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Interview de Caroline Moireaux qui a fait le tour du monde en stop pendant 8 ans

Caroline Moireaux a fait le tour du monde en stop durant 8 ans. 8 longues années riches et intenses sur la route. Dans cette interview, réalisée dans sa 5ème année de voyage, alors qu’elle était en Alaska, Caroline nous livre sa vision de la vie.

– Cette interview est la version écrite d’une interview vidéo que vous pouvez consulter en cliquant ici. –


MARIE-FRANCE : Bonjour à vous et bienvenue, on n’attendait plus que vous pour commencer cette interview. 😉 Je suis partie pour vous à la rencontre de voyageurs qui ont trouvé sur les routes leur cohérence intérieure et leur joie de vivre. Et je suis venue leur poser cette question : « Comment fait-on pour trouver cette cohérence au fond de soi, si on ne veut pas, ou si on ne peut pas autant voyager ? ».

Je suis Woman on Tour, globetrotteuse, thérapeute, et accompagnatrice de votre changement. Aujourd’hui je suis avec une personne extraordinaire, qui est partie, tenez-vous bien, depuis 2011 sur les routes du monde. Et ce n’est pas tant un voyage, c’est, comme elle le dit, un choix de vie. Donc elle est, elle a choisi le nomadisme comme mode de vie. Donc depuis 2011 elle est sur les routes du monde, elle choisit de voyager uniquement à pied, elle est l’auteur du blog « Pieds libres ».  Je suis vraiment heureuse d’avoir avec elle cette conversation, et avec vous également. Je vous présente Caroline MOIREAUX. Bonjour Caroline, comment vas-tu ?

CAROLINE MOIREAUX : Bonjour ! Ça va bien merci.

MF : Donc c’est un peu particulier, cette entrevue, je n’ai pas pu aller jusqu’à toi, parce qu’en ce moment tu es en Alaska.

CM : Exactement.

MF : Alors, la question que j’ai envie de te poser, c’est « Comment faire de sa vie un voyage, quand on a un rythme un peu « métro-boulot-dodo », comment faire pour la pimenter et lui donner la saveur du voyage selon toi ? »

CM : Mieux choisir en fait. C’est juste un choix. Y a beaucoup de gens qui me disent « ouah, t’as trop de la chance de voyager etc. »… En fait, c’est pas du tout de la chance, c’est un choix que j’ai fait à un moment donné, de partir et de faire ce voyage.

MF : On a toujours le choix en fait, à un moment donné.

CM : Ah exactement. T’as toujours le choix, et ce choix il n’appartient qu’à toi, personne peut le faire pour toi. Les seuls freins que tu as, c’est toi-même qui te les crées. Donc voilà, le choix il est en soi, et si VRAIMENT t’as envie de voyager, même si t’as le plus beau métier du monde, tu trouveras toujours une solution.

Donc les gens qui voyagent pas, je pense que c’est juste les gens qui n’ont pas vraiment envie, qui croient qu’ils ont envie, et qui n’ont pas vraiment envie. Moi j’pense que quand l’envie, elle est vraiment là, tu trouves une solution.

MF : Alors toi par exemple, avant le voyage, quelle était ta vie ? Etais-tu heureuse, ou pas, je ne sais pas ? Quel regard avais-tu sur ta vie, avant ?

CM : Ah mais moi j’étais tout à fait heureuse. J’étais ingénieur qualité, avant de partir. J’étais en banlieue parisienne. J’avais déjà fait un voyage en Australie deux ans avant, peut-être, je crois. Après j’avais repris un petit métier de serveuse avant de reprendre mon métier d’ingénieur qualité, et je pensais déjà repartir, mais je n’avais pas encore choisi à l’époque de faire un tour du monde à pied. C’est venu un beau matin, je me suis réveillée, et j’ai dit « moi aussi je vais faire mon tour du monde à pied ». Sur internet, j’avais vu qu’il y avait des gars qui faisaient ça, et j’étais là « mais ils sont complètement fous, enfin ils sont fous quoi, comment tu peux avoir l’idée de faire un tour du monde à pied, comment ça te vient ? ». Et un jour, peut-être… ouais deux à trois ans après que j’avais vu ce projet sur internet, j’ai voulu savoir un peu plus où ils en étaient. C’est là que j’en ai contacté un, et qu’il me dit « bah c’est trop génial, on passe bientôt sur « Envoyé Spécial », regarde l’émission » ; et moi j’avais déjà prévu de repartir en voyage sac à dos, sur une courte durée (comme j’avais fait en Australie il y a un an). Et un bon matin, je me suis dis « c’est mon tour de faire un tour du monde à pied ».

MF : Je voudrais revenir sur quelque chose que tu as dit. Moi je pensais que dans ta vie, y avait eu un élément déclencheur qui t’avait amenée à faire ce nouveau choix de vie, et toi tu as parlé plutôt que tu as surfé sur les blogs, tu es tombée sur des personnes qui t’ont inspirée, que tu as suivis, et ensuite tu t’es dit « maintenant c’est mon tour ». Peut-on dire que ça a été ça, ton déclencheur, aller à la rencontre de personnes qui t’ont inspirée ?

CM : Mon voyage en Australie était, comme pour la majorité des gens, déclenché par un événement fort, qui était le décès de mon papa, et où j’ai dit « ben là maintenant ras-le-bol, je me casse ».

Et là, j’avais pas du tout le même état d’esprit, j’étais triste bien évidemment, enfin j’étais complètement morte quand je suis partie en Australie. Mon voyage en Australie m’a fait un bien fou, et m’a apporté une joie de vivre incomparable, et donc du coup je pense que quand tu arrives à respirer encore après un tel drame, quand tu te remets à respirer, tu ne t’arrêtes plus après. Et quand tu te rends compte de la beauté de la vie, tu n’as plus envie de la lâcher après.

MF : Donc y a eu comme un éveil.

CM : Ah complètement.

MF : Alors l’éveil dont tu parles, je crois que c’est un peu le Saint Graal pour tout être humain, d’avoir cet éveil, cette joie de vivre profonde en soi. Alors, toi du coup, tu l’as trouvée en Australie, est-ce qu’on doit forcément attribuer l’éveil à l’Australie, ou est-ce que, en étant chez soi, on peut vivre la même chose ? Qu’est-ce que tu conseillerais par rapport à ça ?

CM : Alors, je pense que l’éveil, tu peux le trouver chez toi aussi, tu peux le trouver n’importe où, mais il va falloir qu’il soit déclenché par quelque chose. Toutes les personnes que j’ai rencontrées, et qui ont réussi à voir cette beauté de la vie, ça a été déclenché par quelque chose de dramatique à la base. Donc moi ça a été le décès de mon papa, y en a ça va être la rupture avec une petite amie, ça va être le décès d’un meilleur ami, ou un malheur, ou une maladie, une maladie qui t’arrive… Moi, ce qui m’a redonné vraiment le goût de la vie en Australie ce sont les gens.

Quand c’est toi, l’immigré, dans un pays qui n’aime pas les Français, et donc que c’est toi, le p’tit arabe du coin, je peux te dire que tu y réfléchis à deux secondes, et là tu te dis « wow, mais qu’est-ce que j’ai fait ? Tu vois moi je n’ai rien fait, pourquoi y a du racisme comme ça envers moi ? » Donc tu apprends beaucoup, tu apprends beaucoup sur les gens. Moi ce qui m’a ce qui m’a redonné le sourire, c’est une jeune fille, une Allemande que j’ai rencontrée, et avec qui on s’est mise à discuter du décès de mon papa pour je ne sais plus quelle raison, et elle a trouvé les mots, je ne saurais même pas te dire lesquels, et instantanément c’était fini. Je ne pourrais pas me rappeler ce qu’elle a dit, mais c’était profond, ça m’a touché profondément, et ça m’a apaisée, et à partir de ce jour-là, j’ai arrêté de pleurer.

Je pense que les gens, dans leur quotidien, faut qu’ils s’arrêtent, qu’ils regardent dehors et qu’ils respirent. Observer une fleur, une mouche, un insecte, n’importe quoi. Quand tu vois la complexité de ces choses-là, si t’arrives à réaliser à quel point c’est magique, et à quel point c’est bien fait, après tu vois plus le monde de la même manière.

MF : Alors tu parlais de découvertes sur toi-même, que tu as faites en Australie. Est-ce que tu peux nous partager, si c’est pas trop indiscret, une ou plusieurs découvertes sur toi-même ? Parce que c’est un peu mystérieux parfois. On se dit « qu’est-ce qu’on peut bien découvrir sur soi-même en voyage ? »

CM : C’est quelque chose que tu sens. Tu sens au fond de toi… Je perçois pas les choses de la même manière qu’avant ce voyage, par exemple. Donc… on en revient toujours au même, c’est un éveil qui se fait en toi, c’est un regard que tu portes sur la vie, sur le temps, sur les gens, sur l’amour, sur l’amour des autres, sur l’amour de toi-même… enfin voilà, tu te mets petit à petit à comprendre plein de choses, quoi. Et tu rencontres plein de gens extraordinaires, aussi ! Le tout premier conseil, avant même de penser à voyager, c’est d’arrêter de regarder la télé. Il faut vraiment arrêter de regarder la télé, et arrêter de regarder le JT. Ce n’est pas la réalité. C’est que du montage, ce ne sont que de fausses informations, non, ça c’est vraiment… la télé, faut arrêter.

MF : Est-ce qu’il y a une personne en particulier, ou peut-être pas, qui t’a touchée plus qu’une autre, et qui t’a transmis une petite graine en toi, que peut-être aujourd’hui t’aimerais nous partager ?

CM : Alors, des belles rencontres, j’en ai fait des millions.

MF : J’imagine, oui.

CM : Je pense que toutes les rencontres, oui toutes les rencontres que j’ai fait sont magiques. Toutes, elles ont leur étincelle, et à chaque fois… à chaque fois il y a toujours cette même émotion de… face à la générosité des gens, enfin c’est impressionnant. Donc toutes les personnes m’ont touchée. Maintenant pour citer un exemple, je vais t’en donner un, parce que c’est quelque chose qui m’avait énormément surpris. C’était au début de mon voyage, en Croatie, ça faisait pas tout à fait trois mois que j’étais partie.

Donc ça faisait trois mois que j’étais partie, et… comment c’est arrivé ? je sais plus cette personne… je crois que c’était un Couchsurfing. Ah oui parce que je fais aussi du Couchsurfing. Donc quand je suis dans les villes, je fais du Couchsurfing ; sinon je campe. Couchsurfing ça veut dire littéralement « dormir sur le canapé ». En fait c’est un principe de partage, ça n’a rien de sexuel, et ça n’a rien de financier. C’est-à-dire que moi, très souvent je vais chez des hommes toute seule, y a pas de problème quoi, c’est vraiment, c’est basé sur le partage et l’échange, l’échange d’informations, l’échange de tout. Donc on peut être hébergé par des gens qui n’ont jamais voyagé, et qui hébergent parce que justement ça les fait voyager, enfin y a vraiment tous les profils. Donc ce jeune homme était un Couchsurfer, et il vivait chez ses parents, il avait vingt-deux ans je crois, à l’époque. Et c’était une famille que moi j’ai beaucoup admirée, que j’admirais énormément. On est restés deux nuits, ou peut-être même qu’une seule, je sais même plus mais, on a tellement parlé, je crois que ça a duré toute la nuit. Je suis tombée en admiration devant cette famille. La maman était géniale. Les parents ne parlaient pas Anglais, mais moi je parlais un peu serbo-croate à l’époque. Et donc c’était une famille très ouverte. La maman était croate, le papa serbe, et ils étaient mariés. Donc c’était beaucoup de problèmes culturels, à cause de la guerre etc. Moi je les admirais pour le côté bio, ils mangeaient sainement, ils faisaient attention, ils recyclaient. Donc j’aimais bien ce côté écolo qu’ils avaient, et aussi spirituels. Ils étaient protestants, la maman était issue d’une famille catholique, mais elle s’était convertie au protestantisme, ils tiennent une église protestante. Le fils faisait des études de théologie. Donc moi j’avais trouvé cette famille protestante pratiquante très intéressante. Le papa était pasteur, s’intéressait à toutes les autres religions pour pouvoir avoir une connaissance sur toutes les autres religions. J’étais en admiration devant ce gamin, qui avait vingt-deux ans, et qui jouait déjà trois instruments de musique, qui parlait deux-trois langues, il me semble qu’il parlait Allemand ou quelque chose. Enfin voilà, j’étais vraiment en admiration. Et quand je suis partie, il m’a regardée droit dans les yeux, et il m’a dit : « Tu as changé ma journée ».

Et là je me suis trouvée vraiment bête, parce que c’est lui qui avait changé toute ma journée, tu vois. Et il m’a fait « tu vois, je suis super content de t’avoir rencontrée, parce que, de savoir qu’il y a des gens comme toi, qui font ce que t’es en train de faire là, je pensais pas que c’était impossible, et tu as changé ma vision… ma façon de penser ». Et je te jure, j’en ai pleuré, tu vois j’en ai les larmes aux yeux qui me reviennent parce que c’était vraiment magique.

MF : C’est très beau.

CM : Et, c’est lui qui avait changé ma journée, et toute ma vision de pensée… et toute cette beauté, cette famille, tout ce qu’elle avait vécue. Parce que forcément, en étant protestants, serbes, vivant en Croatie, ils ont eu des attentats à la maison etc., enfin c’était des trucs de fou. Donc vraiment cette famille était très particulière, très intelligente, très cultivée etc. et le mec, il arrive encore à me dire que je lui ai changé sa vision des choses, quoi. Et ça, ça m’avait marquée. Tu sais, je crois beaucoup au fait qu’il n’y a pas de hasard dans les rencontres. Et je pense que, les gens que tu rencontres, peut-être que tu sauras jamais pourquoi, peut-être que tu le verras jamais, mais y a toujours une raison. Et, le hasard, en fait je crois pas vraiment que le hasard, il existe, et… et ça veut pas dire qu’il faut être pessimiste, et dire « ah bah alors si tout est écrit, c’est bon, j’ai qu’à me tirer une balle maintenant ». Non, parce que ça n’a rien à voir, parce que ça n’empêche pas que les choses elles sont magiques, quoi. Et quand tu découvres, dix ans après, le bien-fondé de pourquoi t’as rencontré telle ou telle personne, je peux te dire que c’est rigolo. C’est pas le sujet de cette petite vidéo, mais j’ai des MILLIONS d’histoires encore, sur des coïncidences, qui sont tellement troublantes qu’elles en sont magiques.

la-prophetie-des-andes-de-james-redfieldAlors j’ai un énorme bouquin que j’aime beaucoup, qui est un roman donc il est très facile à lire. Les gens, ils en font ce qu’ils en veulent, qui s’appelle « La Prophétie des Andes ». Mettre photo Je le conseille maintenant quasiment tous les jours…
C’est écrit par un Américain, James Redfield. C’est l’histoire d’un jeune homme, c’est une histoire qui se passe au Pérou sur des trucs un petit peu bizarres etc. et en fait, petit à petit ce bouquin va te… voilà, va raconter une histoire, et notamment donc sur les coïncidences, et sur le fait de se connecter. Je vais pas trop en dire, parce qu’il faut que les gens, ils le lisent, mais…
Il peut être dur à lire… Je l’ai recommandé à un ami, que je pensais prêt, et qui apparemment a un peu de mal à le lire. Donc je pense qu’il faut le lire au bon moment. Donc moi je l’ai lu en rentrant d’Australie, c’était le parfait moment. C’était la première fois de ma vie que je finissais un livre, et que j’étais pressée… alors, je peux pas lire beaucoup hein, moi je lis jamais, donc au bout de 5 à 10 pages, je fatigue, donc j’arrête. Mais j’étais toujours impatiente de recommencer après m’être reposée. Et en fait avec ce bouquin, je me suis rendue compte que c’est pas que je n’aimais pas lire, c’est que j’avais jamais trouvé les bons bouquins ! Et maintenant j’aime lire, en fait. Donc j’ai lu « La Prophétie des Andes », « L’Alchimiste », « Le Petit Prince », enfin tu vois, tout ce genre de trucs, mais… voilà, donc « La Prophétie des Andes », il faut le lire au bon moment. Je pense que tu passes à côté si t’as pas déjà eu un certain déclic, quand même. Mais bon, les gens peuvent toujours commencer à le lire, au cas où mais… si des gens ont commencé déjà à percevoir un petit morceau d’éveil, je pense qu’ils peuvent se lire ce bouquin, parce que ça ouvre des perspectives, en fait.

MF : Alors, est-ce que toi, au quotidien, certainement comme tout un chacun, tu as des doutes, tu as des peurs, tu as des moments, peut-être de baisse d’énergie, pour ne pas dire baisse de moral ? Comment toi tu fais personnellement, tu fais pour avoir le punch ?

CM : Alors, cette question, c’est rigolo parce qu’on me l’a beaucoup posée, et moi je me l’étais jamais posée. Alors je dis « je me l’étais jamais posée » au passé , parce que c’est arrivé. C’est arrivé en Mongolie, après 3 ans de voyage, et pendant 3 ans, tout le monde me posait cette question. Elle m’agaçait, cette question, parce que j’étais là « mais… mais pourquoi tu veux qu’il y ait un truc qui va pas ? » enfin tu vois, je comprenais pas la question, en fait. Parce que ça m’était jamais arrivé, parce que j’avais jamais eu de doutes, parce que j’étais super bien dans ce que je faisais, et parce que j’avais toujours eu cet équilibre nature, rencontres, nature, rencontres. Donc je m’étais jamais trouvé dans cette position de « Oh, je suis fatiguée, il me manque quelque chose ». J’avais TOUJOURS eu mon équilibre. Et donc cette question, je la comprenais pas, et les gens insistaient : « Ah ben si quand même, y a bien des fois, où ça doit être dur et tout ça », « Bah, non. Enfin, honnêtement, non », « Mais y a bien des jours où, quand il pleut tout le temps » « Bah oui mais des jours de pluie, j’ai dû en avoir 5, en 5 ans de voyage ». Je sais pas pourquoi, la pluie, je l’ai évitée. Donc, quand il pleuvait, on était soit sous la tente, soit on était invités chez les gens. J’ai dû marcher que 5 fois en 5 ans sous la pluie, est-ce que t’imagines ? Et puis même quand il pleut, je veux dire c’est des choses que tu sais, qui vont arriver, ou quand t’as une tempête de quelque chose, tu sais que ça va arriver. Donc ce ne sont pas des galères pour moi. Donc ça a énervé un petit jeune qui me disait « Bah si, quand même, dans tes vidéos, t’es toujours souriante, c’est toujours que du positif, tu parles jamais des galères ». Mais parce que je n’en ai pas ! Les galères, c’est dans ta tête, c’est un état d’esprit. Tu vois ce que je veux dire. Qu’est-ce que tu vas appeler une galère ? Parce qu’il pleut, tu trouves que c’est une galère ? Bah, non, il pleut, c’est tout, je veux dire, c’est pas la fin du monde, il pleut. Y a des pays, ils ont la mousson, il pleut tous les jours. Donc c’est pas dramatique.

MF : Avant l’interview, sur ce sujet-là, tu m’as dit « les peurs effectivement, elles existent que dans nos têtes, et y a pas besoin d’avoir à les surmonter », parce que c’était ma question, « comment on fait pour surmonter les peurs », des fois simplement, la laisser passer en douceur, la laisser nous traverser, et c’est ok, c’est aussi bien.

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Caroline on tour 😉

CM : Alors moi, j’ai jamais eu peur dans ce voyage. Tu vois, y a beaucoup de gens qui me disent « Mais t’as pas peur ? », puis je leur demande « Mais peur de quoi ? » ; et en fait j’ai jamais eu peur parce que je me suis beaucoup préparée à ce voyage. Et même, je me suis préparée psychologiquement aux éventuelles agressions, aux éventuels viols, à plein de choses. Je pense qu’on peut jamais être bien préparé, mais au moins j’ai accepté que ça pouvait arriver. Et je pense que je n’ai pas peur parce que je les ai acceptées avant qu’elles arrivent, mes peurs, j’y ai déjà pensé, j’ai déjà réfléchi, et j’ai fait mes choix en conséquence. Mais oui, d’accepter que les choses puissent arriver, je pense que c’est super important, en fait. C’est comme la colère, c’est comme tous les sentiments. C’est « pourquoi tu devrais pas être en colère ? », d’accord, faut essayer de pas rentrer en colère, mais si la colère elle vient, eh ben faut l’accepter, et puis c’est tout. Et si la personne qui est en face de toi, elle accepte pas que tu sois en colère, enfin je veux dire après chacun doit gérer sa partie. Ça aussi, c’est quelque chose que j’ai beaucoup appris et que j’avais pas conscience avant, c’est que tu n’es pas maître de la réaction des autres. C’est-à-dire que moi j’ai beaucoup de problèmes de communication, par exemple, parce que je parle vite, parce que j’ai tendance à être agressive, parce que je suis directive, parce que je suis super active… Donc j’ai beaucoup de mal avec les gens… alors j’ai beaucoup pensé que j’avais un problème, et en fait je me suis rendue compte que j’avais pas du mal avec toutes les personnes, mais j’ai toujours du mal avec la même catégorie de personnes.

Donc en fait, est-ce que c’est moi qui ai un problème, ou est-ce que c’est les personnes qui n’acceptent pas ce que je dis, parce qu’elles le prennent mal, parce qu’elles-mêmes ont un problème avec elles-mêmes ? C’est important de se remettre en question, de toute façon, quoi qu’il en soit. Tous les jours je me remets en question, parce que tous les jours tu fais des erreurs. Donc faut quand même essayer d’améliorer son comportement, faut pas juste dire « bah attends je suis comme ça, les gens ils ont qu’à m’accepter ». Non, faut quand même aussi essayer de travailler sur soi, et d’améliorer les choses. Mais je pense que les gens, faut vraiment qu’ils comprennent que, quand quelque chose te blesse, c’est pas forcément l’autre qui t’a blessé, c’est ce que ça a réveillé en toi qui te blesse, et ça, faut vraiment que les gens ils en soient conscients. En fait, quand tu es blessé par quelque chose, faut pas en vouloir à l’autre, faut chercher en toi pourquoi ça te touche. Parce que c’est pas de la faute de l’autre, si ça te blesse. Parce que moi, tu peux me dire ce que tu veux, la majorité du temps ça me blesse pas, parce que je m’en fiche, parce que je suis bien dans mes baskets. Quand t’es à l’aise avec toi-même, t’es pas blessé par ce que te disent les gens. Donc si ça te blesse, ça veut dire que t’as un malaise en toi, et ça faut essayer de travailler dessus.

MF : Et là tu parlais des bonnes personnes, que tu pouvais être bien avec certaines personnes, et moins bien avec d’autres. Et je pense que c’est important de dire, pour ceux qui sont avec nous, l’importance de trouver sa communauté, de comprendre les personnes avec qui on connecte bien, avec qui on est bien, parce que c’est le but de la vie, je crois, non ?

CM : Ouais, et je pense qu’il faut pas s’en faire si en fait… si tu t’entends pas avec quelqu’un, faut pas forcer, c’est juste parce que t’es pas en connexion. Tu peux pas être en connexion avec tout le monde, parce qu’on n’en est pas tous au même niveau, tout le monde n’a pas les mêmes affinités, et tout le monde a ses problèmes personnels. Donc tu ne peux pas avoir des atomes crochus avec tout le monde. Donc ça, c’est aussi quelque chose effectivement que j’ai appris, c’est que tu ne peux pas plaire à tout le monde. Tu auras TOUJOURS des gens qui vont faire des réflexions, qui vont… et même moi avec ma page Facebook, tu verrais, j’ai des messages que je reçois, mais des fêlés, des malades mentaux complets, quoi. Je reçois des insultes, des trucs de malades. Et c’est qu’une minorité, mais des fois, y a des gens qui me parlent, et je trouve ça très indécent et mal placé, et si je le redis, j’en ai un qui m’a dit l’autre jour « oh encore une mal baisée, qu’est-ce que vous avez toutes les gonzesses, vous êtes toutes les mêmes, quoi ! »

MF : Wow.

CM : J’ai même pas répondu, parce que tu vois, j’apprends à plus répondre non plus. Avant je lui serais rentrée dedans, j’aurais dit « mais attends mais pour qui tu te prends, quoi ?! ». Maintenant tu vois, j’apprends à ne plus répondre, parce que je me rends compte qu’en fait c’est pas moi qu’il attaque, c’est lui-même qui a un problème avec la gente féminine. Avant, j’aurais pensé qu’il était en train de m’agresser, mais en fait c’est pas moi qu’il agresse, il s’agresse lui-même. Donc ça c’est aussi quelque chose que j’ai appris, et que je découvre, et j’apprends maintenant à plus répondre, tu vois. Parce qu’avant je me sentais agressée, alors que c’était pas le cas.

interview caroline moireaux

MF : Oui, oui.

CM : Et donc, c’est moi qui avais un problème, en fait, et qui pensais que les gens peut-être m’agressaient. Donc, tu vois, c’est quelque chose que j’ai aussi réussi à… en voyageant, t’apprends beaucoup de choses. Et je pense que ça devrait être obligatoire dans le cursus scolaire, quand tu fais des études, on devrait t’envoyer un an à l’étranger, ne serait-ce que pour voir c’est quoi d’être étranger, pour voir c’est quoi d’autres modes de culture, d’autres façons de vivre, de penser, de… de boire le thé, j’en sais rien.

Enfin tu vois, je pense que le voyage c’est une bonne thérapie pour plein de choses, c’est une bonne thérapie de la vie, pour apprendre c’est quoi la vie, et c’est aussi une bonne thérapie pour quand t’es vraiment malade, quand t’es en souffrance, si t’as une souffrance quelconque, je pense que de partir voyager, ça te permet d’ouvrir des portes que t’aurais peut-être pas pensé pouvoir les ouvrir.

MF : Est-ce que, pour terminer cette interview, tu aurais une leçon de sagesse à nous partager. Tu en as partagé beaucoup, alors, la dernière, la petite cerise sur le gâteau.

CM : Eh ben c’est d’écouter son 💜. Je pense que le plus important… parce que ça va résumer tout, ça va résumer les rapports avec les humains, et aussi le fait d’avoir le courage de partir. Faut écouter son cœur, c’est-à-dire que peu importe ce que les gens, l’entourage va dire, les amis vont dire, si vous avez envie de faire quelque chose, mais que ça soit n’importe quoi, que ça soit le voyage ou peu importe dans la vie ce que c’est : écouter son cœur. C’est important, parce que si tu ne t’écoutes pas toi-même, si tu ne te respectes pas toi-même, tu ne pourras jamais respecter les autres. Et tout passe par soi avant de passer aux autres. Tu ne peux pas partager si tu te n’es pas déjà donné à toi-même. Donc, pour en venir, parce qu’on en a parlé avant l’interview, le fait de s’aimer soi-même, c’est primordial. Si tu n’es pas fier de toi-même, si tu attends après les autres, non ! La première personne qui doit être fière de toi, c’est toi. Et si tu ne t’aimes pas, tu ne pourras jamais aimer les autres. Si tu ne t’aimes pas, tu vas toujours jalouser, critiquer, et tu vas toujours être blessé par quelque chose. Quand tu t’aimes et que tu t’acceptes avec tes qualités et tes défauts, parce qu’on a tous des défauts, mais les défauts, c’est bien aussi de savoir les reconnaître, et les accepter. Après, bien sûr, tu peux travailler dessus pour essayer de les améliorer, mais faut pas non plus dire « bah non, j’ai pas de défauts, je suis parfait ». Bah non, ça n’existe pas. Ça n’existe pas, l’homme parfait, la femme parfaite n’existe pas. Donc c’est important d’apprendre à s’aimer, écouter son cœur, et voilà. Et après, tu peux partager.

MF : Ben écoute, c’est un très très beau message de fin. Alors, je tiens d’abord à remercier le public, qui était là, qui nous regarde ou nous lit. Merci à toi infiniment, Caroline, pour nous avoir offert tout ce temps de qualité, et de nous avoir partagé tout ce que tu as sur le cœur. Merci énormément. Alors, j’en reviens au public, merci à vous de faire partie de ces personnes qui ont le courage d’entamer un voyage intérieur, qui ont l’audace de croire que tout est possible, et le désir brûlant de réaliser vos rêves. Je vous dis à très bientôt, bye bye ! Au revoir Caroline, merci beaucoup.

CM : Ciao ! Salut merci à toi.

Par |2019-09-20T14:48:39+01:0025 septembre 2019|Changer de vie, Confiance en soi, Interview|0 commentaire

A propos de moi :

Marie-France Marchand alias Woman on tour est devenue Experte dans l’art de mettre en œuvre le changement. Hypersensible et atypique, elle est passée d’une crise existentielle à une émancipation authentique via un processus de transformation intérieure, incluant expériences initiatiques et tour du monde. Maître praticienne en Hypnose Ericksonienne, Pranathérapeute, formée auprès de coachs Canadien&Américain, Bouddhiste et en évolution perpétuelle, elle accompagne ses clients dans un voyage intérieur où émotions et spiritualité sont ses valeurs essentielles.

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