Bonjour à vous et bienvenue. On attendait plus que vous pour commencer. Je suis Marie-France, plus connu sous le nom de Woman On Tour, et comme vous le savez, sur ma chaine YouTube, dans la playlist interview, j’aime aller à la rencontre de voyageurs au long cours et de voyageurs atypiques qui ont su utiliser le voyage pour se transformer et pour humblement essayer de partager leur vision du monde.

Aujourd’hui je vous présente MUAMMER dit aussi OPTIMISTIC TRAVELER.

Pour découvrir cette interview en VIDEO > c’est par ici.

Bonjour Muammer et merci d’accepter cette interview.

        

Avec grand plaisir. Bonjour tout le monde. Je suis très content d’être avec vous. On va un peu partager et échanger tous ces voyages, tout ce que l’on a appris sur la route, tout ce que l’on a entendu, vu et goutter. On va vous faire voyager aujourd’hui et faire le tour du monde ensemble pour vous faire découvrir plein de choses.

Alors, Muammer, est-ce que tu peux en quelques mots te présenter ? Tu dirais quoi à propos de toi ?

 

Et bien j’ai appris une manière assez spéciale de se présenter que j’aime bien. C’est une technique qui amène à ça. Donc, je suis un voyageur heureux qui marchent vers la sagesse et qui aime faire bien autour de soi.

Wow. C’est un pitch court mais très percutant, j’aime beaucoup. Alors écoute, dans cette interview, on va chercher à parler plus de toi. Tout ce qu’il n’y a pas sur ton site internet où trop peu. J’aimerais que tu me dises quel genre de petit garçon tu étais adolescent : comment ça se passait pour toi à l’époque, quels étaient tes rêves à l’époque ?

 

Alors à l’école. J’avais la chance d’être un enfant intelligent. J’étais le meilleur de ma classe quand il n’y avait pas de devoirs. Mais à partir du moment où il a commencé à y avoir des devoirs et qu’il fallait obligatoirement faire des choses, là, je n’étais plus le meilleur. Mais voilà, je n’étais pas un enfant timide. J’étais plutôt l’enfant qui était toujours le délégué de sa classe. J’aimais bien représenter les autres et être là aux conseils de classe. Je n’étais pas trop timide déjà. J’ai appris très jeune à parler devant le public – donc ça m’a aidé, même si tu es toujours timide au début. Personne n’aime parler devant une caméra, devant un public d’un seul coup. C’est un entrainement. Hier, on a rencontré une femme qui disait : « Tout s’apprend : on n’est pas né en parlant, en marchant. On n’est pas né peintre ou écrivain. ». On apprend. Ça j’aime beaucoup et c’est notre philosophie avec Milan de toujours apprendre de nouvelles choses. Toujours être curieux de développer de nouvelles compétences et de pouvoir les partager avec les autres.

Est-ce que tu te sentais en phase avec les gens de ton âge à cette époque comme aujourd’hui ?

 

Ah oui. Je suis en phase avec tout et tout le monde. Tout à fait. On a une capacité d’adaptation à toutes les situations donc on peut être à l’aise dans des situations difficiles comme des situations merveilleuses. Enfin, à l’aise dans des situations difficiles, c’est compliqué de dire ça, mais on s’adapte à l’environnement et au monde.

Alors, je me suis un peu intéressée à ton histoire : j’ai été lire ton site internet et j’ai essayé de te comprendre et de lire entre les lignes. J’ai remarqué qu’en fin de compte, tes grands voyages – en Ethiopie, après le tour du monde en 80 jours dont on parlera après – tout ça, ça s’est passé autour de tes 36 ans. Avant tu étais plutôt – si je ne me trompe pas – en Alsace, dans ta région d’origine, plutôt sédentaire. Donc qu’est-ce qui s’est passé à un moment donné dans ta vie qui fait que tu as eu ce côté très public, médiatisé et très « aller de l’avant » ? Est-ce qu’il y a eu un évènement ?

En fait, j’ai toujours voyagé. A 17 ans, j’ai fait mon premier voyager aux Etats-Unis. Je suis allé chez mon père, je lui ai demandé si je pouvais partir et il m’a dit « Bien sûr ». Je lui ai dit : « Ça coute un peu d’argent. ». Il m’a dit « oui, mais il faut travailler. ». Et je lui ai dit que pour mes amis, les parents payaient ! Et là, il m’a dit que non, chez nous ça ne se passait pas comme ça. Donc voilà, j’ai travaillé. J’ai vendu des chocolats, des pinces, des nougats. J’ai fait la plonge. J’ai fait tous les petits boulots que j’ai trouvé et je me suis offert l’Amérique. Et en fait, en arrivant en Amérique, je me suis rendu compte que je pouvais m’offrir le monde. Car si à 17 ans tu peux faire des petits boulots et gagner des sommes pour te payer un voyage pareil, je peux faire ça toute ma vie. Donc, j’ai toujours fait des petits boulots pour mettre de l’argent de côté et faire des voyages. Donc chaque année, je faisais un grand voyage et plein de petits voyages. Donc voilà, au fur et à mesure tu découvres des pays. Au début, c’était chez des copains, chez des amis qui allaient étudier ailleurs. Aujourd’hui, j’ai quand même eu la chance de visiter 77 pays dans le monde et de faire plus de 450 voyages. Donc c’est sûr, au bout d’un moment, tu as envie de faire le tour du monde. Et c’est vrai que c’était une grande décision de vie. A 36 ans, j’ai dit, je n’en veux pas plus. Ça suffit ! Car on court toujours. On veut toujours plus. Donc j’ai dit stop et j’ai décidé de faire le tour du monde avec un sac à dos, comme beaucoup font. Et c’est vrai qu’un voyage, ça change. Nous, on a eu la chance d’être médiatisés ce qui nous a aidés à communiquer plus avec un livre qu’on a édité 4 fois : en turc, en anglais, avec une série télé qui passe sur la chaîne Voyage. Donc on a 5 heures d’images à la télé qui passent et racontent notre tour du monde. On a une pièce de théâtre. Je joue un one man show donc je le raconte aussi avec humour. Et on fait des conférences régulièrement. On était récemment à Las Vegas, face à mille chefs d’entreprises de 54 pays différents pour raconter nos histoires et partager ce que l’on a appris sur la route avec tout le monde et donc parler de nos projets et de ce qui s’est passé après.

Alors, on a déjà parlé un peu hors caméra ensemble et c’est vrai que ce qui ressort, c’est ce besoin de montrer la positive attitude partout et la générosité des gens partout dans tes voyages. Alors il parait que le « monde va mal ». Mais tu véhicules un message de positivité. Il vient d’où ce message ? Et ce n’est pas difficile d’aller à contre-courant ?

 

Alors moi j’aime bien commencer mes conférences par dire : « Ok, je vais vous emmener en voyage avec moi et vous raconter ce que j’ai vu vraiment au travers de ces 77 pays. ». Et ce que j’ai vu vraiment à travers ces 77 pays, ce sont des hommes et des femmes, des familles, des pères, des mères, des enfants. Et tout le monde veut le même chose : vivre en paix et tranquille pour avoir une vie heureuse. Et ça, partout dans le monde. Après, il y a beaucoup d’histoire politique et de guerre qui ne sont pas entre mes mains aujourd’hui. Je n’ai pas la compétence de changer ces choses-là. Je rêve bien sûr d’un monde sans aucune guerre. Un monde où les gens sont plus heureux. Mais si on traverse le monde, on se rend compte qu’il est beau et les gens sont formidables. Globalement, il y a des gens biens partout. C’est ce que l’on a voulu prouver pendant notre tour du monde, le fait de le faire sans argent mais de réussir à être aidé par des gens de 50 nationalités différentes à travers 19 pays et des milliers de gens qui nous ont aidé, offert un sourire, un café, de l’eau, à manger, un canapé, un lit ou un billet d’avion. Voilà, ce sont des gens différents de catégories sociales différentes, de religions différentes, de pays différents. Et voilà, c’est juste une histoire de cœur et si on peut aider, on aime aider. Ça fait aussi du bien à soi-même. Les gens aiment ça. Et donc pour répondre un peu à ta question et donner mon avis sur ça, c’est vrai que quand on regarde les informations, on a 10 informations et 9 mauvaises nouvelles, et la dernière, c’est le foot. Le principe de l’information est de donner des mauvaises nouvelles car c’est ça qui intéresse les gens. Du coup on a l’impression que le monde va mal. Mais j’aime bien dire que si on est 7 milliards sur la planète et qu’il y a 9 mauvaises nouvelles. 9 mauvaises nouvelles sur 7 milliards, le monde va très bien. Donc il faut regarder plus globalement. Mais en tout cas, quand on est sur la route, c’est beau. Ce n’est pas si dangereux que ça.

Alors, la route, parlons-en. On voyait hier ton film au festival de l’aventure individuelle à Mauzé-sur-le-Mignon. Il y a donc le film mais aussi le livre : Le tour du monde en 80 jours, référence à Jules Vernes. Et puis aussi, du coup, c’est là la grande différence, c’est que tu as fait un tour du monde sans argent. Tu as refait la même chose après : le tour de la France en 2 chevaux, sans argent. Pourquoi ce sans d’argent ? Pourquoi c’est important pour toi de faire les choses sans argent ?

 

C’est vrai qu’on a fait ce grand voyage sans argent. Du coup, les gens pensent que je vie sans argent. On en est pas à ce point-là. Pourquoi ? En fait, avant de partir faire un voyage, on cherche tous un sens. On se dit : qu’est-ce que je vais faire ? Par où je vais passer ? Quels pays je veux voir ? Quel message je veux faire passer ? Est-ce que je vais partager ça sur les réseaux ? Est-ce que je vais faire un livre ? Donc, on se pose tout un tas de questions pour organiser et préparer son voyage.

Donc, quand on a fait ça avec Milan, on s’est dit qu’on voulait faire passer un message et donc on s’est demandé : qu’est-ce qu’on a appris du monde ? Et donc, on s’est rendu compte que dans tous les pays où on est allé, on avait des stéréotypes avant et quand on est arrivé, on s’est rendu compte qu’on a rencontré des gens biens. Donc, on a voulu faire passer ce message : on rencontre des gens bien partout dans le monde. On a été inspiré par d’autres voyageurs qui ont fait des voyages sans argent et on s’est dit : Wow. Réussir à faire un tour du monde sans argent en 80 jours, c’est assez unique. Mais c’est la meilleure manière de prouver qu’il y a des gens biens partout. Et je suis extrêmement content et heureux d’avoir fait ce voyage sans argent. Tous les voyages que j’ai fait avant avec de l’argent, c’est pas du tout la même chose.

C’est l’une de mes questions justement. Toi qui a vu avec et sans argent, quelles sont les différences ?

 

C’est que tu es obligé de parler tout le temps à tout le monde. Pour la moindre chose : pour aller dans les toilettes payants, pour avoir le wifi sans consommer, pour montrer dans le bus ou dans le métro. Pour chaque chose, il faut trouver un moyen. Il faut trouver quelqu’un qui va t’aider. Il faut faire appel à la générosité des gens. Et forcément, il y en a plein qui ne sont pas aptes à ce moment-là, qui ne peuvent pas, qui n’ont pas la capacité ou l’envie … Il y a tout un tas de raison qui font que les gens ne le font pas. Donc, il y a beaucoup de non. Mais on a appris à les accepter et à se dire que c’est normal. Mais on cherche toujours le oui. Du coup, ça pousse à la rencontre.

A la persévérance je suppose aussi ?

 

Oui. Et ça, par exemple, c’est une compétence. Et on s’est rendu compte à la fin de ce voyage, lorsque Milan a posé la question « Est-ce que tu as changé ? ». J’ai dit qu’en 3 mois, un homme ne changeait pas. Et en fait, 4 ans plus tard, je peux dire qu’on a complètement changé. Et en fait, j’avais lu un livre qui m’avait inspiré et qui disait : en fait, on a planté des graines dans nos compétences et ces graines poussent. Et là, depuis 4 ans, ça a tellement poussé, notre vie a tellement changée et on a fait tellement de choses extraordinaires, qu’aujourd’hui, 4 ans plus tard, je me présente en disant : « Muammer Yilmaz, le tour du monde en 80 jours sans argent. ». Et je pense que je vais le faire toute ma vie.

C’est le voyage qui a transcendé ton personnage, ta vie …

 

Oui, ça m’a totalement changé. Avant j’avais une grosse voiture, maintenant je me promène à vélo. Avant je voulais être le plus fort du monde et le plus beau, maintenant j’essaie d’être moi-même et de montrer qu’on est tous pareil.  Il y a plein de choses qui ont changées. Avant j’étais dans la compétition, maintenant je suis dans la coopération. J’essaie de faire les choses ensemble et de mettre les choses en avant. Il y a plein de valeurs et d’attitudes qui ont changées.

Alors, ce film néanmoins, je l’ai vu et constaté de mes propres yeux hier au festival, il invite à la controverse quelque part. La question de voyager avec ou sans argent, ça pose une question de légitimité. Ça touche un bon nombre de valeurs morales chez le public.  Toi, du coup, est-ce que tu penses que ce message de pouvoir voyager sans argent, c’est quelque chose que l’on peut transmette à une personne qui concrètement n’en a pas et n’a pas de filet de sécurité. Est-ce que l’on peut persister dans ce message-là ?

 

C’est sûr que pour nous, c’était un choix. Ce n’est pas parce que l’on avait pas d’argent, c’était un défi. Et bien sûr, on est éduqué, on a des langues, on a un passeport européen. Voilà, on est présentable. Ce sont des qualités qui nous ont permis de faire le tour du monde. Mais c’était notre choix. Chacun doit faire son voyage à sa manière et comme il en a envie : c’est ce qui est important. Mais en tout cas, ce qu’il faut savoir, c’est que chaque personne qui nous a aidé n’a pas réfléchi à la manière occidentale, mais à sa manière à elle. Elle a réfléchi avec son cœur. Donc chaque aide qu’on nous a fait quand on a partagé un bol de riz au Pakistan ou offert un billet d’avion. Chacun à fait avec le cœur et ses moyens.

Quelles valeurs tu puises de ce voyage ?

 

J’en ai partagé quelques-unes mais il y a le détachement à l’argent. Vivre ça, c’est aussi une belle expérience. Ne pas toucher d’argent, ne pas avoir d’argent pendant 80 jours et vivre heureux, rencontrer des gens, réussir à voyager et à faire un tour du monde …

Pas de frustration de se dire qu’on voudrait plus ?

 

Non. Pas du tout. Et c’est extraordinaire et donc la valeur de l’argent, elle change. Tu vois un billet, tu n’as plus le même intérêt. Tu ne t’intéresses pas à ça. La valeur humaine prend de l’importance et tu sais qu’il y a plein de choses que tu peux faire sans argent. Tu vas plus dans l’échange. Je fais beaucoup d’échange car aussi, ce n’est peut-être pas facile de recevoir. Mais plus on donne et plus c’est facile de recevoir. Donc, si on n’arrive pas à recevoir, c’est qu’on n’a pas assez donné avant. Donc il faut peut-être donner plus.

Donc après ce tour du monde, plus rien ne t’arrêtes et tu as même des projets encore plus grands qui sont de réaliser les rêves des autres. Donc tu es parti en Afrique. Tu as contribué à une bonne dizaine de rêves. Tu rencontres des personnes et tu leurs demandes quel est leur rêve et tu trouves des financeurs qui veulent miser sur un rêve. Et donc j’ai envie de dire, toi, c’est quoi ton rêve ?

 

Moi mon rêve c’est d’être un oiseau et de pouvoir voyager et traverser les frontières sans visa et que tout le monde puisse être un oiseau et voyager comme moi. Voyager dans ce monde librement car quand on regarde le monde depuis la lune, on ne voit pas les frontières. J’aimerais que le monde s’ouvre. Un monde ouvert comme ça, c’est aussi plus de partage et pas des riches qui protègent leur richesse et des pauvres qui sont un peu exclus. Un monde de paix où l’essentiel est plus le bonheur. Après, il y a des rêves personnels comme celui de faire un film au cinéma qui partage toutes les valeurs qu’on a apprises pendant le voyage. Un personnage qui puisse transmettre toutes ces valeurs qui rendent heureux et nous ramène à nous-même et pas à la compétition. Parce que je trouve que cette compétition nous rend malheureux. C’est quand même fou. Je suis en train de lire un livre où un personnage pose la question : « Oui, mais vous les européens, vous avez tout. Vous êtes dans le confort et la sécurité et vous êtes ceux qui utilisent le plus de médicaments. Vous n’arrivez pas à dormir et vous êtes déprimé. Comment ça se fait ? ».

Justement, ça m’amène à mon autre question. C’est une question typique Woman On Tour, que je pose à chaque fois à mes voyageurs. Pour ceux qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas voyager, comment faire pour amener les vertus du voyage chez soi, dans sa vie de tous les jours.

 

Je pense que le voyage, c’est aussi aller lire un livre au bord de la rivière près de chez soi. Aller dans la forêt et marcher pour découvrir les arbres – certains les embrassent et les enlacent. J’ai vu récemment qu’en Ecosse, les docteurs prescrivent la nature. Donc moi, je prescris la nature. Allez dans la nature. Allez marcher au bord de la rivière, dans la forêt, dans un champ. Vive la nature ; Allez voir les animaux s’il y en a. Il faut prendre le temps de respirer sans son portable. C’est comme ça que ça commence. J’avais rencontré aussi en faisant du stop quelqu’un qui me dit : « Moi j’aimais pas du tout courir. Et puis j’ai couru une fois. Puis une deuxième. Et en fait, maintenant j’adore courir. Je ne peux plus m’arrêter de courir. » C’était un peu Forest Gump. Et il fait des marathons et ils adorent ça. Mais donc il faut se forcer et faire. Après, on n’est pas obligé de voyager mais je pense que le voyage est une belle thérapie. Et ça a guéri beaucoup de choses. J’invite vraiment au voyage. Mais, j’espère que l’on pourra sortir aussi du tourisme de masse et des hôtels club qui ne sont pas vraiment des voyages pour moi. C’est-à-dire que l’on est dans un hôtel où on s’occupe de nous, on nous fait à manger, mais finalement, c’est une nouvelle routine. De notre chambre, à la piscine, au restaurant et jusqu’à la plage, tous les jours, on est dans la même routine. Donc, on s’installe une nouvelle routine où on ne fait rien mais on ne se développe pas. Alors que, le voyage et la rencontre et voir les peuples, gouter quelque chose de nouveau, voir de nouvelles façons de penser et de réfléchir. Ça, ça nous développe.

En parlant de thérapie. Moi, quand je vois ton parcours – je suis abonnée à ta liste d’email donc je reçois ton actualité – il y a une longue liste de toutes tes interventions, tes parutions de presses, etc. Je me dis qu’on dirait une personne à qui tout réussi. De réussite en réussite et de succès en succès. Je me demande, est-ce qu’il y a eu des échecs, des moments difficiles, des déceptions, qui t’ont construit ?

Bien sûr. Il y a toujours des moments où tout ne fonctionne pas et c’est pour ça que c’est bien de faire beaucoup de choses, comme ça s’il y en a une qui ne fonctionne pas, c’est pas grave. On va se pencher sur une autre et peut-être que l’on va travailler plus pour qu’elle fonctionne quand même. Moi, je suis un hyper-optimiste. C’est-à-dire que je me rappelle qu’en moyenne, pour marcher, on a tous dû apprendre. Et on a oublié, mais, à ton avis, combien de fois on a dû se relever pour apprendre à marcher ?

300 ?

2000 fois en moyenne, on a dû se relever avant de marcher. Et on est tous passé par là. Si on ne l’avait pas fait, on serait tous à quatre pattes. Tu imagines ? Ça serait un autre monde. Et donc si on n’a pas essayé 2 000 fois quelque chose, on est pas allé au bout. Donc il faut essayer. Un hyper-optimiste va essayer jusqu’à ce que ça marche. Il ne va pas appeler une fois et dire « Ah ben ça répond pas, il n’est pas intéressé. ». Non, on sait tous que même nous, on n’a pas le temps de répondre à tous les messages et à tous les mails. Et des fois, on le voit, on se dit qu’on va répondre le lendemain et on oublie. Ce n’est même pas qu’on est pas intéressé. Ce n’est pas qu’on a pas envie de répondre. On est pris par beaucoup de choses et donc il faut relancer et trouver le bon moment pour voir ce que pense vraiment la personne. Il ne faut pas faire de l’analyse car elle n’a pas répondu. Non, il y a peut-être d’autres raisons. Donc il faut aller au bout et essayer encore et encore. Et c’est vrai que j’aime bien faire beaucoup de choses. J’aime bien me lancer et j’ai beaucoup d’idées. Et c’est ça aussi le voyage. Le voyage te libère l’esprit et te ramène de nouvelles idées. Et aussi ce que tu vois, qui est différent ailleurs, t’offre de nouvelles idées fait que je fais beaucoup de chose.

J’ai rencontré une femme extraordinaire à Strasbourg qui m’a dit : il faut que tu fasses une chaine YouTube. Et 3 jours après, j’avais une chaine YouTube. J’avais trouvé le nom, j’avais commencé à faire des vidéos. J’avais enregistré 10 vidéos – préparées et montées. C’est ça quoi. Après oui, ce n’est pas facile. Parce que le voyageur optimiste, c’est le nom de ma chaine. Je n’ai pas énormément d’abonnés et pourtant ils voient tous mes réseaux, contacts, etc. Mais les gens ne vont pas sur cette chaine YouTube. Bon … Je ne sais pas trop comment ça fonctionne. Mais, ce n’est pas grave. Il faut faire les choses mais pas forcément pour les chiffres, le nombre d’abonnés, le nombre de like … Il faut le faire car on aime et qu’on a envie de partager. Et moi, c’est ce que je dis souvent : ok, on a fait 150 interviews dans le monde, Canal+, TF1, etc. 2 millions d’exemplaires. A Calcutta on est passé dans le journal. On essaie de rester humble, parce que ça, c’est le message du voyageur. On est tous pareil. Et surtout, ce qui est important pour nous, que ce soit dans les médias, dans notre livre, dans notre chaine YouTube, au théâtre, c’est que tous ces moyens sont des moyens de faire passer des messages positifs, de paix, d’amour, de générosité, d’entre-aide. Et c’est ça qu’on aime.

Oui, sur ton site internet d’ailleurs, j’ai vu que le crédo c’est : « Do what you want but with love ».

 

Do everything with love. Tout faire avec amour, c’est ça qui est important.

Alors, tu as dit quelque chose qui m’a beaucoup plu qui est : tu fais plein de choses. Mais oui, c’est ça qu’on voit en toi. Tu es auteur, conférencier, photographe, aventurier, vidéaste, humaniste, pilote de drone. Rien que ça. Mais à l’école pourtant, on nous dit de chercher un métier et une fois que vous avez le métier vous êtes tranquille. Est-ce que c’est possible ça de faire tant de choses ?

 

Il y a tellement de gens qui ont fait des études et qui ne travaillent absolument pas dans les études qu’ils ont faites. Mais ce n’est pas grave. Les études, c’est beau. Il faut toujours étudier. Et j’aimerais parler un peu de l’école, parce que à l’époque, mon père ne connaissait pas l’école. On lui a dit : « Tu veux aller à l’école ? ». Et il a dit : « Mais c’est quoi ? ». Ils lui ont dit que c’est là qu’on apprend à lire et à écrire. Donc mon père, n’est pas d’une époque où il ne savait même pas ce que c’était l’école et il y est allé pour devenir finalement instituteur à une époque où aujourd’hui je pense qu’on a plus besoin de l’école. C’est-à-dire qu’à l’époque, on avait besoin de ce professeur qui avait le savoir et on allait vers lui pour l’entendre et l’écouter. Aujourd’hui, Harvard, la meilleure université du monde, et beaucoup d’autres spécialistes, partagent leur connaissance sur internet. Nous malheureusement, on passe notre temps sur les réseaux sociaux accaparés par des choses futiles. Mais internet nous offre le savoir. Donc si on va chercher différemment et qu’on utilise différemment internet, on peut apprendre plus qu’à l’école. Mais il faut savoir le faire. Donc aujourd’hui, internet nous offre la chance de pouvoir apprendre tout le temps. Donc pas ce que l’on apprend à l’école. Et encore aujourd’hui, j’ai soif d’apprendre et j’invite tout le monde à essayer d’apprendre quelque chose de nouveau tout le temps. C’est important. Et aussi de changer ses habitudes.

Changer ses habitudes.

Alors, durant tous tes voyages, en Ethiopie, au Sahara, le tour de la France en 2 chevaux, le tour du monde … Est-ce que tu peux nous partager des belles rencontres ? De belles histoires et des émissions qui t’ont vraiment touché mais qui sont pour l’instant pas encore partagées ?


Alors, c’est vrai que le cerveau va souvent dans les histoires les plus racontées car plus tu les racontes et plus elles sont proches donc c’est toujours difficile de trouver des histoires pas trop racontées. Je vais raconter l’histoire qui me vient à l’idée. C’est l’histoire d’Yves Tekar que l’on rencontre en Inde. Et en fait, on cherche le city center. On est à Calcutta, on fait le tour du monde en 80 jours. On arrive à Calcutta, une mégalopole. On demande le city center et on se retrouve une heure plus tard à l’extérieur de la ville. Pourtant, on a demandé 15 fois. Et on nous dit : « c’est à gauche. ». On voit un centre commercial, le nom : « City Center ». On y va quand même pour aller aux toilettes et on rencontre deux gars qui nous disent comment aller chez Yves Tekar. Ils nous payent le taxi. On se retrouve chez Yves Tekar. Et donc c’est un indien qui travaille à Calcutta, qui a une entreprise, qui vient d’avoir des jumeaux, ces parents sont venus le visiter et il nous emmène au journal puis manger. Et là, on lui dit : mais comment tu fais pour avoir tout ce temps ? Il me dit : « chez nous, la plus belle chose que l’on peut offrir à l’autre, et surtout à nos invités, c’est le temps. ». Et là, dans ma tête, explose le nombre de fois où j’ai dit : « Je n’ai pas le temps. ». Et je me suis promis de ne plus jamais dire cela. Donc je prends le temps avec les gens.

Comme cette interview. Tu prends le temps alors que tu es très sollicité car on est en plein festival. Donc merci pour ça aussi. Namaste. Alors, est-ce que tu as envie pour cette interview de partager une leçon de sagesse personnelle ?

 

Il faut changer ses habitudes et c’est très difficile car l’inconscient est tellement habitué que quand on se lève le matin on fait toujours le même rituel. Quand on conduit sa voiture, on ne se rend même plus compte. Et il y a plein de chose comme ça que l’on fait tout le temps. J’ai fait un jeûne thérapeutique de 7 jours sans manger. J’ai rencontré plusieurs fois des amis et des gens qui m’ont parlé de ça et ça m’a inspiré. Et c’était extraordinaire. Et je pense que n’importe qui va faire ça, qui ne boit que de l’eau pendant 7 jours, va apprendre quelque chose de nouveau par rapport à sa vie. Mais imagine. On a mangé tous les jours 3 fois par jour. Mais entre les repas on prend un biscuit, un chocolat, un thé … On mange tout le temps. Et là, rien. C’est un changement total dans ta vie. Tu ne vas pas faire tes courses, tu ne vas pas cuisiner, tu ne vas pas faire la vaisselle, tu ne vas pas manger. Tu as beaucoup plus de temps et le rythme de vie quotidien, il change aussi. Ça chamboule totalement ta vie extérieure et intérieure. Et ça, c’est vachement intéressant. Surtout que le cerveau et l’inconscient ils te disent de manger car tu n’as pas mangé alors qu’il est midi ou 14h. Et toi, tu ne manges pas. Aller au-delà de ça c’est donc intéressant mais surtout ça purifie le corps. Et c’est beau et pour moi, ça a changé plein de choses. J’ai réfléchi, pour la première fois de ma vie à : qu’est-ce que je vais donner à mon corps ? Qu’est-ce que je vais manger maintenant ? Et ce qui est extraordinaire, c’est que, après 7 jours, j’étais seul à la maison, je me suis mis devant la soupe. J’ai mis 30 minutes à déguster ma soupe. 30 minutes de bonheur. Et comme je n’avais pas de goût, parce que j’avais eu que l’eau pendant une semaine, de redécouvrir le gout, j’en ai pleuré. J’ai pleuré face à une soupe. Et pouvoir être heureux en mangeant une soupe, c’est un grand moment. Et je souhaite que tout le monde puisse apprécier les choses simples de la vie tous les jours : se rappeler qu’on a la chance de se laver et de manger tous les jours. De dormir sous un toit, c’est aussi une grande chance.

C’est un très joli mot de fin. Merci à toi pour tout ce partage et ces expériences. Et puis donc évidemment, je vous invite à vous abonner à sa chaine : « Le voyageur optimiste », pour aller découvrir plus de ces voyages. Vous pouvez aussi vous procurer son livre par exemple. Et évidement aussi vous abonner à la chaine Woman on Tour et faire partie de ces personnes atypiques et originales qui veulent évoluer.

Merci à vous. Merci Muammer.

Ciao.