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Interview d’Alex Vizeo, un bloggeur voyage au long cours

Bonjour à vous les amis et bienvenue. On attendait plus que vous pour commencer cette interview !

Je suis partie pour vous à la rencontre d’aventuriers, de voyageurs, qui ont tout quitté dans leur vie pour vivre une aventure extraordinaire pour au final se trouver, trouver leur vocation, leur mission de vie. Et je suis allée leur poser cette question : Comment fait-on pour obtenir les mêmes résultats sans bouger de chez soi ? 

Je suis Woman On Tour, globetrotteuse, thérapeute et défenseuse du « tout est possible dans la vie ». Aujourd’hui, je suis en présence d’une personne qui est un bloggeur voyage très influent – quoi qu’il en pense. Il a 80 000 fans sur sa page Facebook, 38 000 abonnés sur sa chaîne YouTube, 1 millions de vues. Donc c’est avec beaucoup de plaisir que nous allons lui poser des questions en toute intimité. Donc, la vision de Alex Vizeo côté coulisse.

– Cette interview est la version écrite d’une interview vidéo que vous pouvez consulter en cliquant ici. –


MARIE-FRANCE : Bonjour Alex. Comment vas-tu ?

Alex Vizeo : Bonjour Marie-France. Bonjour internaute. Ça fait plaisir. Merci de m’inviter. Merci de me proposer ce projet : de pouvoir parler un petit peu d’autre chose que du pur voyage. C’est avec plaisir que je vais répondre à tes questions.

Est-ce que tu peux, pour les personnes qui nous regarde, te présenter avec tes propres mots s’il te plait.

Alors, je suis de Alex Vizeo. Je suis bloggeur voyage comme tu le disais. C’est mon métier aujourd’hui. J’ai travaillé pendant 6 ans dans une régie publicitaire online. Au bout de 6 ans, j’ai décidé de quitter mon job, mon appart et un peu toute ma routine pour réaliser mon rêve qui était de faire le tour du monde pendant 1 an. A l’occasion de mon tour du monde, j’ai créé mon blog. J’ai commencé à faire des vidéos. Et à mon retour, j’ai décidé de ne finalement pas reprendre ma vie d’avant. De ne pas retourner sur un open space et de mettre un costume mais plutôt d’essayer cette nouvelle aventure. C’était le moment pour moi de me réorienter professionnellement. J’ai tenté et 6 ans après, et même avant, j’ai réussi ce pari. Voilà.

Alors, la première question c’est : quelle était ta vie avant ce tour du monde, avant ce grand voyage ? Quel regard portais-tu sur ta vie ? Est-ce que tu étais bien ? Est-ce que tu étais heureux ? Je ne sais pas. Et du coup, est-ce que ce regard a changé après ce voyage ? Est-ce que tu peux nous parler de l’avant après ? 

Euh … Le regard que j’avais sur les gens était pessimiste. Pour moi, l’humain était fondamentalement mauvais et qu’il y avait des exceptions, des personnes biens qui apportaient un peu de fraîcheur et de bonté dans ce monde. Après avoir fait mon premier gros voyage, mon premier tour du monde … La leçon que ça m’a appris c’est que les gens sont fondamentalement bons et que c’est la société qui les rend mauvais et qui les pervertie. Donc ça, ça m’a réconcilié avec l’humain, ce qui est plutôt une bonne chose quand on sait le nombre qu’on est sur terre et qu’on en croise quand même régulièrement. Donc ça, c’est une première chose qui m’a fait vraiment du bien. Avant sur ma vie quotidienne, j’avais une vie dont tout le monde rêvait dans le sens où je n’ai pas fait beaucoup d’études : j’ai fait un bac +3, un BTS et une licence pro et j’ai commencé à travailler à 22 ans et à 25 ans j’avais un poste de cadre. J’étais bien payé, j’avais un appartement.

D’autant plus que tu as évolué très très vite dans ton poste. 

J’étais au bon endroit au bon moment. Après, j’ai essayé de faire les choses bien aussi. Je suis arrivé au service clientèle – au mail center – donc je répondais à des mails à la con et tu en apprends énormément dans ce genre de travail. Et ensuite, chaque année j’ai eu la chance d’avoir une promotion interne parce que j’étais dans une société qui évoluait très vite et j’ai fini directeur clientèle à la régie pub. Donc je me suis retrouvé à 25 ans à me dire : la vie qu’on me promet dans la société qui est : si tu as un bon boulot et que tu gagnes bien ta vie et ta petite routine, tu es heureux. Sauf que je suis là et je me dis : c’est ça la vie ? J’ai 25 ans. J’ai la grande chance d’avoir tout ça, tôt. Normalement tu l’atteins à 30, 35, voire plus. Et là donc je me dis : ok, donc c’est ça que je vais faire tout le reste de ma vie ? Non !

Et surtout, je viens d’un milieu prolétaire, populaire : mon père est ouvrier et ma mère est secrétaire médicale à mi-temps – et j’en suis très fière. Et du coup, le fait de bien gagner ma vie ne m’a pas fait changer mon style de vie. Donc je gagnais de l’argent et je me disais : ok, super. Mais après, j’avais toujours ce vide en moi que je n’arrivais pas à combler. Ce vide qui est commun à tous les gens qui ont plaqué leur vie d’avant pour se reconvertir. Je rencontre pas mal d’ingénieurs en voyage. Pourquoi les ingénieurs, je ne sais pas, mais ça leur arrive souvent. J’avais besoin de réaliser ce rêve qui m’a appelé. J’aurais pu le réaliser avant. J’avais mis un peu de côté. J’ai mis 6 ans avant de partir. J’ai travaillé pendant 6 ans. Et en fait, j’ai attendu que tous les signes soient au vert et que la vie me dise : c’est le moment. Pour que ce soit logique dans ma vie de partir. Donc voilà. Ça, c’était ma vie d’avant.

Alex Vizeo tour du monde Birmanie

Copyright @Alex Vizeo

Donc pour résumer, quand tu es revenu de voyage : ton regard sur les gens a changé. Mais du coup, ton regard sur ta vie, en quoi il a changé après ce voyage ? 

Sur ma vie, j’ai compris que la vie en fait, elle était sans limites, pleine de possibilités et infinie et qu’il fallait juste y croire. A ce moment-là, il a fallu que j’y crois. Je ne sais même pas ce que j’allais faire. Ça je ne l’ai pas forcément appris tout de suite après mon retour. C’est un peu avec le temps. C’est assez incroyable en fait. Quand on sort des rails de la société traditionnelle, et qu’on essaie de tracer un autre chemin – peu importe lequel – tu te rends compte que tu peux tout faire si tu y crois et que tu te donnes les moyens. Il y a une phrase d’un entrepreneur dont j’ai oublié le nom qui est assez génial et qui dit : les entrepreneurs, ce sont des personnes qui en ont marre de travailler 40 heures et qui quittent leur boulot pour en travailler 80. Et c’est bête, mais c’est ça le principe. C’est-à-dire qu’il faut arrêter de vivre une vie qu’on t’a tracée. Il faut vivre à ta façon et travailler 10 fois plus.

Il y a aussi une belle phrase de Marc Twain qui dit : quand tu te retrouves du côté de la majorité, c’est là qu’il faut que tu t’arrêtes et que tu commences à réfléchir.

Tu parlais de signes qui t’ont poussé à réaliser ce rêve, ce tour du monde pour lequel tu avais économisé et pour rompre avec cette monotonie et comprendre pourquoi il y avait ce vide en toi. Est-ce qu’il y a eu un élément déclencheur ? Qu’est-ce qui a fait qu’à un moment tu t’es dit : c’est maintenant ? 

Je pense que les choses dans la vie, elles sont assez simples à faire quand tu suis les signes de la vie. Le plus dur, c’est de voir les signes et de les interpréter comme il faut. Aussi, c’est d’avoir le courage de prendre les décisions. Je ne suis pas partie avant 6 ans pour mon tour du monde parce que, à ce moment-là, j’avais la chance de beaucoup apprendre dans mon travail, et je savais que forcément ça allait m’apporter plus tard. Surtout parce que je ne savais pas ce que j’allais faire. Je ne savais pas que je n’allais pas rependre mon boulot. Donc je voulais avoir ce CV et cette liberté de me dire : j’ai un CV assez confortable pour trouver un travailler correct ou aller sur autre chose. Et chaque année j’ai eu une promotion. Je montais en compétence. J’avais de nouveaux challenges et je gagnais plus d’argent. Donc tout ça me faisait me dire : continue jusqu’à ce que tu arrives à la fin du cycle. Et donc quand je suis arrivé à la fin de ce cycle, c’était le moment où je venais de changer de boite. On me disait qu’il fallait changer de boite et surtout dans le web. Et puis au niveau perso ça a changé aussi : je me suis séparé de la personne avec qui j’étais. Je venais de changer de boite et là je me suis dit : c’est le moment ! Je suis en train de me libérer de différentes « obligations ». Ok, c’est ce que j’attendais : tout est au vert. C’est parti !

Alors, du coup, aujourd’hui tu as énormément d’expérience de voyage entre ce tour du monde et tous tes déplacements personnels et professionnels. Donc aujourd’hui, la fameuse question que j’ai à te poser c’est : selon toi, comment fait-on pour obtenir les mêmes bénéfices du voyage si on ne peut pas ou si on ne veut pas voyager ? Dans le quotidien, cette vie de tous les jours, comment on fait pour y apporter du voyage ?

C’est la question ! Elle a insisté pour que j’y réponde. Donc je vais essayer de bien y répondre.

Déjà, je pense que le voyage, pourquoi c’est addictif ? C’est addictif parce que tu es coupé de tout ton quotidien, de toute ta routine, et tu as un stimuli permanent de tous tes sens : de la vue évidement, de l’odorat, de l’ouïe … De l’échange avec les gens. Et ce qui va te plonger dans quelque chose qui est assez fantastique et qui s’appelle « le moment présent ». Tu vas être là en permanence parce que le monde extérieur est tellement stimulant que tu vas oublier tout ce que tu vas ruminer dans ton quotidien : tes impératifs, tes rendez-vous, tes tracas. Et tout ça, ça s’est évaporé puisque tu es dans un contexte où tu n’as pas à t’en préoccuper. Tu es en voyage, tu n’as pas d’impératif. Il n’y a pas tout ça, bien au contraire. Tu es plongé dans l’instant présent. Et au final, les gens disent : je suis accro au voyage. Mais ce dont ils ne se rendent pas compte, c’est que ce n’est pas forcément les voyages et les découvertes mais l’état dans lequel on nous plonge. C’est l’état de l’instant présent et de la découverte et de l’ouverture d’esprit. Et, pour avoir ça dans son quotidien, en fait, souvent il faut faire ce que les gens disent avec des grands mots : de la spiritualité, de la méditation. La méditation, à la base, c’est ça. C’est comment tu fais dans ton chez toi pour recréer ton état d’instant présent qui va faire s’arrêter le bouillonnement permanent dans ta tête. Ce qui fait que quand on te parle, tu réfléchis déjà à ton prochain rendez-vous, à ton gamin qui est malade, à ton mec qui est en train de te soûler et à ton travail que tu as envie de changer. Donc là, si tu as envie de voyager sans bouger de chez toi, essaie de reproduire, sans bouger de chez toi, cet instant présent, en toi. Je dirais que c’est de se mettre à la méditation. J’en fait presque tous les jours et c’est très bien. Ça, c’est une première chose.

alex vizeo tour du monde nouvelle zélande

Copyright @Alex Vizeo

La deuxième chose, c’est essayer de sortir de sa zone de confort. Parce que le voyage, c’est aussi ça. Et pour sortir de sa zone de confort, il faut faire des choses dont on n’a pas l’habitude. L’idée, c’est de ce dire que même dans son quotidien, dans sa routine, on peut la casser. On peut aller dans une rue où on n’est jamais allé. On va aller faire une activité à côté de chez soi alors qu’on se disait : non, ce n’est pas trop mon truc. Mais, pourquoi pas ? Peut-être que ça ne va pas te plaire mais tu vas apprendre à mieux te connaitre en faisant un truc qui ne te plait pas. L’idée c’est, petit à petit dans sa vie quotidienne, d’apprendre à se connaitre. Ça permet d’avoir la base qui nous permet de nous sentir bien. Parce que quand on a trouvé une activité où qu’on a des relations et des amis qui nous font nous sentir bien dans notre vie, c’est important. Mais c’est aussi important, de temps en temps, de consacrer du temps pour se challenger et faire des découvertes, des explorations, des restau … Même des trucs gratuits : aller dans un parc.

L’important c’est donc de retrouver l’instant présent et de sortir de sa zone de confort.

Ça te va comme réponse à ta question importante ou pas ?

Et du coup, dans ton quotidien aujourd’hui, est-ce que tu as une routine ? Alors c’est vrai que tu voyages beaucoup, donc toi, cet instant présent, tu le vis au quotidien. Mais quand tu reviens à un rythme plus calme, est-ce que tu as une routine ? 

Alors, mon problème aujourd’hui c’est qu’il faut comprendre que voyager c’est devenu mon métier. Donc je ne voyage pas pour moi mais pour des gens et pour partager avec les internautes et leur donner des idées et des inspirations – des conseils. Et je voyage aussi potentiellement pour des partenaires qui veulent que j’aille filmer. Donc, moi, je fais passer le message et je ne suis pas là pour moi mais pour les gens. Donc ça fait que l’instant présent est beaucoup plus compliqué à obtenir parce que je suis là pour me concentrer. Mes vidéos, ce n’est pas seulement de filmer de beaux paysages mais aussi de retransmettre ce que l’on est en train de vivre. Mais le truc, c’est de se dire que je ne suis pas en permanence dans l’instant présent. Je le suis quand je vais vivre le truc, pour le ressentir et le partager sauf qu’à un moment il faut que je switch pour que quand je rentre le soir, je repasse dans un bouillonnement : éditer les photos, les postes, etc. Tu vois ? On me dit souvent : est-ce que tu prends toujours autant de plaisir ? Est-ce que tu kiffes toujours autant le voyage que quand tu n’y vas pas pour bosser ou pour des partenaires ? Je dis non. Evidemment, tu ne kiffes pas autant. Mais ce n’est pas en terme d’intensité, c’est terme de durée. Peut-être que moi, je vais kiffer de 8h à 16h parce que je suis là à filmer et à parler et j’adore ça. Mais à un moment, il faut que je me remette en mode travail et je ne vais pas me poser sur la plage pour boire une bière car je ne suis pas là que pour ça. Mais je ne kiffe pas autant en terme de durée mais en terme de plaisir, oui, je kiffe autant. Et voilà.

J’ai oublié la question du coup.

La routine, est-ce que tu as une routine pour être connecté au moment présent ? Comme par exemple avec un rituel de méditation, de visualisation … 

livre miracle morning VFJe n’ai pas de routine !

Oui, c’est ce que je te disais j’essaie de méditer tous les matins, entre 10 minutes et 30 minutes. Parfois je n’ai pas le temps, surtout en tournage : il faut se lever tôt et il se passe plein de truc. Mais ce n’est pas bien. Et sinon, en ce moment, je suis en train de lire : The miracle morning. Le miracle du matin. Et c’est un bestseller pour les entrepreneurs qui dit que tout se passe avant 8 heures. Je n’ai pas de chance. Comme je te disais, je suis un gros dormeur. J’adore dormir. J’essaie de me forcer à me lever tôt le matin, parce que du coup, la vie est différente. Dans ton cycle de vie, tu peux faire beaucoup plus de choses et avoir beaucoup plus de temps pour les choses qui ne sont pas du boulot. Donc, je n’ai pas de routine. J’essaie d’en installer une le matin. Chaque jour j’apprends et j’essaie de trouver de nouvelles techniques d’organisation, etc. pour être plus efficace et avoir du temps pour moi.

Alors, du coup, sur ton site internet tu nous partages ta vision personnelle de la vie où tu nous explique qu’il est important de trouver sa passion et surtout de suivre ses instincts. Donc toi, est-ce que tu peux nous raconter ces instincts que tu as eus ? Ces signes que tu as décelés et comment on fait pour être attentif à ces signes selon toi ? 

Suivre son instinct, on sait toujours. L’instinct, c’est quoi ? C’est la petite voix qui te dit : j’aimerais bien faire ça. Ou alors : ça ne me dit rien, je ne le sens pas. Mais tu y vas quand même et tu ne le fais ou inversement. Mais si ! C’est ça qu’il faut faire. Il ne faut pas écouter ce qu’on t’oblige à faire où ce que les gens te disent que tu dois faire. Faire ce que l’on attend de toi, c’est être faux et aller contre nature. C’est cultiver quelque chose d’inconscient qui va être négatif et un jour ça va ressortir et c’est chiant et tu ne vas pas être bien. Alors, parfois, on n’a vraiment pas le choix, mais c’est : s’écouter au maximum. Et l’instinct, en voyage, c’est beaucoup plus facile à écouter parce qu’il n’y a pas d’impératif, il n’y a pas le regard des gens car tu n’as pas tes proches. La seule chose à laquelle tu peux te fier, c’est justement ça. Tu as une situation, tu ne le sens pas, n’y va pas. Parce que au final, si tu y vas, tu peux te mettre en danger. Et au contraire, des fois il y a un mec, il a l’air trop bizarre, mais tu ne sais pas : tu sens que ce mec, il a un truc à t’apporter. Alors là, il faut foncer. Ce n’est pas s’arrêter aux apparences et aux stéréotypes qu’on te dit. Il faut se fier à ce que l’on ressent. C’est super important. Surtout pour les filles qui voyage seules, elles ont un instinct encore plus développer. C’est ce 6ème sens. Il faut vous écouter les filles : si tu ne le sens pas, ne le fais pas. Si tu le sens, vas-y, fonce. C’est ça qui fait que tu vas t’éclater. Parce que, si tu t’écoutes, tu vas nourrir le positif en toi et tu vas te dire : j’ai voulu faire ça et je l’ai fait. C’est quand même super. C’est un cercle vertueux. Et pour faire un prolongement sur les signes de la vie, c’est juste ça. Quand tu vois quelque chose, qu’il t’arrive quelque chose, ça fait tilt. Tu ressens un truc. L’idée c’est de te prendre 30 secondes pour te demander : ok, c’est quoi ce truc ? Ce n’est pas bien ? Je dois y aller ? Je ne dois pas y aller ? Si tu dois y aller fonce.

Marie-France Interview Alex

On a l’impression pour toi que c’est facile et que tu as une audace naturelle, un courage naturel. Est-ce que tu as eu à braver le regard des autres, de tes parents, de tes proches, de tes amis, une fois dans ta vie ? 

Alors, je ne suis pas particulièrement courageux. Je pense que je suis juste un peu têtu et fonceur. C’est déjà plutôt pratique pour prendre ce genre de décision. Ça peut être négatif pour d’autres choses. Ça faisait tellement longtemps que je répétais qu’un jour je partirai. Depuis que j’étais rentré de mon séjour de 6 mois à l’étranger, j’ai dit : un jour je partirai un an, découvrir le monde. Donc à force de le dire assez souvent – enfin pas trop souvent car je déteste les gens qui parlent et qui ne font rien – et en parler pendant 6 ans et ne rien faire ça fait très « grande gueule ». Mais j’en parlais de temps en temps. Quand on me parlait de sujet qui me tenait à cœur, je disais ça. Et quand on m’a dit « Tu as trop de chance » au moment où je partais, je disais : « Ben viens. Claque tout, prends tes sous et viens avec moi. ». « Ouais, c’est compliqué. ». Oui, c’est compliqué, mais voilà, c’est une décision que je prends. Ce n’est pas avoir du courage. C’est quelque chose qui fait sens. Tu vas là où on t’appelle. J’ai des potes à moi, ils n’ont pas envie de voyager. Donc ne voyagez pas. Essayez si ça vient. Si ton truc c’est les voitures, les tableaux, c’est vers ça qu’il faut aller. Donc, je n’ai pas eu à braver le regard des gens. Je les avais déjà préparés. Et au contraire, j’avais tellement cette conviction en moi que c’était évident.

Alors, néanmoins, tu as dit quelque chose sur lequel je vais rebondir : tu as dit que tu n’es pas forcément quelqu’un de courageux. Alors, ce n’est pas courant d’avoir cette remarque de la part d’un grand voyageur qui a traversé des trentaines de pays. Donc du coup, comment ça se fait ça ? 

Pour moi, être courageux, c’est faire quelque chose malgré le fait que tu as peur. Ça peut être une peur ridicule mais malgré ta peur, tu vas surmonter ça et le faire. Tout ce que j’ai fait, je n’ai pas eu peur de le faire. Donc j’ai eu aucun courage : j’ai fait des choses qui me paraissaient naturelles. Ce n’est pas courageux. C’est juste comme ça : tu le fais. Quand j’ai peur, j’ai peur ! Et donc il faut me pousser. 

Du coup c’est intéressant parce que tu redéfinies la notion de courage pour les personnes qui nous regarde. C’est intéressant. 

C’est quoi pour toi le courage ? Tu poses beaucoup de questions, mais et toi ?

Tu as raison. On m’a fait la même remarque quand je suis partie en voyage. On m’a dit : « Ohlala tu en as du courage ». Je n’aimais pas ce mot là car effectivement le courage c’est quand on a peur et qu’on se pousse. Mais effectivement, quand ça a du sens et que tu fais les choses parce que tu en as réellement envie, il n’y a pas de notion de courage. Donc je suis d’accord avec ce que tu dis. 

Voilà. On est sur la même longueur d’onde.

Alors, est-ce que tu peux nous partager, en toute intimité, un ou plus de tes moments de voyages où tu as découvert des choses sur toi ? Tu as eu le sentiment de grandir ? 

Oui, je peux, en toute intimité faire ça. Tu veux que je te raconte des anecdotes, c’est ça ?

Oui. 

Des histoires … Je vois. Il y en a quelques-unes qui m’ont marqué. Evidemment, l’avantage du voyage, c’est que les leçons que tu vas voir au quotidien et dont tu ne t’aperçois pas dans ta vie de tous les jours – parce que tu as un rendez-vous dans 10 minutes. Donc encore une fois, tu as toutes ces perturbations cérébrales qui te cassent la tête en permanence. Donc quand tu as un message qui vient de l’extérieur, tu n’as pas le temps de le comprendre. Quand tu es là, plutôt bien dans tes pompes et que tu prends ce qui vient forcément, il y a un mec qui va dire un truc… Il y a quelque chose qui va te marquer et c’est ça de faire son petit bonhomme de chemin. Donc évidemment, la générosité des gens qui ont peu et qui sourient malgré tout. C’est un grand classique mais c’est vrai. C’est génial de voir ça et ça t’impacte vraiment. Je ne vais pas revenir dessus parce qu’on en parle souvent.

Mais, j’ai eu un exemple dans l’inverse en fait. J’étais en Nouvelle-Zélande, dans ma petite bagnole l’hiver. C’était le moins cher : 10$ par jour. Je dormais dedans et j’avais un peu froid. Et donc, tous les 3 ou 4 jours, je dormais à l’auberge quand je commençais à sentir pas très bon et que j’avais besoin d’avoir un peu chaud. Et du coup, j’arrive au Sud de l’île du Nord pour prendre le ferry pour aller sur l’île du sud. Et vu que je suis arrivé tard, je me suis dit : je ne vais pas prendre d’auberge. Voilà, il était 9 heures. Donc je trouve un coin où me garer pour dormir dans ma voiture tranquille. Je me perds un peu dans une zone résidentielle. Je trouve un terrain – pas un terrain vague mais un morceau pas construit. Je me suis mis dans l’herbe. Je voyais, à côté, le quartier bourge de Wellington. Il n’y avait que des grosses baraques. Je me disais : les s*lauds, ils ont chauds. Moi je me les cailles dans ma voiture. Ils sont biens. Mais ce n’est pas grave. Je mange un petit truc que je me fais avec mon réchaud dans ma voiture. Je me couche et je me dis « j’espère que je ne vais pas me faire kicker par la police. ». Même si c’était une petite voiture et pas un van … 8 heures du mat : pam pam pam. Ça tape au carreau. Je suis dans mon duvet. Je me réveille, je regarde. Je vois un mec, en bonnet et il me dit : « Tu dois mourir de froid là-dedans, tu ne veux pas un café ? ». Et il me tend un thermos. Je me réveille à peine. J’ouvre la porte, je lui dis merci, c’est gentil. Mais vous habitez où que je vous rende votre thermos ? Il me dit : « J’habite juste là. ». Et je tourne la tête, c’était la grosse baraque du quartier qui était à côté de moi et que je maudissais un peu la veille. Et là, le mec, il m’a scotché. Je bois mon café. Le café était dégueulasse mais c’était aussi le meilleur café du monde. Je me rhabille. Je vais devant chez lui pour lui rendre son thermos et je vois le même mec qui était plus en bonnet, mitaine, etc mais qui est en costard avec sa femme et le bébé dans les bras. Le cliché. Il me dit : « Alors, il était bon le café ? ». Donc je lui dis oui et merci beaucoup. Et je me dis : mais qui je suis pour juger quelqu’un par rapport à ce qu’il a et parce qu’il est riche ? Parce que potentiellement, ce mec-là, s’il a plein d’argent, c’est parce que c’est une personne bien apparemment et qui fait le bien autour de lui. On juge souvent. On dit que les pauvres donnent tout. Mais il ne faut pas juger les gens à cause de leur apparence. Qu’ils soient moches, beaux ou qu’ils aient des choses. Il ne faut pas les jalouser non plus. Souvent, ce sont potentiellement des gens qui le méritent. Et ça, ça m’a scotché pendant plusieurs jours. Je me suis senti tellement mal d’avoir jugé cette personne qui m’a donné ce café. Il s’est fait ch*er, parce qu’il faisait froid, à me faire un café et à me l’apporter et de se rechanger avant d’aller au boulot. J’ai dit wow. J’ai pris une claque. C’est une des leçons qui m’a dit : ne juge pas et laisse leur chance aux gens. Arrête d’avoir des à priori. Forge-toi une opinion sur du vécu et pas des à priori. Ça a été une grande leçon.

alex vizeo perou sandboarding voyage en sac à dos

Copyright @Alex Vizeo

Alors, il y a aussi une autre question que j’aimerais te poser dans ce même registre. En général, quand on part en voyage, on nous dit : tu vas voir, tu vas découvrir pleins de choses sur toi-même. Je ne comprenais pas au début. Je me disais : qu’est-ce qu’on peut bien apprendre sur soi-même ? Alors, la question, je te la pose : qu’est-ce que tu as appris sur toi-même grâce à ces voyages ? 

Qu’est-ce que j’ai appris sur moi-même ? Que je parle beaucoup, fort … Je ne sais pas … J’ai appris plus au retour. Je ne me suis pas rendu compte de choses sur moi pendant le voyage, parce que honnêtement, j’étais tellement dans une bulle … Je planais tellement car je réalisais mon rêve … J’étais tellement dans un esprit génial qu’à ce moment-là, je ne me rendais pas compte de grand-chose. C’est plus au retour que je me suis aperçu d’une chose importante. Je pense que pendant mon tour du monde, j’étais la meilleure version de moi-même. Mais j’ai fait la grosse erreur de penser que c’était de l’acquis.

Quand tu es bien dans tes pompes, dans ta tête et que tu connais tes valeurs … Que tu es bien tout seul au milieu du désert ou dans une pièce avec mille personnes … Là, tu peux dire que ça se passe bien pour toi. Mais donc l’erreur que j’ai faite c’est de penser que ça, une fois que tu l’as, c’est ok. C’est acquis. Non. Ça s’entretient au jour le jour. Et justement en changeant de vie, j’ai commencé à me dire : comment je vais gagner de l’argent ? Combien ? Et stresser. Et me braquer … J’étais nerveux et stressé, alors que je ne le suis habituellement pas. Un peu américain, à faire attention parce que c’est important. Alors que non, je fais les choses comme elles viennent. Et du coup, sans m’en rendre compte, je me suis renfoncé sur une personnalité qui n’était pas moi. C’était peut-être même pire qu’avant de partir. C’était une grande leçon quand je me suis aperçu de ça. En fait, c’est ça. L’idée c’est de se dire que le voyage, ça va te booster parce que tu vas t’améliorer. Si tu es timide, il va falloir que tu ailles au-delà de ça. Tu vas apprendre à développer ton bagou et ton sens de la communication, ton ouverture d’esprit, ta tolérance, etc. Tu vas apprendre aussi énormément des gens et de leurs expériences. Mais ça, ça n’est pas acquis. Quand tu reviens, tu peux « replonger » dans les choses négatives et même plus qu’avant. C’est une grande leçon que j’ai apprise.

Donc, à ce retour de voyage, tu t’es lancé en freelance. Donc ça a été une autre aventure. Et aujourd’hui tu fais quand même quelque chose qui est un métier plutôt convoité c’est-à-dire : bloggeur voyage professionnel. Comment tu fais pour combiner ta vie du coup de voyage, de nomade et ta vie professionnelle ? Parce que travailler en bougeant, je suppose que ça demande de l’organisation et de la discipline. Qu’est-ce qu’il en est toi, dans ta vie ? 

Oui, alors déjà il faut être prêt à travailler un peu n’importe où. Surtout quand tu es entrepreneur ou freelance – nomade digital. Tu travailles beaucoup plus en fait. Surtout que la portion du temps dans la journée où je vie des choses, c’est de là que découle ce que je vais écrire. Donc ça prend une part importante de la journée. C’est-à-dire que tu travailles après : le soir, le weekend. Je n’ai jamais autant travaillé de ma vie. Après, l’avantage quand tu travailles sur quelque chose qui te plait, c’est que ça te demande moins d’effort. Ça te nourrit plus. Donc je travaille énormément. Je travaille un peu tout le temps et c’est vrai que c’est difficile de débrancher. Surtout à cause des réseaux sociaux. Ce n’est pas la partie de mon travail que j’aime les réseaux sociaux. C’est l’outil qui me permet de faire vivre mon métier. C’est un outil qui est très beau et qui permet de partager et d’interagir : ça j’aime bien. Mais c’est côté ultra connecté et où tu n’arrives plus à vivre le moment présent. Parce que justement, moi, à la base, j’aime le voyage pour vivre le moment présent et pour vivre cette passion-là, je dois rester connecté. Donc ça, chaque jour qui passe, chaque année, j’ai trouvé de nouvelles techniques pour être mieux organisé. Je procrastine aussi, comme tout le monde. Des fois, je vais être super efficace et des fois je vais être super nul. Des fois, je ne vais pas avoir la motivation car il y a des choses qui rebute et donc qu’on repousse. Il y a des choses pour lesquelles on va être très fort donc on le fait très vite. Donc je n’ai pas de secret mais je dirais simplement qu’à un moment, il faut cravacher, c’est sûr. Rien n’arrive sans rien mais, tu bosses énormément et tu ne t’en rends pas forcément compte parce que ça fait du sens pour toi et tu veux que ça se passe bien. Après, chacun est différent et à des techniques et des besoins d’environnements différents pour être productif dans son travail. Quand je fais la queue à l’aéroport, je ne m’en aperçois même pas, car je fais des trucs. Je réponds à des mails, dans le métro je fais des trucs aussi. De moins en moins car j’essaie de lâcher mais …

Je me souviens que tu en avais parlé sur ton blog. Tu avais dit aux internautes qui regardaient tes vidéos de tour du monde qui sont absolument séduisantes et qui envoient du rêve et tu avais dit : attention !! Tu rappelais que toi, pendant ton voyage, ok, tu filmais et tu vivais des choses extraordinaires mais le soir des fois, tu savais faire des concessions et ne pas forcément aller boire une bière avec les potes. Tu savais te donner des temps de travail car il y a du travail derrière tout ça. Et c’est cette honnêteté que je trouve intéressante également. 

Après, l’avantage du tour du monde, c’est que je n’avais aucun impératif – aucun sponsor. Je le faisais parce que j’avais envie de le faire et tu vois, ce qui est marrant, c’est qu’en Asie, le soir, dans certains pays il ne se passe pas grand-chose donc c’est cool. Pendant que les gens regardent des films je fais mes petits montages. Ça m’occupait. Et donc, avant d’arriver en Amérique du Sud, je me disais : « Ça fait peur, on va me braquer ma caméra. ». Après, je me disais, si je ne le sens pas, je fais un colis, je renvoie tout et voilà. J’aurais déjà fait une bonne partie de vidéo. Au final, j’ai adoré l’Amérique latine et j’ai beaucoup filmé. J’ai fait beaucoup de vidéo là-bas et je m’étais dit : je ne vais pas sortir. Parce que c’est chaud là-bas le soir. Mais je ne suis jamais autant sorti qu’en Amérique Latine. Les gens sont sympas, il y a la fiesta et c’est super. Je ne montais presque pas le soir. J’ai monté presque aucune vidéo pendant 3 ou 4 mois. Je les filmais et je les ai montées à mon retour. Parce qu’il y a un truc qui pour moi est une grosse erreur c’est que tous les gens qui partent veulent faire des vidéos, des blogs, etc. Mais pourquoi tu fais ça ? Moi, j’ai vraiment cette envie de partager et de faire voyager plus de monde et de démystifier le voyage.

alex vizeo voyage en à dos bolivie

Copyright @Alex Vizeo

Oui, tu as ouvert une voie dans ce domaine-là. 

Non, je ne dirais pas ça. Tout le monde aime faire des vidéos donc c’est arrivé sur le voyage. Mais c’est de se dire : le voyage, c’est tout sauf ça. Moi, ce que j’aime énormément, c’est que je n’étais pas connecté sur internet à l’époque. Je faisais mes vidéos et point barre. Je ne répondais pas à mes fans. Je m’en fichais. Je balançais et ceux qui voulaient regarder, regardaient. Les gens aujourd’hui, ils sont là à faire la course au like. Ça prend du temps sur un voyage qui n’est pas forcément très long. Je dis, régale-toi et nourris-toi. Tire les bonnes conclusions. Vis les bonnes expériences et si tu t’es rassasié de voyage et tu en as tiré beaucoup de choses – et là, tu peux y aller parce que j’en apprends encore tous les jours avec le voyage – et que ça fait sens, tu peux t’y mettre plus assidûment. Mais il faut vivre d’abord cette étape. L’essence même du voyage, c’est ici et maintenant. Je peux le faire car je me suis rassasié. J’ai fait plein de voyages avant et j’en ai refait après des voyages où je n’ai pas trop filmé. J’avais besoin de revivre des choses pour moi. C’est ça le truc : pas d’obligations pendant mon tour du monde. Je faisais ça pour kiffer.

Oui, ce n’est pas une fin en soi d’avoir un blog, d’avoir des vidéos, sa page Facebook et de montrer son voyage. On peut partir aussi que pour soi. 

Exactement. J’avais envie de partager ça et de me marrer et de faire kiffer les gens.

Néanmoins, je te coupe …

Non, moi je te coupe ! Je veux dire qu’aujourd’hui, ce qui m’embête, c’est les émissions sur les bloggeurs voyages. « Wow, le métier ! ». Je n’ai pas voulu faire ces émissions parce que, pour moi, il y a un côté racoleur de se dire : payer pour être en vacances et voyager.

C’est l’image que ça donne. J’ai mis une remarque sur ma page Facebook a quelqu’un qui disait sur un de mes post : « Oui, mais pour toi, c’est facile. Tu as les entrées au festival gratuitement, tu es payé, tu es sponsorisé. ». Et j’ai pris cette remarque en me disant : « Mais d’où ça sort ! ». Parce que j’ai payé mon voyage avec mes économies, je vais au festival parce que le cœur m’en dit. C’est du bénévolat. Mais il y a une idée qui se fait des bloggeurs qui sont payés. Beaucoup de clichés. 

Alors attends. Les bloggeurs sont payés. Moi, quand on me demande de produire une vidéo ou des photos dans un endroit, quand c’est un partenaire qui demandent, je suis payé.

Mais tu ne t’en caches pas. Tu le dis clairement. 

Ah oui. C’est mon métier. Après, ce que je fais toujours c’est que je filme. Que je sois payé ou pas, le plus important, c’est la transparence vis-à-vis des gens qui me suivent. C’est obligé. Si je mens ou que je cache des choses, ils ne vont plus vouloir me suivre. Ils vont dire que ma parole ne vaut rien. Ce qui m’embête aujourd’hui, c’est de se dire que c’est un métier de rêve. Tu vas en vacances et tu es payé pour aller en vacances. Du coup, aujourd’hui, je vois plein de bloggeurs – je ne parle que de l’univers que je connais – qui veulent monter un blog pour gratter des hôtels, des vols, etc. Tant mieux si tu l’as gratuitement, mais à la base, un blog, que ce soit sur les chats, le tricot ou le poney c’est du partage. Tu partages une passion et tu essaies d’être utile aux autres gens qui aiment ta passion en leur donnant des tuyaux qui va faciliter la mise en pratique de cette passion. Si tu es bon dans cette passion, ça va attirer un maximum de fan de cette passion. Si tu as beaucoup de fans, potentiellement, tu as des marques de l’univers de ta passion qui vont être intéressées par toi et avec lesquelles tu vas monter des collaborations intéressantes. Après, l’idée, c’est que tu gardes toi aussi ton autonomie et ta transparence. C’est comme ça que ça doit marcher. Mais les gens aujourd’hui voient le raccourci : faire un blog pour avoir des trucs. Non !   

L’intention n’est pas la bonne en fait.

C’est ça qui est dommage. Et j’essaie vraiment de faire attention. Et c’est pour ça que je me fais aussi souvent des voyages perso. Parce que pour moi, c’est important que je dépense mon argent pour ne pas perdre cette notion. Et des fois, on se dit : ok, c’est cher, mais c’est mortel. Ou alors aussi de se dire : c’est trop cher.

Mais alors du coup Alex, revenons à tes tous débuts. 

Ça fait longtemps, je ne suis plus tout jeune.

Alex répond à Marie-France

Alors, réfléchis bien, ta première vidéo. Dans quelle émotion étais-tu ? De l’appréhension du regard des internautes ? De ce que tu allais pouvoir dire ? Des questions sur ton image ? La toute première vidéo. 

Déjà, j’avais l’air très jeune. En fait, j’étais très content de faire ce nouveau truc que je n’avais jamais fait et de partager ça. C’était le plaisir de me dire que j’allais pouvoir faire voyager les gens et leur donner envie. Leur montrer en toute simplicité en vidéo que je suis comme tout le monde. Je n’ai aucune faculté particulière. Je ne suis pas un aventurier. J’aimerais être aventurier. Tout le monde rêve d’être aventurier mais je ne suis qu’un voyageur ou un touriste amélioré. Je ne suis pas parti en expédition seul 3 semaines en me préparant des choses. Quand je fais des treks un peu « hard core », il y a un guide qui est là, qui connait le truc et j’ai juste à le suivre. Généralement je viens expérimenter, moi, M. Tout-Le-Monde, ce que lui sait. Donc il n’y a aucune gloire. Je suis juste un messager de ce que tu peux toi aussi vivre. Et c’est ça en fait que je voulais. Tout le monde peut faire ça. Si tu as envie de le faire, et que tu es au fin fond de ta campagne dans ton environnement personnel, personne ne peut t’apprendre ou te rassurer, moi je veux ce rôle. J’étais vraiment enthousiaste. Je me fichais du regard des gens.

Il y avait une sorte de naïveté infantile de dire je le fais pour le plaisir et basta.

Et je suis très naïf. C’est important tu sais. Je pense que c’est une des choses les plus importantes dans le voyage. C’est de garder un regard d’enfant, un regard neuf, sur tout. Sinon, au bout de 3 mois en Asie, le temple bouddhiste, il va vite de gaver.

Est-ce que tu t’attendais à ce buzz ? Notamment sur ta vidéo : le tour du monde en 5 minutes. Est-ce que tu t’attendais à cet accueil de la part des internautes ? 

Alors, buzz … Ça avait fait à l’époque 500 000 vues sur YouTube. On n’avait pas Facebook qui poussait les vidéos. Donc ce n’était pas mal, j’étais plutôt content. Et ce qui est marrant c’est que je n’avais pas fait cette vidéo pour qu’elle buzz. Je l’avais fait pour un projet que j’ai fait après. Il voulait que je fasse une vidéo pour montrer ce que je sais faire. Je ne savais pas laquelle choisir donc je me suis dit : je vais faire un best of. J

Je l’ai mis sur ma chaîne YouTube pour leur montrer à eux. Et j’ai des fans qui ont commencé à la repartager. Et c’est parti de là. C’est cool. Et puis quand on te dit qu’il y en a qui l’ont regardé 10 ou 15 fois et qu’il y a un truc qui se dégage de ça, je suis content, parce que ça représente vraiment ce que j’ai pu vivre : que ce soit des rencontres, des paysages, des expériences, etc.

Cette vidéo te ressemble ? 

Oui, ça ressemble à ce que j’ai vécu en tout cas.

Alors, merci beaucoup pour tout. 

C’est déjà fini !

Presque ! C’est dommage. Est-ce que, pour terminer, tu as une leçon de sagesse à partager. Alors ça fait un peu … Mais un message que tu veux nous transmettre. 

Moi, je suis tellement vieux et j’ai tellement d’expérience dans la vie que je vais te sortir des trucs … Ça va être fou.

Alors, qu’est-ce que tu as envie de partager pour le mot de la fin ? Quel message tu veux transmettre aux gens qui nous regarde ? 

J’en ai plein !

Vas-y, on a encore du temps. 

Tu es sûre ? Ta caméra tourne encore ? Euh … Non mais c’est vrai qu’il y a des leçons de vie que tu essaies de t’appliquer au quotidien. Les vrais fondements, quand tu les vis longtemps en voyage, c’est bête de le dire mais, quand tu as la santé, un toit, à manger et des gens à qui parler tu n’as pas raison de te plaindre en fait. Il faut être heureux avec ça. Tourne-toi vers ce qui ne va pas si tu as tous ces paramètres mais que tu n’es pas heureux. J’ai aussi appris et je me suis rendu compte que je ne le mets pas assez en application pour être honnête. On est beaucoup plus heureux dans la vie quand on fait des choses pour les gens plutôt que quand on veut satisfaire ces plaisirs. Alors, c’est vrai que je fais ce métier parce que j’aime faire des choses pour les gens, mais, en terme d’échelle, je me fais plus plaisir à moi plutôt que je ne fais plaisir aux gens. Et c’est vraiment quelque chose qu’il faut que je creuse et que j’aille chercher plus à aider les gens. Parce qu’effectivement, je suis jeune et j’ai fait tellement de choses incroyables… Je pense que faire plaisir à des gens, c’est une leçon de vie qui met apparue parce qu’on me l’a fait pour moi et je l’ai fait pour des gens et je me dis : c’est 10 fois mieux. Tu as un truc en toi qui rayonne pendant beaucoup plus longtemps et en fait, la troisième grande leçon c’est de suivre son instinct. A un moment, la vie elle est simple et fluide. Si tu t’écoutes et que tu suis les signes, même si ce n’est pas toujours facile de savoir ce que veut dire quel signe et d’avoir le courage de prendre cette décision – même si ça implique des fois de blesser des gens, de changer de vie… On a l’impression de foutre le bordel mais en fait quand on fait ça, la vie elle devient tellement fluide. Tu fais des trucs, ça vient tout seul et tu n’as pas besoin de te prendre la tête ! Et à chaque fois que tu fais un truc en sachant que tu ne devrais pas, tu es dans le négatif, tu te plains … Ça se vérifie tous les jours. Hier, je n’étais pas de bonne humeur. J’étais en train de râler. Je ne me suis pas lever assez tôt, j’étais en retard et voilà. La vie, elle m’a dit direct « non ». Remets-toi sur pied, parce que si c’est ça et ça va mal se passer. Tu vois ce matin, je me suis levé tôt, j’ai fait ce que je devais faire et tout va bien. Et voilà. C’est une leçon permanente.

Tu viens de boucler l’interview, parce que au tout début tu parlais de cycle dans ta vie qui se terminait. Finalement, c’est aussi des cycles vertueux que l’on crée quand tout va bien. Et quand tout va mal, il faut stopper et mettre les choses en perspective : revenir dans l’instant présent. Parce que sinon, on crée un cercle vicieux. 

Exactement, c’est ce que j’appelle avoir un bon karma. C’est la loi de l’attraction. Ne me demande pas pourquoi ou comment. Personne ne sait l’expliquer. Mais tu attires dans la vie les choses que tu as au fond de toi. Parce que si tu es là « tout va bien ! super ! » mais au fond tu as un truc qui va pas, c’est ça que tu vas attirer à toi. Si au fond de toi tu es exalté, comme j’ai pu le vivre de nombreuses fois dans ma vie, tu emmènes tout avec toi et tu surmontes tout. Dès que tu cultives du négatif, bim, il va t’arriver des trucs. C’est vérifié et ça se vérifie tous les jours dans la vie. C’est pour ça que j’essaie de rester de bonne humeur et positif. C’est un choix aussi. Des fois ça me soûle …

Les pensées positives c’est un choix, pas toujours facile.

Oui, voilà. Quand tu es râleur et pas de bonne humeur, il y a un moment où tu dois t’y remettre sinon tu vas attirer des mauvaises choses et du coup, tu t’aperçois que c’est plus sympa d’être de bonne humeur.

Ecoute, on va rester sur ces mots : bonne humeur. C’était un chouette moment en ta compagnie. 

Moi aussi, j’ai adoré.

D’avoir ce versant plus intime … Ce versant « coulisse » de ta vie de YouTuber.

Merci beaucoup. Je vous invite à poursuivre avec cette interview sur la chaîne YouTube d’Alex, Alex Vizeo et sur son site internet : alexvizeo.net. 

Exactement ! Viens, tu vas voir, il y a plein de trucs à faire dans le monde.

Retrouvez-moi également sur Woman On Tour, je vous dis à bientôt. Merci Alex.

Ciao.

Par |2019-09-30T09:05:02+01:0026 septembre 2019|Changer de vie, Interview|0 commentaire

A propos de moi :

Marie-France Marchand alias Woman on tour est devenue Experte dans l’art de mettre en œuvre le changement. Hypersensible et atypique, elle est passée d’une crise existentielle à une émancipation authentique via un processus de transformation intérieure, incluant expériences initiatiques et tour du monde. Maître praticienne en Hypnose Ericksonienne, Pranathérapeute, formée auprès de coachs Canadien&Américain, Bouddhiste et en évolution perpétuelle, elle accompagne ses clients dans un voyage intérieur où émotions et spiritualité sont ses valeurs essentielles.

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