/, Interview/🚶‍♀Fabienne BODAN : interview d’une pèlerine

🚶‍♀Fabienne BODAN : interview d’une pèlerine

Ceci est la version écrite de l’interview vidéo réalisée avec Fabienne Bodan ; interview que vous pouvez regarder sur ma chaîne youtube Woman On Tour.

Bonjour à vous et bienvenue. On attendait plus que vous pour commencer cette interview. Avant de vous présenter notre invitée d’aujourd’hui, pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, je suis Marie-France, plus connue sous le nom de Woman On Tour, le nom de cette chaine. Donc dans la playlist interview, j’aime bien aller à la rencontre de grands voyageurs, de personnes atypiques qui ont à un moment donné changé leur vie grâce à des remises en question.

Et aujourd’hui ne déroge pas à la règle, la personne que vous aller rencontrer a fait plus de 4000 km à pied sur les chemins de Compostelle et les chemins de pèlerinage du monde. Ce n’est pas rien. Elle a sortie aux éditions Ouest France ce livre : « Guide des chemins de pèlerinage du monde. ». Mais ce n’est pas de la randonnée pure et dure dont on va parler aujourd’hui mais de chemin au sens propre et au sens figuré parce que si la vie est sacrée, Fabienne en sait quelque chose puisque en fait, dans sa vie, à l’âge de 35 ans elle a frôlé la mort, et d’autres évènements en plus de celui-là ont fait qu’elle a fait beaucoup de transformation dans sa vie. Mais elle va vous en dire plus elle-même.

Bonjour Fabienne. Merci d’être avec nous aujourd’hui.

Merci Marie-France. Merci de m’avoir invitée.

Est-ce que tu pourrais, s’il-te-plait, pour les personnes qui sont avec nous aujourd’hui, te présenter avec tes mots ?

Alors, je vais me présenter de manière aussi atypique que ce que je suis vraiment. C’est-à-dire que je suis un électron libre intuitif. Je crois plus dans la vie au développement de différentes capacités qu’à la faculté de l’individu à rentrer dans des cases. Parce que pour moi il n’y a pas deux individus identiques : chaque individu cumule et accumule des expériences. C’est pour ça que je me définis comme ça. Alors pour donner des choses un petit peu plus concrète, je suis femme de communication, journaliste et bloggeuse. Je suis passionnée de voyage depuis mon adolescence. J’ai fait un tour du monde et je suis pèlerine et randonneuse sur les chemins de Compostelle et les chemins de pèlerinage du monde. Je suis également énergéticienne puisque suite à la maladie que j’ai contracté à l’âge de 35 ans, j’ai étudié la cause des maux et des maladies. J’en ai développé des capacités de soin et d’accompagnement des autres dans leurs interrogations profondes.

Tu es partie faire ton chemin à Compostelle en 2012, c’est ça ?

 

Je suis partie le 5 mai 2012. Ce sont des dates extrêmement marquantes – tout comme l’expérience qui a suivie. Je me plais à dire que je n’étais ni randonneuse ni pèlerine. Alors, je marche beaucoup lors de mes voyages car j’aime bien visiter les villes, etc. Je visite beaucoup à pieds. Mais je ne me qualifiais pas comme randonneuse. D’ailleurs ma grande interrogation quand je suis sortie de la cathédrale du Puy-en-Velay était : est-ce que je vais y arriver ? J’ai 1500 kilomètres devant moi. Je n’ai jamais fait ça. Je ne suis pas particulièrement entrainée même si relativement sportive. J’avais – comme beaucoup d’ailleurs – des grandes craintes. Mais, si je témoigne de ça, c’est aussi pour dire à ceux qui se posent les mêmes questions. C’est-à-dire ceux qui ont très envie de partir sur ces chemins – où d’autres chemins de randonnée – qu’il ne faut pas avoir peur. Si vraiment vous sentez que vous avez envie de partir, le manque d’expérience n’est pas très grave. Vous allez faire votre expérience en chemin. Evidemment, dans ces cas-là, il ne faut pas faire trente kilomètres le premier jour. Mais vous allez faire votre entrainement sur le chemin. Si vous marchez 5 ou 10 kilomètres par jour : ce n’est pas grave. De toute façon, c’est votre histoire et vous ferez votre entrainement en chemin. Et si vous écoutez votre corps et les signes sans dépasser vos limites, vous y arriverez. C’est pour ça que je dis ça. J’étais au départ ni randonneuse, ni pèlerine. Maintenant après 4 000 kilomètres, est-ce que tu peux toujours dire que tu n’es ni randonneuse ni pèlerine ? … Je vous laisse juger.

Quel genre de transformation intérieure peut-on vivre quand on est, comme tu aimes le dire dans ton livre, ni randonneuse, ni pèlerine ?

Alors, dans cette expérience vers Compostelle, il y a la dimension supplémentaire de la marche. C’est-à-dire le rapport avec le corps et avec l’exercice quotidien. L’immersion dans la nature : car on est en permanence dans la nature et donc parfois aussi en proie aux éléments extérieurs. C’est-à-dire que l’on peut marcher sous le soleil et 35°C. On peut marcher dans le froid, sous la pluie pendant des jours. Certains marchent dans la neige. Moi ça ne m’est pas arrivé. Et donc il y a la dimension exercice physique et parfois aller jusqu’au bout de soi-même et de ce que l’on est capable de faire. On apprend en chemin à bien écouter son corps pour ne pas dépasser ses limites. Parce que je dis souvent que l’essentiel, c’est d’arriver à St Jacques de Compostelle mais en bon état. Car, je peux vous assurer que certains arrivent vraiment en piteux état physique. Et avec des blessures dont ils mettent parfois 6 mois ou 1 an à se remettre. Et donc là, à mon sens – après chacun vit l’expérience qu’il a envie de vivre – on n’est pas là pour se détruire mais pour se reconstruire, pardonner …

Justement, est-ce que toi tu pourrais nous partager, une, deux, trois prises de conscience que tu as eu sur toi, sur la vie ?

C’est qu’à chaque fois que je reviens de ces chemins – je suis partie 6 fois sur des chemins de distances variables – je reviens toujours avec plus de force et je la sens physiquement. Mais c’est une force intérieure, c’est-à-dire que … Je ne sais pas bien l’expliquer. Ça ne veut pas dire que je vais pouvoir aller casser plus de cailloux mais c’est comme une force intérieure et une force d’affirmation de ce que je suis vraiment. Les chemins de Compostelle, c’était pour moi une suite logique : le troisième grand évènement de la vie. J’ai eu une maladie de hodgkin : un cancer des ganglions lymphatiques à l’âge de 35 ans – ce qui est jeune pour cette maladie et aussi dans la vie. J’avais déjà eu 2 grandes expériences de vie qui m’avaient fait beaucoup réfléchir sur le sens de ma vie. Trouver un certain nombre de réponses. J’avais donc déjà eu deux évènements extrêmement transformateurs. Peut-être que comparé à d’autres personnes, la transformation a été moindre ou moins catégorique. Car il y a des gens, après le chemin de Compostelle, qui change complètement de vie. Moi je l’avais fait après mon tour du monde. Et encore après ma maladie.

Tu as eu 3 manches ?

Voilà. Donc c’était la troisième et il y en aura peut-être d’autres. Et donc, pour rebondir sur ta question de tout à l’heure : en quoi les chemins de Compostelle m’ont transformé. Quand je suis rentrée des chemins, on m’a demandé de communiquer et d’écrire sur mon expérience sur les chemins de Compostelle. J’avais été journaliste spécialisé dans les technologies de communication : j’ai créé un site internet qui s’appelle pelerinsdecompostelle.com. Je me suis rendue compte qu’il y avait un vrai phénomène dans le monde entier. C’est-à-dire que les pèlerins, quand ils rentrent de leurs expériences en Europe, quels que soient les pays du monde, créent des associations pour se regrouper et parler de leur expérience mais aussi pour donner des informations aux prochains candidats au départ mais souhaitent retrouver l’atmosphère dorée et particulaire de ces chemins. Et, ils se lancent donc dans des recherches historiques, dans leur propre pays, sur d’ancien chemin de pèlerinage qu’ils réhabilitent, ou sur des personnages qui ont marqués spirituellement le pays. Ils peuvent créer de toutes pièces de chemin sur les traces de ces personnages-là. Et donc, je me suis rendue compte de ça début 2016 quand j’ai créé cette revue de presse internationale et là, je me suis dit : il y a un vrai phénomène mondial et donc il y a matière à faire un livre sur le sujet. Donc ça a commencé comme ça. J’ai collecté, de manière assez passive, au fil de mes revues de presse, les noms des chemins et les informations sur les chemins. J’ai présenté le dossier à un éditeur en novembre 2017. Mon projet a été accepté immédiatement et je me suis alors lancée dans une recherche plus active. Je n’ai pas la prétention d’avoir une liste exclusive, mais j’ai quand même collectée des informations sur un bon millier de chemins. Il y en a 800 dans celui-ci.

Guide des Chemins de Pèlerinage du monde. Un livre publié aux Editions Ouest France en Octobre 2018.
Auteur: Fabienne Bodan. Illustratrice: Morgan Grandard

C’est titanesque comme collecte d’information.

 

C’était un travail titanesque, effectivement. Surtout que j’ai souhaité qu’il sorte en 2018. C’était un pari avec l’éditeur qui m’a suivie sur le sujet. Mais du coup, j’avais dix mois pour le réaliser, ce qui était vraiment très peu.

C’est vrai qu’on peut le dire, tu en parles dans l’introduction de ton livre, en 2018, pendant l’écriture de ce livre, tu as perdu ton papa de façon très brutale. Tu as donc dû assumer la sortie de ce livre.

Comment as-tu fais pour trouver le courage et la force intérieure pour pouvoir continuer ce travail ?

Effectivement, mon père est décédé 3 semaines avant la remise supposée du manuscrit – sachant que j’avais déjà un délai très court pour réaliser ce livre. Donc je n’avais pas de marge. J’ai arrêté de travailler pendant 3 semaines et mon éditeur m’a dit avec beaucoup d’empathie pour autant : « on ne peut pas différer la diffusion de ce livre car tout est déjà enclenché. ». Je lui ai donc dit « D’accord, mais je ne sais pas si je vais y arriver. ». Je ne savais pas comment j’allais retrouver la force et réussir à me concentrer. Je ne sais toujours pas comment j’ai fait. J’ai eu la chance d’avoir de très bons amis qui ont été présents et qui m’ont secondé auprès de ma mère. Je suis fille unique donc je me suis retrouvée avec toute la gestion de la situation sur les épaules. Et donc, j’ai eu la chance d’avoir ces très bons amis qui m’ont dit : « ne t’inquiète pas, on est là et on va venir tenir compagnie à ta mère donc ça va te permettre de travailler. ». Car je devais travailler 14 ou 15 heures par jour : jusqu’à épuisement. Je ne sais pas. Je pense que j’ai été aidé par ce que j’appelle les forces supérieures. Je pense que comme disent les pèlerins : St Jacques nous fait des clins d’œil. Ce n’est pas possible autrement surtout dans ces conditions morales, émotionnelles et très traumatiques. Et dans le délai qu’il me restait. Je pense que dans la vie, on se sert de toutes les connaissances que l’on a pu acquérir et donc là pour le coup, je me suis servie de ma connaissance dans la gestion des émotions. Et donc en particulier des élixirs floraux et minéraux. Beaucoup d’entre vous connaissent surement les fleurs de Bach. Il y a d’autres gammes d’élixir. Et les huiles essentielles en olfacto-thérapie qui sont d’une puissance extraordinaire. D’ailleurs, j’ai découvert leur puissance même si je le savais intellectuellement car c’était la première fois que je perdais mon père. Donc je me retrouvais dans cette situation et j’ai pu mesurer la puissance pour la gestion des émotions. C’était phénoménal. Je pense que dans la vie, plus on accepte de vivre des expériences atypiques que l’on n’avait pas prévues, plus on développe sa capacité d’adaptation et plus on prend confiance en notre capacité de gérer des émotions qu’on a jamais vécues et donc moins on a peur.

Une des questions que j’aime poser dans mes interviews, c’est : comment on fait pour garder les bénéfices du voyage ? Comment on ramène ça dans notre quotidien et dans notre sédentarité ?

Alors, je vais te répondre par une anecdote.

Quand j’ai appris que j’étais malade, je me suis dit : « bon … Ok. ». Mon état était grave quand même et j’ai réfléchie et comme je suis quelqu’un de très organisée, je me suis dit : « Je vais écrire le discours pour mon enterrement, comme ça je suis sûre de ce qui sera dit…». Très rapidement, je me suis dit : « si tu pars comme ça, c’est sûr que tu vas y aller. ». Donc, tu vas te mettre des pensées positives dans la tête. On a tous peur de la mort quand on annonce une maladie grave, mais là, sont revenus les enseignements essentiels de mon tour du monde qui était de vivre l’instant présent et essaie de te faire plaisir chaque jour même si c’est 5 minutes. Car quand on est sur un lit d’hôpital, un peu comme un légume parce que l’on est anéantie par les traitements qui nous laisse sans force mais qu’on a quand même le cerveau qui fonctionne, on peut ne serait-ce que penser à un moment de notre vie où l’on a été heureux. Vous pouvez visualiser et vous remémorer les souvenirs pour retrouver l’émotion de plaisir qui allait avec. Et ça, c’est souvent ce que j’ai dit aux gens que j’essayai  d’aider : commencez par vous obliger à vous faire plaisir 5 minutes par jour. Souvent, les gens me regardent l’air de dire : « Euh … 5 minutes, même ça, je n’y arrive pas. ».

J’ai donc retrouvé mes enseignements du voyage dans cette situation d’urgence et d’extrême. Je les ai appliqués, et tous les jours, ça a duré pendant les 8 mois de mon traitement. Tous les jours je me mettais du positif dans la tête pour aller contre des pensées négatives qui pouvaient être un air de musique qui me plaisait, etc. Et après, 5 minutes sont devenues 10, puis 15. Le but du jeu étant d’arriver chaque jour à se faire plaisir pendant 24 heures. Le but est que tes activités, même tes activités rémunératrices – ton travail, te fassent plaisir. Parce que la seule chose tangible, c’est l’instant présent et le corps. C’est pour ça que je suis très à l’écoute du corps. C’est aussi ce que cette expérience de vie m’a appris, et ça, je le mets en pratique sur les chemins. Quand mon corps me dit quelque chose, je l’écoute et je ne force pas pour aller plus loin. Je conseille d’écouter.

Par exemple, j’ai eu une tendinite sur mon premier chemin. J’avais une problématique à régler : courrier à expédier pour expliquer des choses et je n’avais pas osé. Je l’avais laissé chez une amie à qui j’avais laissé ma voiture et je marche. Au bout de 3 jours, tendinite. Je ne pouvais plus poser le pied par terre. Et là, je me suis dit : « Ma fille, si tu veux aller à Compostelle, tu as intérêt à d’abord poster ton courrier et à résoudre ta problématique. ». 

Pour toi c’est évident que tendinite et courrier était liés ?

C’était lié à ce contexte oui. C’était évident. Je n’osais pas le faire. C’était une problématique qui s’était posée depuis des mois, que je n’arrivais pas à régler : une problématique relationnelle. Et donc, mon corps m’a dit : maintenant tu le règles ! Sinon tu ne vas pas plus loin. Je ne pouvais plus poser le pied par terre. Ça, c’est de l’instant présent. Ton corps te ramène toujours à l’instant présent : si tu as mal quelque part, ça t’empêche de faire quelque chose. Donc c’est très concret.

D’ailleurs, je vais rebondir là-dessus parce qu’effectivement, à la suite de cette maladie, tu t’es spécialisée dans l’étude des causes des maladies.

Toi, concrètement, à chaque fois que tu as mal, tu te questionnes sur le sens et le contexte et à chaque fois, le fait de comprendre de contexte fait bouger les choses ?

Ah oui, complètement. Pour un rapide historique, après cette maladie, je me suis dis : « Bon, il faut que tu réfléchisses à ce qui s’est passé. ». Car pour moi, il n’y a pas de hasard. J’en étais intuitivement convaincue, mais plus j’ai étudié ces maux et ces maladies – dans le sens plus large les disfonctionnements humains. On peut ne pas être malade physiquement mais avoir des soucis relationnels, dans nos activités, etc. Toutes sortent de problématiques. On peut élargir cela aussi au dysfonctionnement collectif. J’ai progressivement élargie ma recherche au dysfonctionnement collectif puisque l’être humain s’inscrit dans un tout : dans différents groupes qu’ils soient familiaux, professionnels dans une nation, dans un continent. Et puis après, sur la Terre et, je pense que l’on n’est pas seul dans l’univers, mais ça, c’est ma conviction profonde. Et donc il y a des interactions entre les différents modes de vie. Je n’aime pas trop quand on parle de « petits hommes verts » car c’est très réducteur, mais je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas d’autres intelligences. Je parle d’intelligence, car c’est ça qui m’intéresse. Ce n’est pas la forme physique mais le fond et la connaissance qui peut être échangée entre deux intelligences – quelle que soit la manifestation physique.

Donc chaque maladie a donc pour toi un sens profond et une intelligence ?

Oui.

Ce n’est pas facile à entendre quand on en est pas à ce stade de compréhension. Pour nous, on se sent victime de nos problèmes physiques.

Alors ça, d’autres l’ont étudié avant moi et je l’ai intégré car à force de l’expérimenter sur mon propre corps et dans l’observation des dysfonctionnements des autres, c’est pour moi une intime conviction. Je n’en ai pas la paternité ou maternité car notamment les médecines orientales – chinoises, etc. – ont depuis plus de 6000 ans décrit les liens entre les émotions, les circuits énergétiques dans le corps, la psychologie de l’individu et les manifestations physiques. Ce sont des interrelations entre l’émotionnelle et le physique.

Pour simplifier, on peut parler de deux grands niveau de conscience : la conscience supérieure et la conscience ordinaire. La conscience supérieure d’autres l’appel l’âme, Dieu, les guides, etc. C’est pour moi notre véritable intelligence et qui est quelque chose qui se manifeste de différentes manières. Donc ça se manifeste par le corps. Pour moi, les maux du corps sont l’expression d’une disharmonie entre la conscience supérieure et la conscience ordinaire.

C’est quoi la conscience ordinaire ?

Là aussi … Il peut y avoir une bataille. Certains sont beaucoup plus qualifiés sur le vocabulaire que moi pour ça : des psychologues, des psychanalystes, etc. Je dirais que la conscience ordinaire, c’est le mental. La partie conscience : certains disent le conscient et l’inconscient. Voilà. Moi je ne veux pas entrer trop dans ce débat autour du vocabulaire.

Le mental rationnel.

Oui, on peut dire ça. L’âme, l’être intérieur, il se sert du corps. Quand elle veut vous dire : « Là tu ne vas pas dans la bonne direction et tu n’as pas pris la bonne décision. Vis cette expérience. Tu n’es pas dans la bonne émotion. Travaille sur ta colère, tes peurs, ta tristesse». L’âme va se servir du corps et des synchronicités. On a tous vécu des expériences où on se posait des questions sur un sujet quelconque, on monte dans sa voiture le matin, on va bosser. On allume la radio et ils répondent à notre question. On a tous vécu cela. Ou bien on se promène dans la rue et on retrouve quelqu’un que l’on n’a pas vu depuis un long moment et qui va nous parler du sujet qui vous préoccupe.

Je vais faire une petite parenthèse sur les chemins : j’ai le sentiment, et je n’en suis pas la seule, que sur les chemins, tous ces phénomènes énergétiques et de synchronisités sont amplifiés. Parfois c’est épuisant. Mais c’est d’autant plus transformateur car comme tout est amplifié par rapport à la vie courante, vous avez des chances, en partant sur ces chemins, d’être bousculé sur les problématiques, conscientes ou non, que vous avez à régler. En général, on se pose des questions avant de partir. Mais donc cela permet d’avoir un chemin de transformation plus rapide. Pour donner quelques outils par exemple : à la fin de mon traitement, j’ai 2 amis qui m’ont mis – sans être dans ces démarches – 2 livres entre les mains qui ont été capitaux pour moi. Le premier est : « Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi. » de Michel Odoul qui se base sur les principes de la médecine taoïste et sur son expérience de praticien de shiatsu. Et de façon beaucoup plus large que ça, il a travaillé sur les travaux de Yung qui a pris en compte la pensée orientale. Et le deuxième livre était : « Aïe, mes aïeux ! ». Donc on m’a mis dans les mains un livre sur la cause des maux et des maladies en fonction des zones dans le corps. J’ai accroché immédiatement. Depuis, à chaque fois qu’un livre sort sur le sujet, j’en achète un donc ma bibliothèque en est pleine. Et on m’a mis un livre sur la psycho-généalogie. Donc c’est-à-dire sur l’héritage trans-générationnelle dans nos vies et sur le fait que souvent on est comme dans une pièce de théâtre et on joue des scènes que nos ancêtres n’ont pas osées jouer pour des raisons qui leur appartiennent. Donc, on joue les scènes de nos ancêtres et donc on n’a pas le temps de jouer nos propres rôles.

Tu as souvent égrainé dans la conversation la notion de « regard des autres ».

Comment tu fais toi pour assumer qui tu es et braver le regard des autres ?

C’est quelque chose qui a été difficile pour moi car je me suis toujours sentie très différente. Mais la première des choses à faire est de travailler encore et encore sur soi pour accepter sa propre différence. Donc c’est vrai que des expériences comme celles que j’ai décrites, mais il y a tout un tas d’autres méthodes. Donc, à chacun de trouver la méthode qui raisonne en lui. Il y a un personnage très connu qui a dit un jour que pour réussir sa vie, il fallait avoir une Rolex à 50 ans. Bon … Vous avez sans doute compris que je ne peux pas partager ça. Pour moi, réussir sa vie, c’est tout faire pour comprendre réellement qui on est. L’identité véritable que l’âme est là pour nous enseigner. Ce n’est pas facile. Je ne peux pas vous dire que vous allez y parvenir en un claquement de doigts. Souvent, il faut passer par des expériences un peu délicates, voire traumatiques, parce que c’est là que vous allez vous poser des questions. Je m’en suis rendue compte avec les personnes que j’ai rencontrées.

On pourrait l’éviter je pense si on était en avance sur les compréhensions. 

Je suis persuadée qu’on pourrait l’éviter parce que ce qu’il faut dire et qui me semble important c’est que, avant d’arriver à un point de rupture – qui peut être une fracture, une maladie grave, un accident, un divorce, un burn out … Ce que j’appelle donc des points de rupture dont il est difficile de se relever, il y a toujours des signaux avant. S’il y avait une chose que l’on devrait enseigner aux enfants et qui est fondamentale pour moi, c’est justement d’apprendre à écouter les signes. Car les enfants sont doués pour ça. Les enfants de 2 ou 3 ans, ils sont encore très malléables et ils ont ça naturellement.

Ils n’ont pas de filtre.

Pour eux, c’est complètement naturel. Et donc, si on pouvait rendre un service aux futures générations, ce serait de leur apprendre à écouter les signes.

D’ailleurs, Michel Odoul utilise souvent cette métaphore : quand il décrit l’être humain, il décrit une calèche avec des vitres opaques et des rideaux noirs. Dans la calèche, il y a un passager et un cocher. Et donc, le cocher serait la conscience ordinaire et le passager serait l’âme et l’être intérieur, c’est bien le passager qui donne l’ordre au cocher d’aller d’un point A à un point B. Pas l’inverse. Donc j’aime beaucoup cette métaphore qui explique le fonctionnement de l’être humain.

Je fonctionne toujours comme ça et c’est pour ça que je disais au départ que je suis un électron libre intuitif. Alors, c’est électron libre dans le sens où, quand vous suivez votre intuition et que vous considérez que vous êtes un être unique au monde et qu’il n’y en a pas deux comme vous et qu’on ajoute et intègre les notions de réincarnation … Personne n’est obligé d’y croire, c’est ma conviction profonde. Chacun doit faire son chemin. Mais si en plus on intègre cette notion-là, on voit bien qu’il ne peut pas y avoir deux être identiques car il ne peut pas y avoir deux êtres qui ont vécu la même vie et la même succession de vie.

Donc pour moi, chaque individu est unique et il faut l’aider à comprendre qui il est vraiment et à avancer progressivement vers ce qu’il est vraiment et c’est pour ça que l’on ne peut pas avoir de cases. La société actuelle moderne veut nous mettre dans des cases et tout codifier mais chacun est unique. Sinon, il faudrait 7 milliards de cases. Sinon, on ne peut pas vous faire rentrer dans une case.

À quoi sert d’être intuitif ?

J’ai un critère et ça peut parler à tout le monde : si vous vous sentez à l’équilibre sur le plan mental, physique, énergétique et émotionnel, tout va bien. Vous n’avez pas de question à vous poser.

S’il y a un déséquilibre sur l’un de ces plans – ce n’est pas forcément les extrêmes émotionnelles mais ça peut être seulement un inconfort – ça vaut le coup de se poser des questions car ce n’est jamais confortable d’être en déséquilibre. Donc, dans ma vie, mes critères sont ceux-là. C’est-à-dire que tant qu’il y a un équilibre, ça va. Mais par exemple, quand j’ai une émotion : après 20 ans je suis dans une relative stabilité mais je vous rassure (ou pas) malgré tout ce travail, ça m’arrive encore d’avoir des états émotionnels forts et déstabilisants. Donc, je prends mon bâton de pèlerin ou mes bouquins ou mes élixirs ou mes huiles essentielles et je me connecte à ma conscience supérieure. Je lui dis : « qu’est-ce qui se passe encore ? On a déjà fait 4 000 bornes pour le pardon et j’ai bossé 20 ans sur plein de trucs … ». Parfois, c’est décourageant. Et tous les gens qui font un travail sur eux passent par des phases où ils disent : j’en ai marre. Ça sert à rien. Si j’avais su, je serais restée comme avant. Mais si on est persévérant, on pourra surmonter et rétablir l’équilibre. La vie est une question d’équilibre et donc on est en permanence en quête d’équilibre. Je dis souvent sur les pertes d’équilibre – de toute nature – que quand on commence à réfléchir au sens de sa vie et à essayer d’aller vers son essentiel, on est sur des déséquilibres avec des amplitudes importantes. Et progressivement, quand on travaille sur soit, l’amplitude du déséquilibre se réduit. Et après, à la fin, on est toujours dans une recherche d’équilibre – sauf peut-être pour les grands sages qui peuvent atteindre un équilibre parfait permanant mais pour moi, ça sera dans une autre vie. Mais même dans les discours des grands maitres, ils ont l’air d’être obligés de travailler sur eux, encore.

C’est ce qui permet de comprendre.

Mais par expérience et observation des autres, on atteint une amplitude de déséquilibre qui est réduite et donc pas aussi inconfortable. Et donc, quand on voit qu’on a un petit déséquilibre, il faut réagir immédiatement. Moi le grand enseignement de ce passage qu’a été la maladie, sachant que c’était complètement lié au reste de ma vie, etc. Ça a été que dès que ton âme se manifeste ou envoie un message, par quelques moyens que ce soit : quand le passager dans la calèche a quelque chose à te dire, écoute-le. Essaye de comprendre son message pour ré-établir l’équilibre. Si tu restes en déséquilibre, si tu ne fais rien pour rétablir l’équilibre, le déséquilibre va s’amplifier. Et moi, je me suis jurée d’essayer – je n’ai pas la prétention d’y arriver car ce n’est pas facile tous les jours mais d’essayer de ne plus retourner jusqu’à la rupture. Pour l’instant, ça fait quand même 20 ans – pour la petit histoire – que je n’ai pas vu de médecin. Non pas car je ne veux pas aller les voir mais parce que je n’en ai pas eu besoin. J’ai utilisé beaucoup plus de méthode naturelle – c’est mon choix – mais je ne suis pas dans l’opposition de l’autre approche. Au contraire, les deux sont très complémentaires.

Oui, 20 ans sans médecin, c’est chouette aussi.

Est-ce qu’on pourrait dire du coup que le premier pas pour réussir à se connaitre et à être confortable dans sa vie si on a un malaise, le premier pas serait d’aller marcher ?

Je ne peux que vous encourager à partir marcher sur les chemins parce que c’est une expérience hors du commun, comme les tours du monde. En tout cas, moi, je mets mes expériences sur le chemin au même niveau d’intensité et de plaisir, d’extraordinaire, que le tour du monde. Je ne pourrais donc que vous inviter à partir car vous retrouverez dans les chemins des valeurs qui, à mon sens, sont un peu en berne dans la vie de tous les jours : à savoir, de fraternité, d’authenticité, de solidarité. On ne laisse jamais un pèlerin sur le bord de la route – peu importe son problème. Ces chemins vivent grâce à tous ces bénévoles et c’est important de parler d’eux. La plupart du temps, quand les gens partent sur les chemins, ils estiment qu’ils ont tellement reçu qu’ils veulent donner à leur tour pour permettre à d’autres de partir. Et évidement, quand on marche 15, 20 ou 30 km par jour – certains grands marcheurs vont jusqu’à 40 ou 50 km par jour – donc évidement, quand vous avez 1 500 km à faire … Vous pouvez faire le calcul vous-même. Moi, ça m’a pris 71 jours la première fois. Donc ce sont 71 jours de budget. Tout est fait sur ces chemins, notamment sur les chemins les plus fréquentés, pour limiter au maximum les dépenses des pèlerins. C’est-à-dire, pour rendre la chose possible à tous, peu importe les moyens, il y a beaucoup d’anciens pèlerins qui deviennent bénévoles hospitaliers dans les auberges, accueillant dans les bureaux pour pèlerins. Moi je suis accueillante au bureau de St Jean Pied de Port. Dès mon premier chemin, je me suis dit je vais faire ça aussi. Eux, ils m’ont permis de vivre cette expérience hors du commun. Donc il est normal pour moi de donner à mon tour.

Merci beaucoup Fabienne car avec cette conversation on comprend bien tout ton univers et ça permet d’aller plus loin par rapport à ce livre. Ce n’est pas juste le recensement de 800 chemins. Ce livre, en fait, pour toi, c’est vraiment l’aboutissement de tout un cheminement de vie.  Donc chemin et cheminement, c’est ce qui est très intéressant à comprendre. Est-ce que tu veux, pour les personnes qui ont été interpelées par ton parcours, par ce que tu as dit et par ton livre …

Est-ce que tu veux partager sur ce qui va arriver dans ton actualité et comment acheter le livre ?

Guide des Chemins de Pèlerinage du monde. Un livre publié aux Editions Ouest France en Octobre 2018.
Auteur: Fabienne Bodan. Illustratrice: Morgan Grandard

Alors, pour le livre, j’ai créé un site internet qui s’appelle « chemin vers le sacré ». C’est un titre qui me tenait à cœur et que j’aurais aimé pour ce livre. Vous pouvez donc en apprendre un peu plus sur ce livre et le commander si vous voulez un exemplaire dédicacé. Sur ces deux sites, vous pouvez rentrer en contact avec moi. D’ailleurs beaucoup de gens me posent des questions très pratiques sur les chemins. Donc surtout, n’hésitez pas. J’ai aussi une page Facebook qui s’appelle « pèlerin de Compostelle ».

Il y a d’autres livres aussi en perspective si on a bien compris. Tu as des manuscrits de prêts.

Oui, tout à fait. Ils ne sont pas tout à fait terminés mais disons qu’il y a deux grands domaines sur lesquels j’aimerais continuer à m’exprimer, comme vous l’avez compris et sans ordre de priorité : les chemins de pèlerinage et aussi bien sûr les causes des maux et des maladies et donc comment un évènement de rupture dans sa vie peut permettre une transformation et comment aider les gens à comprendre le sens de leur vie et à avancer vers leur être véritable.

Ce sera le mot de la fin. Tu as partagé énormément. Merci infiniment Fabienne.

Je crois que j’ai été bavarde. Comme d’habitude. Merci à toi Marie-France de m’avoir permis de m’exprimer et merci à vous tous. J’espère vous avoir donné envie de vous intéresser à ces différents sujets.

Merci à vous d’avoir été là. On vous retrouve sur les sites de Fabienne et sur Woman On Tour, dans la playlist interviews pour découvrir plein d’autres interlocuteurs.

By |2019-09-06T11:06:18+01:00septembre 6th, 2019|Changer de vie, Interview|0 Comments

About the Author:

Marie-France Marchand alias Woman on tour est devenue Experte dans l’art de mettre en œuvre le changement. Hypersensible et atypique, elle est passée d’une crise existentielle à une émancipation authentique via un processus de transformation intérieure, incluant expériences initiatiques et tour du monde. Maître praticienne en Hypnose Ericksonienne, Pranathérapeute, formée auprès de coachs Canadien&Américain, Bouddhiste et en évolution perpétuelle, elle accompagne ses clients dans un voyage intérieur où émotions et spiritualité sont ses valeurs essentielles.

Leave A Comment