Tour du monde en famille avec 4 enfants : la folie d’être soi !!!

Bonjour à vous et bienvenue. On attendait plus que vous pour commencer cette interview. Je suis partie comme à mon habitude à la rencontre de voyageurs au long cours qui un jour, ont décidé de tout quitter dans leur vie pour se réinventer et se trouver sur les routes du monde. Aujourd’hui, je suis en Espagne chez Véro & Thierry (Les six en route) pour leur poser des questions sur leur tour du monde de 3 ans en camping-car en famille avec leurs 4 enfants.

Pour découvrir cette interview en vidéo : c’est par ici 🙂

interview six en route

Bonjour Véro. Bonjour Thierry. Comment allez-vous ?

Thierry – Bien merci.

Véro – Bien. Bonjour Marie-France.

Merci de me recevoir chez vous, qui est un très bel espace que vous avez créé. Est-ce que vous pourriez vous présenter avec vos mots ? Véro, Thierry. Vous êtes une famille. Qu’est-ce que vous pourriez dire pour vous présenter ?

Thierry – On s’est rencontré il y a plus de 20 ans maintenant. On avait 2 rêves. Quand on s’est rencontré, on en a parlé la première nuit. Ça parait toujours un peu étrange mais c’est comme ça que ça s’est passé. Et ces deux rêves c’était d’avoir quatre enfants et de voyager. Et c’est quand même rare d’avoir deux rêves communs de ce type-là à cet âge-là et en plus d’en parler le premier jour. Donc on les a vraiment pris au sérieux ces rêves et puis la question qu’on s’est posée, c’est : on commence par quoi ? Les gens raisonnables et censés profitent – parait-il – avant d’avoir des enfants parce qu’après il semblerait qu’on ne fait plus rien. Et comme on a tendance à avoir de la peine à croire ce genre d’affirmation de vérité universelle, et que j’avais hâte d’être père. Je me réjouissais vraiment à l’idée d’être papa. On a décidé de commencer à créer la famille et de commencer à voyager avec eux. Aussi parce qu’on se disait que ça serait certainement plus marrant et plus intéressant de voyager en famille.

Véro – Encore une fois : l’intuition nous a soufflé un message en nous disant qu’avec les enfants, ça serait bien.

Thierry – Donc voilà, en 2008, on est parti. Ça a pris 10 ans de vie normale : métro, boulot, dodo. Dodo, boulot, boulot, boulot, dodo un peu.

Vous faisiez quoi comme métier tous les deux ?

 

Thierry – Moi j’étais et je suis toujours coach et formateur dans le domaine de la réinsertion professionnelle principalement ainsi que pour l’accompagnement en entreprise sur tout type de projet. J’avais créé une activité indépendante.

Véro – Moi, j’étais éducatrice petite enfance et puis après les enfants sont venus : 1, 2, 3 et 4. Et je commençais à saturer d’avoir des enfants au travail et à la maison. Donc j’ai commencé à travailler avec les parents – parce que la famille ça reste quelque chose d’essentiel et de central pour moi. Et donc j’ai créé des ateliers « Avoir le courage de ne pas être des parents parfaits. » Donc j’animais ça. Et puis en parallèle, j’ai fait une formation à l’écoute et à la médiation et ainsi j’ai travaillé dans des centres de médiations et d’aide. Et après 8 ans : 4 ans de voyage et 4 ans où on faisait 6 mois / 6 mois, j’ai eu envie de travailler encore avec Thierry. Non seulement vivre et voyager et faire des enfants mais aussi travailler et du coup, c’est à ce moment-là qu’on a créé « oser sa vie ».

Crédit photo : Les six en route

Ça date déjà de cette époque-là ?

 

Véro – Ça date de 2012.

Thierry – Oui, la fin du tour du monde.

Véro – C’était un rêve et donc on enchaine sur un autre rêve. Donc à a fin de cette boucle du voyage, ça a ouvert la porte à ça : « osez sa vie ».

Donc vous êtes partis, vous aviez combien d’enfants ?

Thierry – On en avait 4 (enfants). L’ainé avait onze ans et la dernière avait 6 ans. Un garçon, une fille, un garçon, une fille. C’était en 2008. On a vendu la maison qu’on avait. Créer une nouvelle entreprise sur la base de ce que j’avais créé en activité indépendante avec un associé qui a géré l’entreprise pendant les 4 ans de voyage seul. Puis on est parti au gré de nos envies de découvertes et de rencontres. Et voilà, on a fait 3 ans et demi de tour du monde comme ça.

Véro – Du coup, les quatre enfants ont tous une scolarité. Ils ont tous touché à l’école de manière traditionnelle : dans une classe. Ils étaient aussi tous en âge d’apprendre et à ce moment-là, ils ont été déscolarisés. Ils ne sont jamais retournés à l’école depuis ce jour-là. Donc depuis 2008, ils ont fait toute la fin de leur scolarité – les 3 ainées ont passé leur bac maintenant – depuis le départ en voyage, dans un premier temps par nous -même, jusqu’à l’âge de 14, 15 ou 16 ans. Et puis les 3 années du lycée et du bac, on les a laissé se débrouiller seul.

D’accord.

Alors racontez-nous quels ont été les grands changements qui sont venus grâce au voyage sur les routes du monde. De quelle façon avez-vous changé vous, les enfants ?

 

Thierry – Alors, plusieurs choses mais je vais essayer d’être synthétique.

Une première chose c’est que dans ma vie d’avant, j’anticipais. On m’avait appris que c’était vachement bien quand même d’anticiper les choses. Donc j’anticipais, mais ce qui vient avec l’anticipation, c’est l’anxiété. Donc j’étais quelqu’un d’anxieux et j’ai passé les 3 premiers mois du voyage à me dire : qu’est-ce qu’on fera après le voyage ? Je n’étais même pas encore dans le voyage. Véro, elle, elle s’était mise dedans comme on se met dans des pantoufles. Tout allait bien et elle me disait : « Tu fais comme tu veux. Si tu veux passer 3 ou 4 ans à imaginer ce que tu feras après alors que tu ne l’auras pas vécu… Je trouve ça un peu bête mais tu fais comme tu veux. ». Ça m’a pris 3 mois, mais finalement je suis rentré dedans.

Donc une des premières choses que j’ai appris et qui a changé dans ma vie, c’est le temps présent. Vivre le temps présent. Arrêter d’anticiper.

Les problèmes, ils arrivent en même temps que les solutions. Quand on a des problèmes insolubles, c’est que ce n’est pas le moment de les considérer. Ils ne sont pas là. Ils sont encore dans la tête où ils sont déjà passés ou ils ne sont pas à nous. Mais, si c’est un vrai problème dont on doit s’occuper, il est accompagné de sa valise de solution. C’est une grande découverte du voyage et c’est libérateur. C’est phénoménal. Et l’entourage, il est vraiment là pour te rappeler ça : « Tu feras comment quand les enfants, etc. ». Eh bien, on verra ce qu’il y aura dans la valise secrète des solutions qui vient avec le problème. Pour le moment, il n’y a pas, donc on ne sait pas. Et c’est assez déroutant mais en même temps c’est très jouissif. C’est vraiment quelque chose que je conserve du voyage dans ma vie d’aujourd’hui qu’on soit en mouvement nomade ou ici. Peu importe. C’est vraiment quelque chose que je garde.

La deuxième chose, c’est la relation à l’argent qui a totalement changé, parce que en voyage, je me suis rendu compte qu’en fait, on a toujours largement assez. Déjà, on a appris à dépenser très peu ou plus en fonction de ce que l’on a et de ce qui se présente. Mais, on s’est rendu compte que déjà avec un petit habitat de 10m carré pour 6, on ne peut pas acheter n’importe quoi parce que après on ne sait pas où le mettre. Donc, c’est absurde.

Parce que vous êtes partie en camping-car.

Thierry – Oui, donc on avait 10m carré pour 6. Il y avait une règle qui était : si on veut acheter quelque chose, ça veut dire qu’il y a autre chose qui doit sortir du véhicule. C’était un peu pour pouvoir survivre et ne pas finir sous des tas de choses. Parce que des tentations, il y en a.

A l’Africaine, avec plein de chose partout, jusque sur le toit.

Thierry – Oui. Et de la tentation, il y en a. Il y a des tissus, des tapis, des objets, des babioles, etc. C’était la discipline. Et puis, on n’a pas sorti énormément de choses. Ce qui veut dire qu’on n’en a pas acheté beaucoup. Donc, il y a une sorte de générosité de la vie dans la rencontre et dans l’abondance. C’est vraiment quelque chose que j’ai expérimenté et en quoi je crois. Et ce n’est même pas que je dois y croire : c’est là toute la différence et ça donne le 3ème aspect. Le 3èmeaspect, c’est qu’avant, je devais essayer de croire en quelque chose de bon. Aujourd’hui, je sais que c’est bon.

C’est toute la différence.

 

Véro – il y a aussi une chose pour moi dans le voyage : je pensais que dans le voyage, on apprenait à se connaitre de manière différente. Et effectivement, un des trucs que j’ai pu mesurer hyper vite, c’est que comme tu perds des repères – tu ne connais pas la culture, la langue ou encore les codes. Donc, toutes ces contraintes et ces cadres, tu t’y plies parce qu’en Suisse, ça se fait comme ça. Dans telle famille, c’est ainsi. Et comme les codes, tu les connais, tu fais comme ça. Enfin, moi, je faisais comme ça. Parce que on me l’a appris : par mimétisme. Tu as baigné dedans, etc.

Et quand tu es dans un bain auquel tu ne comprends rien, tu n’as pas d’autres solutions que de faire juste ce que tu sens en fonction de qui tu es. Tu arrêtes de vouloir tout comprendre. Donc je fais ce que je pense et ce que je sens et donc petit à petit tu deviens vraiment toi-même. Et ça, j’ai trouvé ça incroyable de se dire : effectivement, à un moment donné, tu découvres qui tu es dans le fond. Et effectivement, c’est assez jouissif effectivement. Et la question, elle se pose quand tu arrives à un tournant. Tout d’un coup, on allait remettre les pieds en Europe et on se disait : mais est-ce que je vais perdre tout ça ?

On retombe dans ce comportement mimétique.

 

Thierry – Le risque est là en tout cas.

Véro – Moi j’avais peur. Je sentais qu’il pouvait y avoir un risque. Et effectivement, sans vigilance, ça peut très bien gentiment glisser. Mais heureusement, le voyage, on ne l’a pas que dans la tête. On l’a dans le cœur et dans le corps. C’est viscéral. C’est énergétique. Il y a des petits bobos qui viennent. La vie nous remet sur le chemin de qui on est de façon beaucoup plus rapide que dans ma vie d’avant. Donc, le voyage, ça m’a vraiment apporté ça. Vivre comme je suis. Être qui je suis. Ose être qui je suis. Et de toute façon, c’est ce que tu as de meilleur à donner. Si les gens ne t’aiment pas parce que tu es comme ça et si les gens t’aiment c’est aussi parce que tu es comme ça. Donc c’est très bien.

Tu disais tout à l’heure, « la folie d’être soi ». C’est ton mot ?

Famille Balthasar : crédit photo : les six en route

Véro – Oui. Moi, ça me parle beaucoup cette folie parce que j’aime … Quand tu dis le mot « folie », les gens ont peur. Ce n’est pas être normal. C’est sortir de la norme et de ces cadres qui sont imposés et qui ne correspondent ni à ta forme, ni à tes besoins. Donc effectivement, je trouve que c’est être clairvoyant, saint d’esprit et bien outillé d’être foudans le sens de sortir des cadres qui ne sont pas à notre taille. Osons être fou. La folie c’est être soi.

Thierry – Je dirais aussi sortir des cadres intérieurs, de nos prisons intérieures. Moi, les cases contre lesquelles j’ai dû œuvrer, c’était tous ces apprentissages de l’éducation. Donc, sans tout rejeter mais de dire : « Ok, avec quoi je suis vraiment en accord et qu’est-ce qui me sert vraiment ou pas. ». Et donc, si ça ne me sert pas : qu’est-ce qui me serait plus utile ? Donc c’est cette notion aussi de la définition du cas. Donc c’est fou de se dire que si on n’est pas comme ça on aura l’air fou aux yeux des autres. Mais on ne l’est pas tous un peu ?

C’est cette thématique aussi de l’audace. Ça devient extrêmement jouissif et ludique. C’est amusant et très créatif. Du coup, il y a une énergie contagieuse qui est extraordinaire. Et ça, c’est un cadeau du voyage.

Véro – Mais on est tous le fou de quelqu’unet quand on regarde autour du monde, des fois, on se retrouve dans des endroits où, quand tu regardes les gens fonctionner, j’ai beau avoir fait une formation pour être à l’écoute et avoir la volonté de ne pas trop entrer dans le jugement, etc. Tu regardes et tu te dis mais il est fou lui ! Mais c’est dans ces moments que ça vient te chercher et si tu réagis comme ça, c’est qu’il y a quelque chose à apprendre. Au moment clé tu ne sais pas exactement quoi. Mais évidemment qu’il y a quelque chose à apprendre. On est tous le fou de quelqu’un d’autreet aujourd’hui, quand je vois certains de nos amis qui sont dans une vie habituelle en Suisse. Ils sont à fond dans leur job, ils se taisent, ne critiquent rien. Ça fonctionne comme ça et je vois qu’ils se bousillent la santé. C’est au détriment de la famille et de tellement de chose. Je me dis : c’est qui le fou ? C’est celui qui tout d’un coup lâche tout car il sent que c’est bon pour lui ou c’est celui qui se fait du mal à rester dans quelque chose. Tout le monde dit que c’est bien, mais au fond, ça ne fait pas de bien. Aujourd’hui, je pense qu’on est tous le fou de quelqu’un d’autre.

Du coup vaste programme qui m’amène à la question suivante :

pour toutes ces personnes qui ne veulent pas ou ne peuvent pas ou ne veulent pas voyager, comment faire de sa vie de tous les jours un voyage pour avoir tous ces bénéfices dont vous parlez ?

Famille Balthasar

Thierry – Partir à la rencontre de soi. Fondamentalement c’est ça qu’apporte le voyage.

Véro – Pour moi, c’est se sentir bien. Que tu sois au bout du monde ou à un endroit X ou Y, peu importe. C’est se sentir bien dans l’instant maintenant.

Thierry – Et faire ce qu’il faut pour pouvoir se sentir réellement bien.

Véro – Il y a des moments, j’étais au bout du monde dans des endroits magnifiques mais je n’étais pas bien. Le voyage n’est pas la solution.Ce n’est pas parce que l’on voyage qu’on se sent bien. Et ce n’est donc pas parce que je suis en stationnaire et donc moins nomade qu’avant que je me sens mal. C’est vraiment quelque chose qui n’a rien à voir. Ça m’a facilité les choses pour m’inscrire dans le fait de me sentir bien à un moment donné parce que j’avais justement de la peine dans un monde que je connais, avec mon entourage, ma famille qui nous mettent dans des cases – et on l’accepte. Et j’avais de la peine à en sortir. Donc le fait de prendre de la distance et d’aller au bout du monde, déjà, je n’avais plus ça à gérer. Ça m’a facilité une partie du travail. Mais ce n’est pas une solution et ce n’est pas parce que l’on est en voyage que l’on se sent bien. Et on peut se sentir bien partout mais pour se sentir bien, il faut prendre le temps de regarder ce qui nous remplit et nous fait du bien. Et aussi prendre le temps d’accueillir et de reconnaitre qu’il y a des choses qui ne font pas du bien et du coup, qu’il va falloir changer quelque chose.

Thierry – En fait, la dimension du voyage dans le quotidien, c’est d’accepter que les choses changent et qu’on est une chose parmi les autres. Donc on peut changer nous aussi. Donc ce n’est pas parce qu’on a passé 12 ans à étudier ça et 16 ans à travailler dans le même domaine qu’on sera toute notre vie sur cette profession et cet environnement. C’est une première chose. Donc c’est de se dire que c’est normal que ça change plutôt que de se dire « il ne faut pas que ça change. ». La deuxième chose, c’est que dans ces changements, nos gouts changent. A une époque, on aime ceci, à une autre, on aime autre chose. C’est suivre ces gouts et rester en contact justement avec ce qui nous remplit et fait du bien.

Est-ce que vous pouvez revenir sur cette notion de « ce qui nous remplit » ?

Thierry – Alors, typiquement, j’ai de chance, car j’ai décidé que j’aurais de la chance. Ça se décide. Je suis radical là-dessus. Alors, je sais qu’il y a tous ceux qui vont dire « Non, il y a des gens qui n’ont vraiment pas de chance. ». C’est vrai que parfois, il y a des circonstances qui sont malchanceuses. On a tous de la malchance. On rencontre des malheurs. C’est vrai. Mais on peut en faire une chance aussi. Alors, c’est un peu brutal mais on a tous, nous y compris, traversé des trucs franchement pas drôles et ce n’est pas pour autant qu’on n’est pas malheureux toute notre vie. C’est une première chose déjà et ça, c’est un sacré voyage. Ces activités qui remplissent, c’est d’être attentif à notre énergie. Quand je fais quelque chose, après l’avoir fait, je me sens plus fatigué ou plus en forme et serein ? C’est à nous de choisir. Je peux aller jouer au tennis. Si quand je reviens, je suis fatigué physiquement, c’est normal. Mais si je suis fatigué au-delà du fait d’avoir couru c’est que cette activité, c’était peut-être bien à l’époque ou pour mon frère, mais pas pour moi. Et c’est la même chose dans le travail.

C’est plus difficile à admettre.

 

Thierry – Le travail, forcément on a une vision qui est le « labeur », la souffrance. Et donc on a communément admis que c’était normal d’être épuisé ou crevé après le travail.

C’est même valorisé.

 

Thierry – Oui ! Plus tu es crevé, mieux tu as bossé. Et moi, je travaille pour me remplir et pas les poches. Pour me remplir parce que ça me fait du bien.

Donc être heureux à la fin.

 

Thierry – Oui, être encore plus en forme. Quand on a la chance d’avoir un groupe ici… Je peux typiquement prendre l’exemple très concret d’un groupe qui vient ici à Los Sueños pour un atelier « Oser ses rêves ».  On a tendance et on le fait encore, à se surcharger les 2 ou 3 semaines qui précèdent car on profite de l’opportunité pour améliorer ceci, bricoler un truc là. Pour moi, bricoler, ce n’est pas une activité qui me remplit – pour le moment en tout cas. Donc ça me fatigue et donc je me fatigue encore et encore. Mais, je me fatigue pour une bonne raison car au moment où le groupe pour lequel je travaille arrive, après une demi-journée, j’ai de plus en plus d’énergie. Et quand je sors du stage, quand bien même on a accompagné des personnes sur des thématiques très sensibles et émotionnelles avec des hauts et des bas très intenses, quand je sors du stage, je vais super bien. Beaucoup mieux que quand je bricole. Et je pense que la question de comment on le fait, c’est : en étant honnête. D’être intègre avec soi-même et d’être honnête. Quand je fais ça, ça m’épuise. Et ce n’est pas vrai que « tout le monde devrait savoir faire ça. ». Il y en a qui le font vachement bien. Ça reste assez mystérieux, mais il y a des personnes qui vont faire l’activité qui nous épuise et eux, c’est ça qui les rempli et inversement. C’est pour ça qu’il y a de la place pour tout le monde sur Terre et pour tous les goûts et toutes les couleurs. Ça, ce sont des banalités, mais si on les écoute et on les applique, on voyage tous les jours.

C’est magnifique. Belle réponse que je valide. Alors vous diriez que vous êtes des personnes spirituelles parce que vous l’étiez avant, pendant ou après le voyage ? Comment vous diriez les choses ?

Thierry (en se tournant vers sa femme, amusé)– Je vais t’écouter.

Véro – C’est un sujet intéressant. Nous sommes très proches sur plein de choses, mais là, c’est toujours très… Déjà, il y a une notion de vocabulaire. Que ce soit la spiritualité, la foi, les croyances, tout ça, rien qu’au niveau du vocabulaire. Je parle seulement de nous deux. On n’a pas le même vocabulaire. Donc il y a des moments, on se regarde un peu en disant : « Mais qu’est-ce que tu racontes ? » Donc moi, vraiment sur le côté spirituel, il y a des mots qui sonnent bien et il y a des mots qui font que ça grince. Et la spiritualité, en fait, je crois que je ne la comprends pas – mais cérébralement. Je ne comprends pas la notion. Parce que spirituel, il y a la religion, il y a esprit, il y a respiration, etc. Du coup, je n’arrive pas à comprendre. J’essaie de comprendre mais je n’y arrive pas. Donc, je dis qu’il y a plein de choses en quoi je crois. Il y a plein de choses que je ressens au niveau des énergies : les énergies de la Terre, l’humain. Il y a plein de choses qui me parlent comme ça. Mais si tu me dis, es-tu spirituel ? Oui ou non ? Ma réponse est non parce que je ne suis pas sûre d’avoir compris la question. Voilà. Et toi Thierry, es-tu spirituel ?

Thierry – J’adore, parce que moi, avant oui et aujourd’hui, je le suis toujours. Je le suis. Et j’ai tendance à l’être au niveau du concept, au niveau des pensées et des idées. Et ce que j’aime en fait, à travers le voyage et surtout au travers de mon voyage avec Véro dans ma vie de tous les jours, c’est ce que j’appelle aujourd’hui la spiritualité incarnée. C’est-à-dire que c’est une spiritualité du quotidien. Ce dont on parle, ce n’est rien de neuf sous le soleil – ni sous la pluie. Ça existe depuis les premières religions et les premières idées. Simplement, c’est amené aujourd’hui et comme elle refuse – et j’en suis très heureux – d’entrer dans le vocabulaire et les discours spirituels, elle le vit tous les jours. Elle ne le sait pas et il ne faut pas lui dire mais elle est très spirituelle dans la chaire, dans le concret ici sur Terre. Elle est dans une spiritualité que, je pense, notre époque a besoin aujourd’hui. Car ce n’est pas la seule à être hermétique au mot.

Véro – Du coup, le mot foi et la croyance, et croire en quelque chose, j’arrive à voir au-delà de mes limites – qui sont parfois étroites – et donc de voir ça comme : dès le moment que tu utilises ça pour le bon, que justement ça te rend meilleur et t’aider à penser positif et à y croire, c’est génial. Donc qu’est-ce qu’on s’en fiche du mot ou de qu’est-ce qui te porte. Du moment que ça te porte vers le meilleur de toi et le bon, c’est une hygiène de vie, une hygiène émotionnelle et une hygiène mentale.

Thierry – Moi, je l’appelle la vie.

Du coup, je vais rebondir de façon assez singulière : entre spiritualité et argent.

Quand on voyage longtemps comme vous – vous êtes restés nomades pendant 8 ans – du coup, la question qui vient de façon très terre à terre que j’associe à la spiritualité : quelle est votre relation à l’argent ?

Eventuellement, quelle était votre relation avant le voyage et aujourd’hui ? Entre devoir gagner sa vie et finalement laisser venir les choses … Comment vous percevez-ça ?

 

Véro – L’argent pour moi, effectivement, je viens d’un milieu où, au début on n’avait pas beaucoup d’argent. Du coup l’argent, c’était mauvais et pas très bien. Donc j’avais un rapport à l’argent assez négatif on va dire. Jusqu’au jour où je me suis dis : mais en fait, c’est un moyen. Et je crois que ça, ça m’est venu le jour où le papa de Thierry nous a proposé de nous donner un coup de pouce pour pouvoir acheter un terrain sur lequel on pourrait bâtir une maison. Moi, ce n’était ni mon envie, ni ma voie. Clairement pas. Et d’un autre côté, quelque chose m’a dit : « Attends, on ne te demande pas de construire ça comme une fin en soi. C’est un moyen. Choisi bien ton terrain et ce que tu mets dessus et un jour, tu le vendras et tu feras vraiment ce que tu as envie de faire ». Tout d’un coup, ça a changé mon rapport à l’argent. Tout d’un coup, ça pouvait être juste un moyen de se faciliter le chemin.

Au-delà de « c’est bien » ou « c’est mal ». D’où ça vient et comment ça vient ?

tour du monde famille six en route

Véro – Oui, c’est ça. C’est un moyen. C’est devenu un moyen et hop. D’accord, je suis d’accord, on va faire ça ! Je reçois ! Et quand ça se réalise, que tu as choisi le bon endroit, tu peux revendre et tu fais ta plus-value sur ta maison. Ça te permet d’acheter ton camping-car et tu te dis : « On va vraiment pouvoir y aller pour de vrai ! ». Et là, tu te dis que c’est un vrai moyen.

Thierry – Pour moi, l’argent en fait, ça a été un peu un ennemi au début parce que je ne voulais pas être acheté. Donc je me suis battu contre l’argent – à le refuser – pour être sûr de ne pas me faire acheter. On n’achète ni ma voix, ni mon silence, ni quoi que ce soit. Donc j’étais très réfractaire. Et en même temps ambivalent parce que c’est vachement important d’en avoir pour faire ce que l’on veut – dans ma tête de l’époque. Surtout, quand je suis devenu papa, je dois dire qu’avant, j’avais des petits boulots – pendant mes études, etc. – et je ne me préoccupais de rien et ça allait. Mais la paternité m’a mis des tonnes de poids sur les épaules. C’est quelque chose qui me sidère. Et je vois que je ne suis pas le seul homme à qui ça arrive.

Comme je disais avant : le fait de voyager avec un camping-car en guise de maison, je me suis rendu compte qu’un toit, fondamentalement, ça ne coutait pas si cher. Parce qu’un camping-car, ça peut être remplacé par n’importe quoi d’autre qui coute 2 francs 6 sous. On n’est pas obligé d’acheter un camping-car à 100 000 euros. On peut acheter un camping-car à 1 500 euros. Donc oui, il faut travailler mais on peut. Et donc on peut être en sécurité. Donc ça a totalement changé ma vision du monde. J’ai aussi vu dans le monde plein d’endroits où l’on peut vivre avec très peu de moyen et très bien – voire même vachement mieux. Donc j’ai pris conscience qu’il y a toujours, à plusieurs endroits sur terre, des endroits où je peux aller si un jour, je dois avoir 0 sous. Du coup, tout ça, ça m’aide à accueillir l’argent parce que je n’en ai pas besoin. C’est un peu compliqué. Donc pour moi, j’ai une relation beaucoup plus pacifié avec l’argent. Je ne le compte plus. Je sais à peu près combien on a sur nos comptes mais …

Véro – Moi, je n’ai jamais su. C’est encore différent.

Thierry – Je sais à peu près car je regarde une fois tous les 6 mois.

Donc ça ne vous inquiète pas ?

 

Thierry – Non. Aujourd’hui, je sais que quand j’ai l’inquiétude de l’argent qui vient, c’est un des signes que je ne suis plus exactement sur mon chemin. Je ne suis plus exactement bien. Soit parce qu’on a trop dépensé ou alors parce que je ne fais pas assez d’autres choses dans ma vie qui me font du bien. Je suis en train de me vider. Il y a une association avec les idées qui me remplissent. Si mon compte se vide ou va se vider, ce n’est pas que le compte. Ce n’est même jamais le compte : c’est d’abord dedans. Il y a un lien de ce type-là.

C’est ce que tu disais : « L’argent, je n’en ai pas besoin. », donc je vais volontairement venir creuser un petit peu. Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Parce qu’on a forcément besoin d’un minimum. Comment tu fais pour avoir ce minimum ?

Thierry (ému aux larmes)– Je n’en ai pas besoin pour être heureux. C’est-à-dire que ce n’est pas ça qui me donne mon bonheur. Mon bonheur, je l’ai.

Indépendamment de cela. Ça ne s’achète pas.

 

Thierry – Je ne peux pas l’acheter. J’ai essayé et ça ne marche pas. Et en essayant autre chose, j’en ai reçu tellement du bonheur. Donc je n’en ai pas besoin pour être heureux. Maintenant, évidemment, on doit manger, on doit boire, s’abriter ou encore se vêtir. Encore une fois, par rapport à ce que je disais tout à l’heure. En ayant vu plusieurs régions du monde, il y a des endroits où même dehors et sans toit, on ne va pas crever. Il fait beau, il fait chaud. Donc ça va. Et puis, manger tous les jours, je sais qu’on en a pas besoin.

Véro – Ça aussi c’est vrai. C’est une question qui m’a beaucoup rassuré de faire ce jeûne de trois semaines et de me dire : « en fait, je peux ne plus manger et (continuer de) vivre. ». Donc au final, si je n’ai même plus besoin de ça !

Thierry – En tout cas sur des périodes.

Vous vous êtes rendu compte que vous pouviez jeûner pendant 3 semaines. Tu l’as fait Véro et c’est possible si on se met dans la condition.

 

Thierry – Oui, et c’est toujours la même chose, c’est une conviction. Si je t’impose un jeûne maintenant et que je te dis que maintenant, tu n’as pas le droit de manger pendant 3 semaines, ou encore que tu n’as plus de sous donc je t’enlève tout et je te vide tes placards. Tu n’as plus rien à manger et tu es enfermé dans ta cuisine. Tu vas finir à l’hôpital ! Mais si c’est toi qui décide et que tu te nourris différemment parce que tu décides que tu veux faire ça. Il y a des choses qui sont possibles. Je ne sais pas encore jusqu’où mais on lit, on entend et on voit. Mais je suis beaucoup moins inquiet par rapport à ça. Et donc, quand je dis que je n’en ai pas besoin c’est que : si je ne peux plus payer mon électricité, et bien je ferais sans. Je n’en ai pas besoin.

Véro – C’est-à-dire qu’on a vécu dans 10m carré avec nos panneaux solaires. On faisait le plein dans des stations-services où tu ne paies pas l’eau. Donc pas d’électricité à payer, pas d’eau à payer, pas de loyer non plus… Donc tu te rends compte qu’en fait, tu as de moins en moins besoin d’argent. C’est possible. Mais comme tu dis : de moins en moins. Ça ne veut pas dire que… Je n’adhère pas au zéro. J’ai besoin d’un minimum car je ne suis pas couturière et j’aime bien certaines fringues donc je les achète. Donc j’ai besoin de cet argent pour me faire un plaisir, pour aller manger dans une gargote sans avoir besoin d’aller faire la vaisselle pour payer mon repas. Donc moi, j’ai besoin de ça. Et d’avoir pu vivre avec peu et me rendre compte que c’est possible, ça rassure beaucoup. Donc plus tu peux vivre avec peu, plus tu te rends compte que tu peux travailler peu puisque tu dépenses peu. Et ça, dans le « se sentir bien » il y a vraiment ça. Se dire qu’on peut s’alléger de plein de manière. Et l’autre côté : je trouve que c’est plaisant d’avoir besoin d’un peu d’argent car ça rend créatif. Quand on a fini le tour du monde, on s’était offert – car Thierry avait vendu sa société, on a vendu la maison, nos biens – de ne pas travailler pendant plus de 3 ans. De ne pas travailler pour être à fond dans le voyage. Mais il y a un moment donné où, quand il n’y a plus, il n’a plus. Mais en fait : quand il n’y en a plus, il y en a encore, dans le sens où on se demande ce que l’on fait et comment on va remplir les caisses. Et donc là, on s’est ouvert en se disant : « Tout est possible ». Moi je me suis dit que je voulais continuer à voyager dans mon camping-car. Continuer ma vie de nomade et à travailler peu et que dans ce que j’aime. Après, tu as des doutes, mais c’est possible. Voilà. Donc c’est là que ce besoin d’argent te rend créatif. Tu te dis : « qu’est-ce que l’on fait et comment on le fait ? » Et ça marche. Entre les bouquins, la société de Thierry de réinsertion professionnelle où il a la moitié des parts et les ateliers, tout ça maintenant, ça nous suffit pour vivre.

Thierry – Et c’est ça que je vais préciser : ce que je voulais dire quand je disais que je n’en ai pas besoin, ce n’est pas que je n’ai pas besoin d’argent. Mais, je n’ai pas besoin de souffrir pour en avoir ou d’en avoir beaucoup pour vivre confortablement. Je n’ai pas besoin de ça pour acheter mon bonheur. Et dans le « je n’ai pas besoin de souffrir pour le gagner » c’est ce que l’on disait au début. J’écris. Et quand j’écris ça me ressource énormément. Ce que j’écris, je peux le vendre. Donc, je n’ai pas de souci. C’est ça aussi que j’ai rencontré en voyage. Parce que l’écriture, je l’ai côtoyée en voyage. C’était un des rêves que j’avais et j’ai pu le réaliser : laisser la plume me guider et voir ce qui sortait. Du coup, cette confiance-là, je l’ai. Je pourrais donc vendre des poèmes et des livres. A défaut, je pourrais offrir en échange d’une pomme. Donc c’est aussi ça qui a changé. La confiance en moi, parce qu’on a de la valeur. Cette valeur, elle est récompensée par de l’argent et grâce à ce que je fais. Voilà.

Je vais rebondir sur « valeur » justement. Quelle est la valeur la plus importante que vous transmettez aujourd’hui à vos enfants ?

Véro – « Oser ». Vraiment, c’est ça. Il faut être cohérent. Personne ne peut leur tracer une voie et il n’y a qu’eux pour savoir ce qui est bon pour eux. Aller explorer. Ça ne veut pas dire que ça sera la bonne voie mais on explore, on essaie et il n’y a que comme ça qu’on sait si c’est bon ou si ce n’est pas bon. Oser se planter. Oser changer d’avis. Oser revenir en arrière. Mais tout ça, même si c’est pour revenir en arrière – dans le sens changer d’avis – pour moi, c’est aller de l’avant car on apprend.

Thierry – Alors moi, ça va évidemment avec, c’est que tout est juste. Il n’y a pas de juste et de faux en tant que tel. Ça peut être juste pour toi et faux pour un autre. Ose faire ce qui est juste pour toi – dans le sens de justesse.

C’est effectivement très cohérent car si je ne m’abuse, c’est le titre d’un de vos ateliers de développement personnel qui s’appelle « Osez ses rêves ».

Thierry – C’est un atelier sur 2 jours, 21 jours. C’est-à-dire qu’on a un premier weekend de 2 jours en groupe suivie d’un accompagnement de 21 jours à distance, pendant lesquels les participants ont intégré dans leur quotidien les changements nécessaires pour faire de leur vie une vie de rêve. Et ce n’est pas pour atteindre un rêve ou réaliser un rêve. C’est déjà pour changer ce qu’il y a à changer pour commencer à avoir une vie de rêve. Donc c’est ça « oser ses rêves ». On l’organise notamment ici à Los Sueños, à Malaga, en Andalousie.

Alors du coup, vous trouverez en bas de la vidéo les liens vers le site internet de Véro & Thierry qui s’appelle sur leur blog « Les six en route ». Les 6, pour leur famille de 6 avec leurs 4 enfants. Vous pouvez également découvrir en dessous de la vidéo les liens vers les livres que tu écris Thierry.

 

crédit photo : les six en route

Thierry – Exactement, il y a le récit du voyage qui s’appelle Miss Terre – celui-là je n’arrive pas à le dire sans pleurer, mais ce n’est pas grave – Miss Terre et les six doigts de la main qui révèle les coulisses de notre aventure de tour du monde. Les hauts et les bas, parce que parfois les gens pensent que c’était tout rose, etc. Mais ça a gueulé dans ce camping-car. Il faut être clair, ça gueulé plus d’une fois. Il y a des casseroles de raviolis qui ont giclées. Tout est dans le livre : le pourquoi j’ai pris une casserole de raviolis sur la tête, c’est dans le livre. Mais aussi qu’est-ce qui s’est passé et qui a envoyé la casserole ? Donc voilà. Il y a toutes les anecdotes. Les rires, les pleurs, les doutes. Tout est là, sans fausse pudeur et sans héroïsme : seulement parce que ça s’est passé comme ça et ça nous fait rire au bout du compte. Et puis il y a aussi le Miss Terre, qui s’exprime et qui nous a accompagnés tout au long du voyage et qui tient son propre journal de bord dans le livre. C’est la partie « connectée » de cette écriture. A côté de ça, j’ai écrit un recueil de nouvelles « Des choses de la vie ». Ce sont les hauts et les bas de chacun. C’est inspiré de mes proches car c’est pour moi un moyen de digérer et de faire couler les choses un peu plus à l’intérieur plutôt que de toujours parler.

 

Tu as de très jolis mots. J’ai lu ce livre et il est très inspirant.

crédit photo : les six en route

Thierry – C’est un recueil de nouvelles. Et ensuite un autre livre, Oser partir, qui répond à toutes les questions qu’on nous pose depuis 8 ans sur : combien de chaussettes, quels bagages, quel véhicule ? Est-ce que j’y vais en vélo ou à pied ?

Véro – Le budget et l’intimité dans 10 mètre carré.

Thierry – L’école à la maison. Et en voyage, comment on fait l’école ?

Je n’ai pas posé cette question !

 

Véro – C’est très bien car c’est dans le livre.

Thierry – Voilà. Ça c’est « Oser partir » qui est plutôt un manuel pratico-pratique pour se préparer à un voyage long. Et j’ai voulu, et c’est pour ça que j’étais heureux de te rencontrer et de réponde à tes question, car, au fond de moi, je m’adresse à des personnes qui envisagent un voyage, mais ce voyage aux longs courts, il est au quotidien. Dans ce livre, il y a plein de choses qu’on peut faire, même si on ne prend pas la route ou les airs.

Véro – Cette thématique est très intéressante.

Alors, vous avez partagé énormément de choses très inspirantes. Est-ce que je peux me permettre de poser une dernière question ?

Thierry – Essaie.

Véro – Oses !

Du coup, selon vous, est-ce que vous auriez une leçon de sagesse, en toute humilité, à partager avec ceux qui nous regarde aujourd’hui ?

 

Véro – Ce sont ces mots qui me font peur. Sagesse.

Thierry – C’est pour ça que je rigole.

Véro – Quand on s’est rencontré, il m’a dit une fois : qu’un de ces rêves étaient de devenir un sage. Et là, je l’ai regardé et je me suis dit : « Le jour où il devient un sage, je divorce. ». Ça ne va pas me faire rire du tout ça.

Thierry – Du coup depuis j’ai la folie d’être moi. C’est mieux. C’est une forme de sagesse. Ce n’est pas dangereux. C’est ça que j’aurais envie de dire : être soi n’est pas dangereux. Bien au contraire.

C’est un très joli mot de la fin. Vous vous en êtes bien sortis.

 

Thierry – Merci.

Il va falloir que je change mes questions par contre car sur certains mots ça ne va pas.

 

Véro – Ce ne sont pas les mots, car tu lances un mot, quelqu’un le récupère et je trouve ça génial. Le pouvoir des mots. Je sais aussi que ce n’est pas pour rien que tu me l’as lancé et tu as bien fait. C’est que j’ai quelque chose à capter, là, dans la sagesse. Donc je fais circuler et tu m’as offert le mot « sacré ». La foi, sacré, sagesse, spiritualité, ce sont les grands mots que je dois laisser circuler. Il y en a certain, comme la foi, où tout d’un coup, c’est passé car j’ai rencontré des gens et parlé et donc certaines choses m’ont éclairées. Mais donc, quand tu as dit le mot sacré, comme je l’ai vu écrit « ça crée » de création et de créer, du

coup, je peux l’entendre sans souci. Donc c’est génial. Donc merci pour ça. Et pour les 3 autres, je vais bosser.

En tout cas, merci à vous. C’est pour moi exceptionnel d’être à vos côtés et de ressentir cette énergie magnifique entre vous et que vous dégagez pour les autres.

Merci à vous d’avoir été là et d’avoir regardez jusqu’au bout cette interview avec Véro et Thierry. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur leur site internet : lessixenroute.com. Et également, si vous voulez découvrir plus d’interview de voyageur, vous pouvez explorer sur la chaîne YouTube « Woman On Tour » et sur le site internet du même nom : womanontour.com.

Je vous dis à très bientôt.

Merci Véro et Thierry.

 

Véro & Thierry – Merci à toi.

A très bientôt, je l’espère. Ciao.

Par |2019-12-01T12:49:11+01:002 décembre 2019|Interview|0 commentaire

A propos de moi :

Marie-France Marchand alias Woman on tour est devenue Experte dans l’art de mettre en œuvre le changement. Hypersensible et atypique, elle est passée d’une crise existentielle à une émancipation authentique via un processus de transformation intérieure, incluant expériences initiatiques et tour du monde. Maître praticienne en Hypnose Ericksonienne, Pranathérapeute, formée auprès de coachs Canadien&Américain, Bouddhiste et en évolution perpétuelle, elle accompagne ses clients dans un voyage intérieur où émotions et spiritualité sont ses valeurs essentielles.

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