais tu peux peut-être te fixer cet objectif dans quelques années. Avec des économies, on peut maintenant faire plein de choses. Dans le temps, il y avait des auberges de jeunesse. Maintenant il y a des concepts encore plus poussé pour avoir des hôtels vraiment peu cher. C’est vraiment incroyable maintenant. Plus que jamais on peut organiser un voyage si c’est notre rêve. On peut aller faire un voyage à l’étranger pour une cause humanitaire. Il y a des trucs de fou qui peuvent être fait. Mais encore une fois, si tu te dis que ta psychologie est bloquée et que ce n’est pas pour toi : que tu ne peux pas le faire, ça devient difficile de voyager.

D’ailleurs, il y a un concept de la philosophie Baha’ïe qui dit : « Le monde est mon pays. ». C’est un peu ça. Aujourd’hui, le monde devient un seul et même pays dans lequel on peut voyager avec facilité. Je rebondis car tu as un discours très spirituel : est-ce que tu es quelqu’un de croyant dans la vie ? Et si oui, en quoi crois-tu ?

 

Je ne peux pas nécessairement dire en quoi je crois. Je suis spirituel. C’est sûr. Je dirais que je crois en la nature et que je crois à une force plus grande que nous-même. Par contre, être capable de te la nommer et de lui donner un visage, de ma perception, je pense que c’est la journée où on a identifié une force supérieure avec un nom et une étiquette que ça a créé des dégâts et des conflits. Le fait de dire « c’est MON Dieu ou TON Dieu. ». Pour moi, c’est mieux de le laisser sans étiquette mais de croire que tout ce qui nous entoure, l’univers, l’être humain, c’est issu d’une force incroyable qui est derrière tout cela. Pour moi, ça va être plus de me reposer au quotidien et de me faire des réflexions. Donc je retrouve ma spiritualité dans la méditation, dans des prières de gratitudes, dans la lecture de certaines synchronicités. Je vais souvent parler aussi à des personnes qui nous ont quittées mais qui m’étaient précieuses : mon meilleur ami Patrick, ou d’autres personnes. Je vais leur demander de l’aide. Donc, il y a toute la notion des anges. C’est une mécanique qui me fait du bien. Je pense que ce qui est important dans une quête spirituelle, c’est de faire des choses qui te font du bien et te réconforte quand c’est difficile. Ça te donne la foi, peu importe l’étiquette. Donc pour moi, c’est un peu comme ça que la mécanique vient dans mon quotidien.

Est-ce que tu crois que tous, on peut avoir notre mission de vie ou c’est seulement le privilège des audacieux ?

 

Je pense que l’on peut tous avoir une mission de vie. Par contre, il faut faire attention avec la définition de « mission de vie ». Moi, je pense qu’une mission de vie se retrouve énormément dans le « comment tu fais les choses. ». Parce que en soi, il y a des personnes qui n’ont pas forcément un emploi qu’ils aiment. Ils se retrouvent dans un emploi difficile pour toutes sortes de raisons : la veuve, la femme monoparentale. Il y a des circonstances qui sont réelles dans la vie et il faut être lucide. C’est très difficile des fois. Par contre, si tu te retrouves dans une situation X, je pense que la notion de mission est vraiment importante dans le sens où : admettons je dois servir dans un restaurant. J’ai le choix d’être blasé, négatif, de m’apitoyer sur mon sort, de m’apitoyer d’être une victime ou de dire, ma mission ce n’est pas d’être serveuse. C’est de faire sourire les gens et d’offrir le meilleur service possible sur Terre. Donc le minimum est de saluer les gens, les remercier, leur demander ce que je peux faire pour les rendre heureux. C’est de transformer le moment dans lequel tu te retrouves en mission. Elle est là la magie.

Parce que les gens disent : « Oui, mais pour toi c’est facile, tu peux faire tel truc, etc. ». Non. Moi, j’ai eu des moments difficiles en 2007 et 2008 : j’ai dû faire un retrait de ma carrière de conférencier et d’auteur pour aller travailler sur un terrain de golf. Il n’y avait rien de spectaculaire ou de reluisant. Il n’y avait rien de Jet-Set dans cette situation-là. La vie et les choix que j’avais faits m’avaient fait reculer dans quelque chose qui était humiliant. J’avais l’égo fracturé en mille morceaux. Sauf que j’avais le choix d’aller là-bas la tête basse ou de me dire : je vais devenir le meilleur laveur de voiturette de golf. Je vais ouvrir la porte et dire aux gens : « Qu’est-ce que je peux faire pour vous aider ? ». Il y a des gens des fois qui me criaient dessus. Et je disais « Oui monsieur, parfait. Excellent, on s’en occupe. ». Je pense que d’avoir transformé mon moment en mission : c’est ce que je dois faire. Parce que là où vous êtes, c’est là où la vie vous envoie. Ce sont les cartes que l’on vous a donné. C’est : soit vous prenez les cartes et vous les jetez à la poubelle, soit vous vous dites « Ok, on m’a donné cette main. Je vais me battre avec cette main et je vais vivre ce moment de ma vie comme si c’était une mission ». Donc, c’est pour ça que je ne pense pas que c’est réservé qu’a des privilégiés. Mère Theresa, Nelson Mandela, Martin Luther King, etc. On pense à ça quand on parle de mission mais je pense que la notion de mission fait peur. Donc je me dis que dans n’importe quel corps de métier, j’ai rencontré des gens qui étaient sur une mission et ce dans des métiers extrêmement  dévalorisants. Des gens qui nettoyaient des toilettes dans les aéroports et qui sifflaient en même temps. Quand tu rentres ils te disent : « Bonjour ! Comment ça va ? Bienvenue dans mon bureau ! ». Les toilettes c’est son bureau. Donc tu comprends cette notion. D’après moi, la personne qui fait son boulot dans un sens de mission c’est : être au service. Est-ce que tu es « au service » au quotidien ? Et je pense que chaque être humain, peu importe son corps de métier, peut être au service des autres, d’une cause plus grande que ta propre personne. Se dire : « Aujourd’hui, je vais faire sourire les gens. ». Je pense qui faut réajuster la notion de mission et comprendre qu’on a tous l’opportunité au quotidien même dans les plus petits des gestes.

Quand je t’entends, j’ai envie de transformer le mot « mission de vie » en « vision de vie » parce que c’est : qu’est-ce que l’on veut et qu’est-ce que l’on voit pour sa vie ? Ce que l’on veut être… Tu utilises beaucoup le verbe « être » d’ailleurs. C’est quelque chose que j’aime beaucoup. Du coup, tu parles de services aux autres. Est-ce que selon toi c’est incompatible de vouloir de l’abondance dans sa vie – du succès notamment matériel – et de l’altruisme – vouloir servir les autres ? Est-ce que c’est compatible ou pas ?

 

Absolument. C’est tellement compatible. C’est une vielle psychologie judéo-chrétienne qui ne visait qu’à nous faire sentir coupable pour être heureux. Les clergés ce sont des gens qui vivaient dans des infrastructures qui étaient en or. Il y avait de l’or sur leur propre vêtement. C’était une époque de mensonges et de dissimulation. Quand je parlais de l’étiquette c’est ça. Il y avait tellement de choses incroyables. Alors, nous, maintenant, on a droit à l’abondance. Je connais plein de gens qui n’ont pas d’argent et qui ne sont pas dans le service ou dans le don de soi. Et ils vont dire : « Oui, mais je n’ai pas d’argent donc je ne peux pas être généreux ou altruiste. ». L’altruisme c’est dans le regard, dans les mots qu’on utilise, dans l’écoute. Est-ce que tu as de l’altruisme dans ton écoute ? Est-ce que tu es dans la compassion ? Pour tout ça, pour moi, tu n’as pas besoin d’être riche ou pauvre. Si tu as une mission qui t’amène à avoir des gains financiers, la reconnaissance, le succès, c’est simplement un bonus. L’erreur c’est que les gens pensent qu’ils vont poursuivre le succès pour avoir de la reconnaissance, pour avoir du bonheur et ainsi de suite. Non. Poursuit ce que tu as à poursuivre. Si ça vient avec de l’abondance, tant mieux. Mais la question c’est : qu’est-ce que tu fais avec ton argent ? Moi, j’ai pu participer à des causes pour lesquelles on a récupéré des millions de dollars pour des personnes atteintes du cancer. Ça n’a rien à voir avec compatible ou incompatible. Et souvent, c’est une phrase qu’ils vont continuer à utiliser pour justifier le fait de ne pas aller à la poursuite de leurs projets qui pourraient leur apporter plus de succès, d’argent, de reconnaissance. Ça les aide à justifier pourquoi ils sont immobiles avec cette vielle justification.

Et pour les personnes qui potentiellement voudraient faire du bien autour d’elles mais qui en contrepartie ne réussissent pas à se sécuriser dans la vie. Est-ce que c’est compatible de vouloir aider tout en voulant aussi recevoir des choses ?

 

Oui, absolument. Pour moi, selon moi, le plus que l’on donne, sans rien attendre, le plus la vie va nous apporter de l’abondance. Par contre, il faut le faire sans rien attendre en retour. Pour moi en tout cas, je ne sais pas si c’est mes cheveux, mes yeux, mais pour moi, ça a toujours fonctionné.

C’est les cheveux.

 

Je suis toujours en train de me poser la question : comment je peux amener davantage ? C’est une question que les gens doivent se poser s’ils veulent avoir plus d’abondance dans leur vie. Il faut se demander comment apporter davantage de valeur. Mais je ne parle pas de valeur monétaire. Est-ce que je peux apporter plus d’enthousiasme, plus de passion ? Est-ce que je peux dire plus merci ? Je peux exprimer plus ma reconnaissance. Et là, par la suite, avec des moyens financiers, est-ce que je peux contribuer à une cause caritative qui m’intéresse ? Donc pour moi, absolument vouloir avoir des moyens financiers, la richesse et contribuer à un monde meilleur, c’est absolument compatible.

Par contre, ce n’est pas le discours populaire.

Exact. Revenons un peu à ton métier. Tu es coach et fondateur de plusieurs académies en ligne. La question que j’ai envie de te poser aujourd’hui, ça n’est pas un piège. C’est simplement : qu’est-ce qui est un défi aujourd’hui dans ta vie en lien avec ce que tu enseignes ? Est-ce que tu peux mettre en pratique ce que tu enseignes et est-ce qu’il y a encore des choses qui sont des défis pour toi ?

Je te dirais que mon plus grand défi au quotidien est de ne pas oublier d’où je viens. Ce que je veux dire c’est que, faire le métier que je fais, c’est très enivrant. Sans exagérer, toutes les semaines, tous les jours tu as des personnes qui envoient des courriels sur l’influence que tu as eue dans leur vie, comment tu as changé leur vie, etc. Les gens sont très généreux. Il y a eu une autre époque de ma vie où ce que j’aurais pu faire c’est me perdre et croire que j’étais tous ces commentaires-là. En réalité, ce n’est pas vrai. C’est juste que je suis tellement passionné par mon domaine. Mais ce n’est pas nécessairement qui je suis. A la maison j’ai des défauts. Ma femme est insatisfaite de moi parfois. Mes enfants ne trouvent pas toujours que je suis un père cool. Je suis comme tout le monde. Mais quand on va parler du vedettariat : les gens qui ont changé, c’est qu’ils ont oublié d’où ils viennent. Et donc cette notion de stars systèmes et des commentaires positifs, c’est juste plaisant. Il ne faut pas s’attacher à ça ; Il faut dire merci et ne pas oublier qu’on est aussi avec nos insécurités, nos peurs, nos doutes, etc. Parfois, tu promets des choses à tes enfants et au final tu ne le fais pas et donc ils sont déçus – pareillement pour ta femme. C’est beaucoup plus qui je suis donc je suis un être humain comme tout le monde. Mais tu peux facilement croire que tu es l’autre version mais c’est faussé. Parce qu’ils ne voient que la bonne version de toi. Il ne voit que les bonnes vidéos. Donc pour moi, mon défi c’est de rester le plus terre à terre possible. Réaliser que c’est un privilège que j’ai de faire ce métier-là. N’oublie pas qui tu es.

Moi je sais que dans la vie, quand je commence quelque chose et que je veux en faire une autre, on me dit : ne te disperse pas. Mais toi, tu as plein de casquettes. Tu es coach, conférencier, créateur de plusieurs académies. Comment on fait ? Est-ce que tu crois que c’est se disperser de faire plusieurs choses ? Est-ce que c’est possible ? En l’occurrence, oui, mais quels conseils donnerais-tu ?

 

Ça parait beaucoup, mais tout ça a été orchestré de façon très stratégique. Tout ça, c’est orchestré de façon à avoir une grosse étape à la fois. Et puis ça fait longtemps que je fais ce que je fais. Donc, maintenant, on va en parler en fin de semaine, c’est la façon dont on planifie, il y a un sentiment d’urgence. On veut tout faire rapidement. Mais moi, il y a des choses que je veux faire en 2019, d’autres en 2ème trimestre de 2019. Ça ne veut pas dire que je suis un robot et que tout est encadré et rigide dans ma vie.

Mais par contre, ça me permet de me dire ce sur quoi je travaille. C’est important pour mes employés. C’est important pour moi. On doit donner le meilleur de soi. Ce qui me semble très inspirant en ce moment et que je veux faire tout de suite, non. Ce n’est pas une bonne idée. La vie m’a appris qu’on peut le faire plus tard ce projet-là et avoir cette notion-là, plus à long terme de sa vision et de sa mission. Je dis toujours que les gens sont très bons pour faire mille choses une fois plutôt que de faire une chose mille fois. Moi, dans cette notion-là d’étendre mon chemin me permet de les faire plusieurs fois, de développer ma compétence, je m’améliore.

Donc parfois, je fais seulement deux petites choses, fréquemment, avec constance, pendant plusieurs mois et les gens ont déjà sortie un autre programme. Ça fait un an et demi que je travaille dessus. C’est cette notion de planification de ma vie. Il y a des choses que je planifie qui n’arrivent pas du tout donc pour moi, c’est pas s’éparpiller. C’est s’éparpiller si tu essaies de tout faire en même temps. Mais si tu regardes tout ce que tu veux faire et que tu l’organises, le classe, le priorise – car tout n’est pas important au même moment. Réaliser un projet, ça a à voir avec la canalisation de l’énergie et des ressources. Il faut que tu sois capable de dire pour les 16 prochains mois c’est ma grosse priorité et les autres vont attendre. Parce que le plus tu fais ça, le plus tu vas le faire lever et donner un effet de levier. Tu vas donner de l’attention. Fut un temps, je les attaquais toutes de plein fouet et j’étais épuisé et fatigué. C’était vraiment difficile. Donc à un moment donné, tu apprends de tes erreurs. Sinon le problème vient de toi. Tu dois donc faire un choix comme le dit si bien Paul Cuelho.

D’accord. Et du coup comment tu fais aujourd’hui pour concilier ta vie personnelle et ta vie professionnelle, car c’est une vie riche, d’un côté comme de l’autre ?

 

Oui, ça s’appelle un calendrier. C’est aussi simple que ça.

On ne t’imagine pas aussi organiser juste comme ça.

 

Je ne l’ai pas toujours été. Mais je vais te donner un exemple. Si on avait un entretien aujourd’hui à 16h. J’étais là. Donc les gens vont mettre plein de truc dans leur agenda professionnel : les rencontres, etc. Tout est dans l’agenda. La dernière chose qui est dans l’agenda, c’est la famille. On ne met pas ça dans l’agenda. C’est quand il n’y a plus rien dans l’agenda, là on va en vacances ou on joue avec les enfants. Ça a l’air un peu stupide ce que je vais dire mais pour moi, comme je fonctionne avec un outil qui est la journée épique. C’est-à-dire que tu te construis une journée épique. Et tu essaies de la faire le plus souvent possible.

Une journée épique c’est quoi ? C’est quand tout est classé et que tu te dis : « Aujourd’hui, je travaille sur ça, ça et ça. » pour faire une journée spectaculaire où je sais que je m’accomplie et que je me rapproche de la meilleure version de qui je suis. Qu’est-ce que je dois faire dans une journée. Et pour moi, là-dedans, il doit y avoir le fait de prendre du temps pour la famille. S’arrêter pour jouer avec les enfants, pour connecter avec ta femme. Je sais que ça a l’air absurde. Les gens me disent ça. Mais moi, si ça n’est pas dans l’agenda, je suis tellement passionnée par ce que je fais et tellement obsédé par ce que je fais que si c’est pas écrit, je n’en fais pas un système – un rituel. Je peux être une semaine sans connecter avec ma femme dans le sens où, même émotionnellement je ne m’arrête pas.

Donc on se dit que les amateurs se fixent des objectifs et que les professionnels ont des rituels. Transforme un peu ce que tu veux devenir en rituel et en système. Pas forcément rigides, mais juste, tu vas devenir la somme de tes journées ultimement. Pour accomplir quelque chose à telle date, de quoi doivent être meublée tes journées ? Et le plus tu meubles tes journées, le plus ça va arriver. Donc pour moi, la meilleure routine que j’ai trouvé c’est de mettre ma famille souvent en priorité dans mon calendrier. Après, le reste est en place. Donc par exemple, dans mon calendrier, si on ouvre mon téléphone : 2h30 à 5h30 famille. Pourquoi ? Parce que à 2h30 mes enfants reviennent de l’école et jusqu’à 5h, le souper, on est en famille. C’est-à-dire que Claudine, mon adjointe, ne book rien là. Au mois de mars, la semaine de relâche, tout est planifié. On ne met aucun appel, aucun coaching, rien. Si on a d’autres voyages que l’on veut faire avec ma femme, on les met dans l’agenda. C’est sacré. Je pense donc qu’au quotidien on peut le concilier et pour moi c’est avec un outil que j’appelle la journée épique.

Organise ta journée de rêve et si dans ta journée de rêve, ta famille est là, ça veut dire que tu dois garder un temps pour connecter avec ta famille. Sinon il y aura toujours un appel plus important, un courriel plus important. Le risque de ne pas planifier ces journées, c’est que, la priorité des autres va se retrouver dans ton agenda à toi. Et donc une journée peu devenir une semaine, une semaine va devenir un mois, un mois deviendra 6 mois. Tu ne fais plus grand choses pour toi. Tu fais tout pour les autres.

 

En gros, il faut bien choisir ses propres priorités.

 

C’est du bon sens, mais on ne le fait pas.

Alors, tu nous as offert beaucoup de valeurs. J’ai néanmoins une dernière question. Pour les personnes qui ont envie aujourd’hui, qui ont toujours eu pour rêve d’être conférencier ou n’importe quoi d’autre, et qui se disent « Ça sort de nulle part. ». Comment je fais pour me réinventer aujourd’hui avec le poids du passé ? Par quoi on commence ? C’est quoi pour toi la première étape que tu donnerais ?

 

Pour commencer, le poids du passé : je dirais qu’il faut simplement faire la paix avec le passé. Dans le sens où on n’est pas notre passé. On n’a pas à être notre passé. Le sens que tu attaches à ton passé peu devenir un poids. Le sens que tu attaches à ton passé peut devenir très lourd et justifier pourquoi tu ne te lances pas dans une nouvelle carrière pour te réinventer. Il faut vraiment faire attention à ce à quoi on s’attache, le sens que l’on accorde aux choses. Les nouvelles recherches en psychologie positive démontrent que le sens qu’on attache aux évènements, même dans le futur, va créer beaucoup de stress, mais c’est le sens qu’on y accorde. Dans le présent, avant une rencontre on peut avoir le cœur qui bosse parce que le sens qu’on y attache est déformé. C’est la même chose pour le passé. Faire la paix avec son passé, pardonner s’il faut, s’excuser, de ne pas le personnaliser si c’est ce que l’on est en train de faire. Si on a eu des échecs, est-ce que tu crois que tu es cet échec ? Si tu as un jugement, est-ce que tu crois que tu es ce jugement ? Est-ce que tu crois que les mots blessants que les gens t’ont dits dans le passé vont définir tes possibilités ? Non. Rien de cela n’existe. Il faut se réaccorder la permission de dire aujourd’hui est une nouvelle journée, ça ne sera pas facile –rien n’est facile – par contre, je peux faire des progrès. Je ne demande jamais à mes étudiants d’obtenir un type de succès en particulier. Par contre, carbure au progrès ! Si tu es quelqu’un qui mesure tes progrès et que tu te dis : hier ça n’a pas bien été, mais aujourd’hui, je peux faire mieux. Et là, aujourd’hui, je vais mieux qu’hier. Il y a parfois des reculs mais tant qu’on mesure le progrès et qui on devient vis-à-vis de nos compétences et de nos aptitudes, pour moi c’est … Le conseil que je donnerais au gens, c’est : tu n’es pas ton passé. Et si tu utilises cela, c’est dans le domaine de l’excuse pour rester confortable. Parce que en disant : « oui mais, ce qui s’est passé dans le passé explique pourquoi je ne fais pas ça … ». On appelle ça de la peur. On appelle ça de la justification. C’est beaucoup plus confortable de rester dans cette douleur que de se confronter pour dire : « je réinvente ma vie. »

C’est peut-être dur à entendre mais c’est vrai.

 

On peut le tourner comme on veut : on parlait des suiveurs à l’adolescence. On peut passer les 3 prochaines heures à citer des exemples de gens qui ont eu un passé pire que cette personne qui dit : « Oui, mais moi, mon père m’a dit tel truc. Ma mère m’a fait tel truc. ». On peut parler d’abus, des décès, etc. mais les gens se sont propulsés de façon extraordinaire. Avec la résilience : les premiers écrits à cet effet c’est le docteur Viktor Frankl, a écrit In search of meaning. Il a été dans un camp de concentration 4 fois de 1942 à 1944. Ça a été le premier à écrire sur la notion de « meilleure façon de gérer sa souffrance, c’est de lui donner un sens. ». Ce n’est pas facile à entendre. Si tu as perdu un enfant, si tu as eu un décès, etc. Y attacher un sens… wow… Et pourtant, toutes les notions, qui sont arrivées des décennies plus tard, après ce livre qui avait été écrit par cet homme qui avait survécu aux camps de concentration et disait : « c’est d’avoir attaché un sens qui m’a gardé en vie. ». Et des décennies plus tard, la psychologie positive nous dit de faire attention aux scénarios que l’on attache aux évènements que l’on vit. C’est incroyable mais c’est prouvé scientifiquement.

Donc fait attention au sens que vous accordez à votre passé et accordez-vous la permission de vous réinventer, peu importe comment.

Le mot de la fin. Est-ce que tu as un rêve aujourd’hui ?

 

Mon rêve aujourd’hui, c’est de vivre la vie que je vis. Vraiment, je me sens tellement privilégié que des fois, je voudrais appuyer sur pause pour que le temps s’arrête. Dans notre organisation, il y a énormément d’abondance et de travail. Nos clients sont positifs et reconnaissants. Dans mon organisation, on appelle souvent ça la famille. La famille de La meilleure année de votre vie, car on a vraiment l’impression qu’on est une famille avec des liens de proximité avec nos clients et clientes et tout ça, c’est mon emploi. C’est un truc de fou. Donc c’est de ne pas oublier d’où je viens et continuer à travailler fort et avec passion pour garder le même genre de vie. C’est tout un privilège. Ça peut paraitre un privilège, un petit rêve, mais en fait c’est un gros rêve que je vis déjà.

C’est magnifique. Je vais t’embrasser. Merci beaucoup de ce moment. Merci à vous d’avoir été là. Bien évidement pour plus d’inspiration, je vous invite à rejoindre la chaîne YouTube de Martin Latulippe : il y a des centaines de vidéos inspirantes. On se retrouve également sur « WomanOnTour.com ». Merci beaucoup Martin.

 

Namaste.

Namaste. A bientôt.

Par |2019-11-18T09:54:21+01:0012 novembre 2019|Interview|0 commentaire

A propos de moi :

Marie-France Marchand alias Woman on tour est devenue Experte dans l’art de mettre en œuvre le changement. Hypersensible et atypique, elle est passée d’une crise existentielle à une émancipation authentique via un processus de transformation intérieure, incluant expériences initiatiques et tour du monde. Maître praticienne en Hypnose Ericksonienne, Pranathérapeute, formée auprès de coachs Canadien&Américain, Bouddhiste et en évolution perpétuelle, elle accompagne ses clients dans un voyage intérieur où émotions et spiritualité sont ses valeurs essentielles.

Laisser un commentaire