Changer de vie

Les conseils d’un GRAND VOYAGEUR pour AGIR dans la vie. Interview Ludovic HUBLER

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LES CONSEILS D’UN GRAND VOYAGEUR

POUR AGIR DANS LA VIE.

INTERVIEW de LUDOVIC HUBLER ; l’homme qui a parcouru 170 000 km en auto-stop.


Ludovic Hubler a réalisé un tour du monde en auto-stop, lui permettant de parcourir 170.000 Kms à travers 59 pays grâce à l’aide de 1.300 conducteurs. Voilier-stop pour traverser les océans, brise-glace-stop pour se rendre en Antarctique, traversées de déserts (Sahara, Gobi, Patagonie, Atacama, etc.), de pays difficiles (Afghanistan, Colombie, etc.), Ludovic a testé son pouce dans toutes les positions possibles et imaginables.

Ludovic Hubler est l’auteur du best-seller « Le Monde en Stop, 5 années à l’école de la vie » sorti fin 2009 aux éditions GEORAMA. Ce livre fut traduit en plusieurs langues et est édité aux éditions POCKET depuis avril 2016. Ludovic Hubler est lauréat du Prix Pierre Loti 2010, récompensant le meilleur récit de voyageur de l’année 2009.

Site internet de Ludovic Hubler : http://www.ludovichubler.com

Site internet de TRAVEL WITH A MISSION : http://www.travelwithamission.org/fr/


Découvrez l’interview immédiatement en vidéo, ou poursuivez votre lecture ci-après. 


« MARIE-FRANCE :

Bonjour et bienvenue, nous n’attendions plus que vous pour commencer cette interview.

Je suis partie pour vous à la rencontre d’aventuriers, de voyageurs au long cours qui ont vécu une expérience dans leur vie extraordinaire, et qui sur les routes du monde, se sont trouvés, ont compris qui ils étaient, et surtout ont trouvé leur mission de vie.

Alors je suis allée leur poser cette question :

« Comment fait-on pour obtenir les mêmes bénéfices et les mêmes vertus du voyage sans bouger de chez soi ? »

Je suis Woman on Tour, globetrotteuse, thérapeute, et accompagnatrice de votre changement.

Aujourd’hui je suis dans un village qui s’appelle Eze, pas très loin de Nice, dans le sud de la France, et je suis reçu par un homme connu comme le loup blanc de le monde du voyage, il est parti 5 ans en stop sur les routes du monde, il est l’auteur et créateur du site Travel With a Mission, j’ai nommé Ludovic HUBLER. Bonjour Ludovic, comment tu vas ?

LUDOVIC HUBLER : Bien merci.

MF : Merci à toi de nous recevoir chez toi pour cette interview.

Ludovic HUBLER : Avec grand plaisir, merci d’être venue jusque-là.

MF : Alors pour les personnes qui nous ont rejoints dans cette interview, est-ce que tu pourrais s’il te plaît, avec tes mots, te présenter ?

Ludovic HUBLER : Oui, je m’appelle Ludovic Hubler, j’ai aujourd’hui 38 ans. Je suis parti après avoir eu mon master en école de commerce. Je suis parti pour réaliser ce que j’appelle mon doctorat de la route. C’était pour moi une étape logique et nécessaire de ma vie, entre la fin de mes études et le début de ma vie professionnelle.

C’était donc un tour du monde réalisé entièrement en stop, parce que je trouve que le stop, c’est une façon extraordinaire de rencontrer les populations locales, pour mettre aussi de l’aventure. Parce que le stop c’est l’aventure tout le temps, on sait jamais ce qui va se passer. C’est l’inconnu. Donc ça a été une expérience extraordinaire entre le 1er janvier 2003 et le 1er janvier 2008, ça a duré exactement 5 ans

MF : 5 belles années, l’école de la vie.

Ludovic HUBLER : Oui exactement, et notamment le stop, j’aime insister sur ce côté école de vie qu’est le stop, école de persévérance : parfois il y a 100 personnes à la suite qui disent « non », mais faut garder le sourire. Je vais souvent dans les stations-service, parler aux gens, et donc garder le sourire, puis continuer, et penser que la 101ème peut être la bonne. Ecole de patience, d’attitude positive, de débrouillardise, de diplomatie, etc.

MF : Alors ce goût pour le stop, on peut dire que c’est ton papa qui te l’a donné ?

LH : Oui, en fait l’origine du stop, quand j’avais environ 16 ans, ma maman, comme toutes les mamans, était très protectrice, elle voulait toujours m’emmener à droite à gauche. Et mon père disait : « mais arrête de le cocooner comme ça, faut qu’il soit débrouillard, laisse-le faire du stop ! »

Et donc j’ai commencé sur les routes alsaciennes, entre Truchtersheim et Krautergersheim, puis progressivement, ça a grandi, donc il y a eu le tour de France, il y a eu le tour d’Europe avec un ami. Et pendant ce tour d’Europe, il y a eu un moment important en Roumanie, c’est pour ça que le premier chapitre de mon livre s’appelle « Le déclic roumain ».

Un moment où je me suis rendu compte que le stop était vraiment génial pour rencontrer des gens, j’ai été logé chez des gens, pendant 3 jours j’ai vécu roumain, mangé roumain, parlé roumain… Je me suis dit « mais ce tour du monde, que j’ai toujours voulu faire depuis que je suis tout petit, que j’ai la tête dans les atlas, je vais le faire en stop ». Et je me suis lancé.

MF : J’ai une question pour toi, pas évidente. La question qui nous intéresse aujourd’hui : c’est comment faire pour que dans sa vie on obtienne les mêmes vertus du voyage sans bouger de chez soi ? Quelle attitude avoir pour cela ? Comment faire ?

Ludovic HUBLER : C’est sûr que le voyage enseigne beaucoup de choses.

J’ai appris à prendre du recul sur les choses. J’aime dire que j’ai beau avoir fait le tour du monde, j’ai l’impression d’être allé sur la Lune ! J’arrive à regarder le monde aujourd’hui depuis la Lune, avec beaucoup plus de recul sur les choses. C’est un peu comme Google Earth, où avant c’était flou, et maintenant c’est moins flou, et il y a une meilleure connexion, quelque part.

J’ai appris à la fois à prendre les choses avec plus de recul, mais également à apprécier les choses que j’ai. Je me suis rendu compte à quel point j’étais quelqu’un de chanceux, de privilégié. J’ai eu la chance d’avoir eu une éducation, déjà, ce qui est pas la chance de beaucoup de gens à travers le monde. Le voyage enseigne beaucoup de choses, à se contenter de peu, et d’avoir moins peur de l’inconnu. Ça c’est aussi une chose importante. Il y a une phrase que j’aime beaucoup, d’Anthony Robbins, qui dit en Anglais :  « The quality of your life is in direct proportion to the amount of uncertainty you can comfortably live with ».

Donc « Moins a peur de l’inconnu, quelque part, meilleure est la qualité de sa vie ». Après, moi c’est sûr que le voyage a beaucoup aidé à former. C’était un voyage de 5 ans, donc ça permet de réfléchir à toutes ces choses. Maintenant, pour répondre à la question, on peut apprendre ces choses-là sans voyager, il y a des gens qui vont apprendre ça, et qui vont avoir ces mêmes enseignements sans avoir voyagé, et c’est très bien ! L’important, c’est d’être une bonne personne à l’arrivée. Mais moi, c’est vrai que le voyage a été une école de vie extraordinaire.

Mes études, j’ai eu un master en école de commerce, qui m’a appris beaucoup de choses, mais rien sur les misères et les richesses du monde. L’objectif de ce doctorat de la route, de ce doctorat d’auto-bateau-stop international, qui est à la fois un doctorat d’anthropologie, de sociologie, de géologie, de plein de choses.

On apprend plein de choses, et ça permet de sortir de sa petite bulle pour s’ouvrir au monde, de se rendre compte qu’on est… la population française, c’est 1% de la population du monde. Et moi j’ai cherché tout simplement à essayer de connaître et comprendre un peu mieux les 99 autres pourcents, de pas rester dans ma petite bulle, mais essayer de… Il y a des gens qui me disent « Mais 5 ans, c’est beaucoup ! » je réponds « 5 ans, si je vis 100 ans, ça ne sera que 5% de ma vie ».

Finalement, c’est pas grand-chose que de passer 5% de sa vie à essayer de mieux connaître et comprendre le monde qui nous entoure, un monde qui est en train de changer énormément. On est dans un monde interconnecté aujourd’hui, et pour mieux le comprendre aussi ici, avoir vu comment les gens vivent ailleurs, me permet de mieux comprendre ceux qui viennent ici.

Moi je vais facilement aujourd’hui vers la « différence », vers les autres cultures. On a tendance, et ça c’est un mal européen, même si aux Etats-Unis ils ont un racisme qui est en train de grandir, avec l’extrême-droite qui grandit à travers l’Europe. C’est un peu de rejet de l’autre.

MF : La peur de l’inconnu.

Ludovic HUBLER : C’est la peur de l’inconnu, beaucoup. Et je trouve ça dommage parce que c’est avant tout dû à de l’ignorance. Et moi ce tour du monde m’a aidé à aller vers la différence, à me mixer avec d’autres cultures.

MF : Et à lutter pour l’ouverture et la paix, aujourd’hui c’est ça que tu fais.

Ludovic HUBLER  : Exactement. Je me suis rendu compte de tout ça. Avant de partir, tu m’aurais dit « ONG », par exemple. Moi dans mon école de commerce, j’y connaissais vraiment pas grand-chose. Je t’aurais dit « ONG, les grandes comme Greenpeace », mais j’y connaissais vraiment pas grand-chose. Et dans mon tour du monde, j’ai rencontré plein de petites ONG, mais surtout des gens, des gérants, extraordinaires, qui donnent toute leur énergie pour changer la destinée…

MF : Des personnes investies.

Ludovic HUBLER : Ah oui, complètement. Et j’ai énormément appris de ces gens-là, qui devraient être en première page des journaux, mais dont personne ne parle. Je me souviens d’une femme au Nicaragua, qui m’a dit « j’ai fait des études, je pourrais dans une entreprise gagner 6 fois plus que ce je gagne aujourd’hui, mais je décide de gagner 6 fois moins pour aider ma communauté à s’en sortir et à créer de l’espoir ».

MF : Ça fait partie des personnes qui t’ont impacté.

Ludovic HUBLER : Ça fait partie des personnes qui amènent… Après ce genre de rencontres, on va boire un verre, on réfléchir, on dit : « wow ». Et on se pose les vraies questions. Et il y a beaucoup de gens comme ça qui font preuve d’humilité, qui changent la destinée des plus démunis. Et là tu te poses la question de : « Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? ». Parce que quand on voyage, on se prend une baffe en pleine gueule, il faut le dire, à se prendre la réalité du monde. Moi je vivais dans mon petit environnement français…

MF : Justement, ça m’intéresse de savoir, avant le voyage, dans quelle situation, dans quel état d’esprit tu étais, et qu’est-ce qui t’a poussé à partir ?

Ludovic HUBLER : L’environnement dans lequel j’ai grandi est plutôt un bon cocon. Je viens d’une famille pas riche du tout, mais aisée. J’ai eu l’accès à l’éducation, à une maison correcte, à une enfance classique, mais moyen plus. J’ai eu cette chance. Mes parents sont pas forcément des grands voyageurs. On a voyagé un petit peu ici. Après, j’ai un grand frère qui a 10 ans de plus que moi, qui avait fait 6 mois en Amérique latine. Donc ça fait partie des gens qui m’ont inspiré, j’ai un grand-père aussi qui avait voyagé à droite à gauche. Et puis j’ai eu les récits d’autres voyageurs, qui m’ont aussi inspiré. Après j’ai en moins aussi cette curiosité, que j’ai depuis le plus jeune âge, à regarder les cartes du monde, à regarder des globes, et à me dire : « ok moi je suis là, mais comment les gens de l’autre côté vivent ? Comment pensent-ils ? Est-ce qu’ils ont la même façon ? Est-ce que, moi qui ai grandi dans un environnement chrétien, est-ce que les gens de l’autre côté pensent la même chose ? On était quand je suis parti en 2003, est-ce qu’on est aussi en 2003 en Thaïlande ? Non, on est en 2600 et quelques, on est en 1400 et quelques en Iran ». Enfin toutes ces choses, que je prenais pour argent comptant, qu’il faut manger avec une cuillère, une fourchette et un couteau. Non, dans beaucoup d’endroits, c’est pas ça la norme.

MF : Donc dès tout petit, tu avais cette capacité à te mettre dans la position de l’autre, en fait.

Ludovic HUBLER : Alors pas exactement. J’avais cette curiosité de me dire : « comment de l’autre côté les choses se passent ? ». Cette curiosité était en moi. Après les choses se sont affinées au travers de mes lectures, de mes voyages. Je me suis rendu compte que non, pas du tout, les normes avec lesquelles j’ai grandi ne sont pas forcément universelles. Et c’est très bien, c’est ce qui fait la beauté du monde.

MF : Notre monde n’est pas le monde en général, c’est ça qui est important.

Ludovic HUBLER : Nous, on a une vision du monde. Et il n’y a pas qu’une façon de penser, et qu’une façon d’envisager la vie, d’envisager les croyances. Parce que ça c’est le danger, quand on est dans un endroit où tout le monde pense la même chose. Prenons un pays comme le Pakistan, rien que le mot, « Pak » c’est pur, « stan » c’est pays, « le pays des purs », 99% musulmans. Comment veux-tu que les gens pensent autrement, vu que tout le monde pense la même chose ? Moi j’encourage toujours à sortir de son cadre, de son environnement, pour aller tâter un peu d’autres terrains. Et on se rend compte que : « it’s not right, it’s not wrong, it’s just different ! », « c’est pas juste, c’est pas faux, c’est juste différent », et c’est là qu’on grandit en tolérance, en ouverture d’esprit, et qu’on devient une meilleure personne, plus ouverte sur le monde.

MF : Une meilleure version de soi-même.

Ludovic HUBLER : Oui, quelque part, parce qu’on se pose les vraies questions, et on apprend à accepter la différence. Après, ça veut pas dire qu’on apprend à tout accepter non plus. Parce qu’il y a des choses, où on n’a pas envie d’être tolérant. Chacun met son curseur.

MF : Oui, selon son échelle de valeurs, et d’éthique.

Ludovic HUBLER : Quand je dis on devient tolérant, ça ne veut pas dire qu’on accepte tout. En fait, ce tour du monde a permis de rendre ma vie plus intéressante. Beaucoup me disent : « T’as fait le tour du monde, maintenant tu dois être blasé, c’est bon ». Non, pas du tout. Il y a aujourd’hui plus d’endroits que j’ai envie de découvrir qu’avant.

MF : Ça, c’est curieux. T’as toujours le même appétit.

Ludovic HUBLER : Oui, et il y a le fait que quand j’ai moins d’ignorance. Tu m’aurais dit « Panama ? Oui, le canal du Panama ». Mais quand tu vas sur le terrain, tu rencontres des gens qui vont te dire « va voir ça, et ça ». Et tu te dis qu’il faut que tu partes, mais que tu reviendras. Et à chaque fois, je pars d’un pays en disant « je reviendrai ».

Ce qui fait qu’aujourd’hui, il y a plus d’endroits que j’ai envie de découvrir, qu’avant de partir. Et ça aussi, ça rend ma vie plus intéressante. Dans le sens où j’arrive à lire entre les lignes. Quand je lis un article sur le Nicaragua aujourd’hui, j’arrive à repenser à telle personne, à avoir des images en tête. Quand je regarde le journal de TF1, j’arrive à regarder derrière les simples images de catastrophe, et à comprendre mieux les choses, tout simplement. Donc ça aide à rendre ma vie plus intéressante, et à mieux comprendre les phénomènes.

MF : Oui, et à pas te laisser impacter émotionnellement par ce que les médias laissent transparaître.

Ludovic HUBLER : A sortir du sensationnalisme. Parce qu’il faut faire gaffe aujourd’hui, avec les BFM, les iTélé, etc., où on n’est pas assez dans la compréhension des choses. On est plus dans l’info brute, qui est 30 morts, 50 morts, 200 morts, et tous les jours il y en a un nouveau. Et un volcan ici, et un machin ici et là. Et on arrive à construire des gens, ceux qui n’ont pas voyagé, qui vont avoir peur, qui vont se renfermer sur eux-mêmes, qui vont dire « le monde est dangereux ». Alors que non, le monde est pas dangereux.

J’en suis la preuve vivante. J’ai fait un tour du monde pendant 5 ans en stop, j’ai pas été agressé une seule fois. La grande majorité, et c’est la grande satisfaction de mon tour du monde, sont des gens honnêtes et sympas ! Bon après, il y a des endroits dangereux, forcément.

MF : Il faut avoir du bon sens, en tant que voyageur.

Ludovic HUBLER : Voilà. La sécurité est une question de bon sens, avant tout. Tu vas pas aller dans les bidonvilles avec ton appareil photo, parce que là t’as toutes tes chances de te faire agresser. Mais si tu vas vers les autres de façon naturelle, sans montrer trop que t’es touriste, tu vas avoir des expériences extraordinaires.

Moi je dois avoir une bonne étoile, les gens me disent « 5 ans de stop, t’aurais pu te faire agresser mille fois ». Non, même pas. Je dis toujours que la grande majorité des gens sur Terre sont des gens honnêtes et sympas. Et malheureusement, les médias ne font pas transparaître ça.

MF : C’est bon que tu aies la parole pour rappeler ces choses-là.

Ludovic HUBLER : Le truc, c’est que même… j’ai été dans ma vie dans plus de 100 pays. Si je devais faire un classement des pays les plus hospitaliers du monde, vous serez peut-être surpris d’entendre que le top 3 serait peut-être Pakistan, Iran, Afghanistan. Parce que tous les jours, là-bas, on est invités à manger, à prendre le thé, à dormir.

Mais moi j’étais à des années lumières d’imaginer ça. J’avais peur d’aller dans ces pays ! J’avais peur, tout le monde me disait « Ne va pas surtout pas au Pakistan, c’est vachement dangereux ! » Et qu’est-ce qui m’arrive quand je suis sur place ? je reçois 5 invitations à manger, à dormir, à prendre le thé par jour, voire plus. J’avais trop d’invitations même, et de bon cœur, c’était pas des gens qui me voulaient du mal.

Il y aussi peu de tourisme, donc ils ont aussi cette envie, et puis c’est aussi dans leur culture, leur culture d’hospitalité, qui est bien meilleure que celle qu’on a chez nous. Alors il y a plein de gens adorables en France aussi, bien entendu. Mais on a quand même tendance à avoir les portes fermées que dans ces pays-là, où les gens disent « t’as besoin d’un endroit où dormir, viens dormir à la maison ». En France, c’est un peu plus compliqué.

Voilà, ça fait partie des leçons du voyage, et il y en a plein d’autres. C’est une question de philosophie de vie, aussi. Moi j’aime me dire que ma philosophie de vie, c’est quand j’aurai 90 ans, je veux être en mesure de regarder en arrière sur ma vie, et de me dire que 1. J’ai été au bout de mes rêves. Chose importante. Que ce soit mon tour du monde en stop, que ce soit la création d’une ONG. Que j’ai laissé le monde un peu meilleur que quand je suis arrivé, à mon modeste niveau. Que j’ai essayé de laisser mon empreinte. Parce que si quelqu’un qui a eu une éducation comme moi, ne le fait pas, qui va le faire ? Et ensuite de vivre, d’avoir une famille. J’ai la chance d’être l’heureux papa de deux enfants aujourd’hui, ça c’est un nouveau rêve, qui est une autre étape. On a des étapes dans la vie.

MF : Et d’avoir rencontré ta femme durant ce voyage.

Ludovic HUBLER : Oui, ça fait partie aussi des chances que j’ai eues, d’avoir rencontré Marisol, mon épouse dans ce voyage, qui est un rayon de soleil quotidien, qui vient du Panama. C’est un voyage quotidien, quelque part. Mais ça c’est une autre étape de vie, quelque part.

MF : C’est une autre aventure. C’est un autre voyage.

Ludovic HUBLER : Exactement. Et après peut-être que je voyagerai. Enfin je voyage déjà avec eux, pas au long cours, plus sur des petits voyages. J’essaie de les sensibiliser à l’ailleurs.

MF : Le premier voyage que t’as fait avec eux… avec ton premier enfant, ta fille, à quel âge tu l’as emmenée ?

Ludovic HUBLER : Dans les deux premières années de sa vie, elle avait déjà fait 17 pays. Les troisième et quatrième années, on a moins voyagé. Mais les deux premières années de sa vie, elle avait déjà beaucoup voyagé. Après, elle était toute petite, donc elle se rendait pas forcément compte, mais aujourd’hui, elle a 4 ans, vous la mettez devant une carte du monde, elle est capable de situer une cinquantaine de pays.

MF : Non ?!

Ludovic HUBLER : Elle le prend sous forme de jeu. Parfois je prends les drapeaux, elle va te dire « C’est l’Espagne, c’est l’Italie etc. » C’est un jeu pour elle, mais en même temps elle apprend. Et elle s’ouvre au monde comme ça. Elle arrive à se situer. Et en même temps, avec la maman du Panama, elle est déjà bilingue, et elle apprend l’anglais en même temps, elle sera vite trilingue. C’est la nouvelle génération, qui est beaucoup plus…

MF : C’est les avantages du couple mixte, également.

Ludovic, j’imagine que pendant ces 5 années de l’école de la vie, tu as forcément fait plein de belles rencontres. Est-ce que tu pourrais en partager une ou deux, desquelles tu as beaucoup appris humainement ?

Ludovic HUBLER :

Des rencontres, il y en a eu un paquet. Des rencontres marquantes, il y en a eu beaucoup. Si je devais en sélectionner trois. Je dirais d’abord le Dalaï-Lama, qui m’a reçu chez lui à Dharamsala. C’est quelqu’un que j’admire particulièrement, que je considère un peu comme le symbole de la paix. Un peu comme la colombe dans le monde animal, c’est un peu lui dans le monde des hommes. Il cherche à promouvoir le dialogue inter-culturel, inter-religueux, qui est un symbole de la non-violence, de la tolérance, de l’ouverture à l’autre.

J’avais cherché à le rencontrer, à l’image de beaucoup de gens, j’imagine, et j’avais eu une réponse négative. Puis, comme je donnais beaucoup de conférences, dans toutes sortes d’écoles, j’ai donné une conférence à Dharamsala, en Inde, où il habite. Dans l’Himachal Pradesh, dans les hauteurs en Inde. Et il s’est avéré qu’à la fin de ma conférence, la directrice m’a dit « c’est sympa ce que tu fais, tu devrais rencontrer le Dalaï-lama ». Je lui dis « j’ai essayé, mais il marche pas ». Elle me dit « si tu veux, je peux te mettre en relation avec son bras droit, peut-être qu’il sera intéressé de te rencontrer ». Alors j’ai rencontré le bras droit, à qui j’ai expliqué tout le voyage, j’avais aussi tout un book avec des articles de presse en Chine.

En lui expliquant tout le tour du monde, les conférences… il m’a dit « je vais voir ce qu’il est possible de faire, et je te tiens au courant ». Il m’a dit « bon tu pourras passer une dizaine de minutes avec le Dalaï-lama ».

MF : Wow.

Ludovic HUBLER : Forcément, j’en étais ravi, et je suis arrivé plus de deux heures en avance du rendez-vous.

MF : Qu’est-ce que vous vous êtes dit durant ces dix minutes ?

Ludovic HUBLER :

Il s’est comporté avec moi comme il le dit souvent, comme un simple moine. C’est comme ça qu’il se considère lui-même, et c’est pas quelqu’un qui se prend la tête. C’est pas quelqu’un qui a la grosse tête, qui est très simple. Il m’a posé beaucoup de questions, il s’intéressait autour du monde, il me demandait comment ça se passait, si les gens étaient sympas avec moi, si le stop se passait bien, il rigolait même en disant que « ah ça doit être sympa de faire du stop autour du monde, moi je viendrais bien avec toi » ; je lui ai dit « venez tout de suite, moi je vous emmènerais bien ! ».

On a eu des fous rires, il m’a posé des questions sur la traversée du Tibet en stop, forcément, parce que le stop est interdit. Donc je lui ai expliqué comment ça s’était passé. C’est vite passé, 10 minutes ça va vite. Il s’est intéressé, il a vu ma carte du monde, il m’a dit « ah mais moi-même, j’étais là aussi », on partageait les anecdotes de voyage sur un temps très court, et en même temps, son bras droit, avec qui j’avais partagé plus de détails, lui expliquait le fait que je donnais des conférences dans les écoles, que j’avais toqué aux portes des écoles un peu partout, pour, à la fois partager le parcours, insister sur l’importance d’avoir des rêves, de réaliser ses rêves, etc.

C’est passé assez rapidement, et il s’est comporté avec moi de façon très simple. Après forcément, quand il est parti, « wow ! quelle rencontre extraordinaire ». Au-delà de ça, c’est toutes ces rencontres exceptionnelles, c’est des rencontres ordinaires de gens qui m’ont pris en stop, qui m’ont tendu la main, qui ont accepté de m’aider ; et je me souviens d’une personne, ça m’avait marqué, à Key West, au sud de la Floride, je marchais au bord de la route, je faisais même pas du stop, j’avais mon sac à dos, je marchais jusqu’à la sortie de la ville, pour commencer le stop.

Et il y a un gars qui s’arrête en pick-up, qui s’arrête, et qui me dit « hé, tu vas où ? », « je marche jusqu’à la fin de la ville, et ensuite je vais faire du stop ». « Vas-y, monte ! » Bon, je monte. J’explique rapidement qui je suis, ce que je fais, et puis il commence à parler. Il commence à parler de ses problèmes financiers, du fait qu’il habite sur un bateau parce que l’immobilier est trop cher à Key West, il commence à me parler de ses problèmes sentimentaux.

On arrive à la sortie de la ville, je lui dis « vous pouvez me déposer là », il me dit « non, j’aimerais te déposer un petit peu plus loin sur la route », et puis on allait sur la bonne route, il me dit « j’ai pas l’occasion de parler souvent, j’aimerais parler un peu plus », on continue, c’est lui qui parle 98% du temps. Moi je pars du principe que la nature nous a donné deux oreilles et une bouche pour écouter le double de ce qu’on dit, donc je m’intéressais à lui en posant des questions. Et puis il me dit « vous savez, j’ai jamais l’occasion de parler à des gens », il parlait de sa vie, les choses intéressantes ou pas. Je le faisais parler. On arrive à une station-service, je lui dis « déposez-moi, il y a encore 3 heures de route jusqu’à Miami », il me dit « non, j’aimerais vous déposer plus loin ».

On continue, on arrive après 1h30, et je lui dis « vous n’allez pas me mener jusqu’à Miami ! » et il me dit « si, j’aimerais t’amener jusqu’à Miami », et on arrive à Miami. Donc il avait fait 3h de route, fois deux, donc ça fait 6 heures ! Je lui dis « merci beaucoup, jamais personne n’avait fait 6h de détour pour moi », il me prend la main et il me dit « non, c’est pas vous qui me remerciez, c’est moi qui vous remercie, parce que je me rends compte à travers des jeunes comme vous, qui ont des projets, il faut avoir ça dans la vie, il faut aller de l’avant, et je vais pas vous cacher que j’ai une tendance suicidaire en ce moment, à me poser des questions sur le sens de la vie, et je me rends compte qu’il faut aller de l’avant, et je me rends compte qu’ici, seul avec ma voiture dans Miami, ce que je fais jamais, non, c’est moi qui vous remercie ». Et on se quitte là-dessus, et je suis sorti, et là « ah ouais ! extraordinaire le stop. »

Et une fois de plus, j’avais rien fait, je lui ai simplement posé quelques questions. Donc ça, ça a été une très belle rencontre, mais au-delà de ça, on en a parlé un petit peu tout à l’heure, mais c’est tous ces gens d’ONG, qui cherchent à changer la destinée des plus démunis, et tous ces gens qui m’ont pris en stop et qui ont vu que j’étais au bord de la route, qui ont vu parfois que j’étais dans des endroits difficiles, et qui ont tendu leur main, qui ont ouvert leur portière, et c’est une fraternité mondiale que j’oublierai jamais.

MF : Alors moi je me souviens d’une anecdote que tu racontes dans ton livre « Le monde en stop ». Tu étais au Cambodge, dans une école. Et à la fin de ta conférence, tu as repris le stop. Et là il y a tous les enfants de l’école qui t’ont accompagné, et qui ont contribué, qui ont levé le pouce, et qui ont même bloqué une voiture. C’est mignon !

Ludovic HUBLER: C’est mignon, oui, c’est même arrivé deux trois fois, effectivement je donnais des conférences à droite à gauche, avec des photos, des slide shows, des animaux, des religions du monde, le but c’était de les ouvrir au monde aussi. Donc ils ont souvent plein de questions, enfin ils ont pas l’habitude d’avoir un globestopper qui vient comme ça. A la fin, j’allais continuer le stop à la fin de la conférence, et ils ont dit « allez on vient tous sur la route », et ils arrêtaient les voitures, notamment une voiture, ils lui ont pas laissé le choix, le pauvre chauffeur, il avait 30 gamins…

MF : Obligé de t’emmener.

Ludovic HUBLER : Avec la pression de 30 gamins pour me prendre… C’était touchant. Et puis il m’a pris ! C’était un beau moment.

MF : Alors on a beaucoup parlé de rêves avec toi, de réaliser ses rêves, d’être audacieux. Tu disais également en début d’interview que 5% de ta vie accordée à tes rêves, c’était finalement peu, et beaucoup à la fois…

Ludovic HUBLER : A CE rêve. Pas à mes rêves. Parce que j’ai d’autres rêves. [rire]

MF : Oui à ce rêve. Qu’est-ce que tu pourrais dire aux personnes qui nous regardent, quels conseils tu pourrais donner pour aujourd’hui, passer à l’action pour réaliser ses rêves ?

Ludovic HUBLER : Non mais, là il en va de la réalisation de soi. L’idée n’est pas de pousser les gens forcément à faire un tour du monde. L’idée est peut-être de pousser les gens à avoir des rêves, déjà, parce qu’il y en a beaucoup qui en n’ont pas, et à réaliser ses rêves. Mais une fois de plus, il faut avoir des projets, si on n’a pas de projets, on a envie de rester dans son lit. C’est ce qui te pousse le matin à te lever, et aller à l’avant, et à avoir des objectifs dans la vie. Donc moi ce que j’encourage les gens à faire, c’est de s’ouvrir aux gens, et puis de ne pas avoir peur. Le plus dur, c’est de fixer une date.

Parce qu’une fois qu’on a fixé une date, on met en place un rétro-planning, et après, les choses vont d’elles-mêmes. Après on se met sous pression, parce que moi par exemple, à partir du moment où je m’étais fixé une date du 1er janvier 2003, tous les gens qui me disaient « qu’est-ce que tu vas faire après ton école ? » je disais « le 1er janvier 2003, je pars faire le tour du monde en stop ». Donc je me mettais moi-même la pression, en même temps. Parce que si je suis pas prêt le jour J, je passe pour un idiot !

MF : Tu t’es mis au défi.

Ludovic HUBLER : Je me suis mis au défi, et ça m’arrive pour plein de choses. Je me dis dans ma tête « est-ce que j’y arriverai, est-ce que j’y arriverai pas ? » et puis « allez, même si je sais pas si je vais y arriver, j’y vais », mais des fois des trucs fous. La dernière fois, j’ai vu un reportage sur un marathon, j’ai dit « un homme, dans sa vie, doit avoir fait un marathon ». Mais moi, je cours pas, je suis assez gros maintenant, et tout, mais je me suis préparé, et j’ai fait mon marathon, c’était mon challenge 2014. Après, je me suis dit, tiens, j’ai un vélo qui est chez mes parents à Strasbourg, j’aimerais le descendre et faire la traversée de la France à vélo, en 15 jours avec 2 amis, et ça me semblait pas jouable au départ, parce que je fais pas de vélo. Et puis je me suis préparé, et je l’ai fait.

MF : You did it !

 

Ludovic HUBLER : Oui, quand on se lance, après, on est dans la dynamique. Le plus dur c’est le premier pas, parce qu’après y a le deuxième pas, le troisième pas, et après les choses se sont enclenchées. Et donc il faut pas voir peur, peur de l’inconnu, même si on est pas trop sûr. Il faut se lancer, si quelqu’un vous dit, vous avez une opportunité intéressante pour un boulot, et vous êtes pas sûr d’y arriver, dites oui. Vous aurez tout le loisir d’apprendre après ! Il faut y aller. Il faut se lancer.

MF : Justement, c’est intéressant que tu abordes la notion de peur, parce qu’on en a tous, qu’on soit entreprenant ou pas, on a tous des peurs. Comment tu fais toi pour les dépasser ?

Ludovic HUBLER : Non mais la peur fait partie de la gamme des émotions nécessaires. Ça permet aussi de pas se lancer dans des choses trop dangereuses. Faut pas non plus faire des choses inconsidérées. Donc la peur est une bonne chose, mais il faut pas qu’elle soit paralysante. Donc moi je me suis toujours dit, est-ce que j’ai plus peur ou plus envie ? Et en général j’ai plus envie que peur, donc j’y vais.

MF : Quand on lit ton histoire, tu es du genre extrêmement audacieux, à aller sur le terrain et vers les gens, provoquer les rencontres et les opportunités.

Ludovic HUBLER : Il y a une phrase que j’aime beaucoup, de Dominique Glocheux, qui dit « la vie n’est pas un restaurant mais un buffet, levez-vous pour vous servir, les choses ne viennent pas comme au restaurant ».

MF : J’adore. Je la connaissais pas, celle-là ! [rire]

Ludovic HUBLER : Il faut faire l’effort de se lever, et si on fait l’effort de se lever, on peut choisir la vie qu’on veut au buffet. Et nous, en France, on est dans un pays où si tu veux, tu peux. When there is a will, there is a way, comme on dit en Anglais. Donc on fait partie de ces pays. Après, un petit Africain, ça va être différent. Il va pas avoir accès à l’éducation, il a beau vouloir tout ce qu’il veut, ça peut être difficile pour lui d’y arriver. Mais nous, souvent, quand on veut on peut, trouver en soi la force de se dire « je peux y arriver », se fixer un objectif, allez je me lance, avec un point de départ, un point d’arrivée. Après il y a des gens qui aiment partir sans savoir où ils vont arriver. Tout dépend du caractère des uns et des autres. Moi j’aime bien avoir une vision. Rester flexible, tout en ayant une vision.

MF : On a un petit nouveau qui nous a rejoints dans l’interview. C’est ton petit dernier.

Ludovic HUBLER : C’est mon petit dernier, Sébastian. Dis bonjour à la caméra !

MF : Sébastian, qui est ton premier fan. Mon deuxième fan.

Ludovic HUBLER : Mon deuxième fan, j’ai une petite fille de 4 ans. Et donc Sébastian, qui était en train de pleurer dans son lit, donc on va pas le laisser tout seul, on va le faire participer à l’interview.

MF : Ludovic, je voulais te poser cette question : qu’est-ce que tu as appris sur toi-même durant ces cinq années ?

Ludovic HUBLER : Sur moi-même, j’ai appris… je dis toujours qu’avant de partir, mon père m’avait dit : « évite de partir plus de 6 mois, tu vas rentrer déconnecté des réalités ». Et aujourd’hui, je me sens avant tout mieux connecté. Au monde qui m’entoure, à mes frères, les hommes, je fais preuve de plus d’empathie, je comprends mieux les hommes. Mieux connecté aux défis planétaires, et à moi-même. Parce qu’il y a tout un voyage intérieur qui se fait lors d’un voyage au long cours, on se pose les vraies questions, on se pose les questions existentielles, on réfléchit à l’impact de la religion par exemple. La France fait partie des pays les moins religieux du monde, et quand on se balade à travers le monde, et on voit l’impact de la religion, on se pose beaucoup de questions.

MF : Toute religion confondue. Spiritualité au sens large.

Ludovic HUBLER : Voilà, toute forme de croyance. Moi ce que j’ai appris sur moi-même, au niveau de l’attitude, je crois que j’ai appris à être plus détaché des choses matérialistes. Je fais pas une apologie de la pauvreté, mais j’apprends à ne pas être fan du matériel comme on a tendance à l’être dans le monde occidental. En plus j’ai appris aussi à être plus aimant, plus proche des gens.

MF : Plus empathique.

Ludovic HUBLER : Oui, ça a permis de rappeler les bonnes valeurs, et de se rendre compte à quel point on est très privilégié de pouvoir se rendre utile. On se prend cette baffe dans la figure en voyant la réalité du monde, et on se dit qu’on a un rôle à jouer.

MF : La leçon de sagesse pour terminer ?

Ludovic HUBLER : Ce tour du monde m’a appris à prendre conscience des défis, notamment avec tous les attentats que nous avons. Moi ce qui me fait peur, c’est de voir les gens, comment ils réagissent à ça. Qu’il y ait un petit pourcentage de fous contre qui il faut bien entendu lutter, c’est évident. Les gens qui commencent à faire des généralisations, ça faut faire très attention. Moi j’encourage les gens, plutôt que d’essayer de créer des murs, il vaut mieux créer des ponts.

Tout en gardant en tête les problématiques, et faire attention, mais faire que les événements nous rapprochent plutôt que l’inverse. Il y a d’autres défis, notamment quand on voyage, on prend conscience du défi environnemental. Il y a une conscience écologique qui grandit énormément en voyageant, on devient des ambassadeurs de la Terre.

On se rend compte à quel point l’homme est en train de détruire la planète. Si le monde entier vivait comme la France, il faudrait trois planètes Terre de ressources, ce qui est juste pas possible. Et en menaçant la planète Terre, c’est notre espèce qu’on menace. Donc il faut être conscient de ça, essayer d’agir et de faire notre possible au quotidien pour réduire notre empreinte écologique, et puis essayer de rendre le monde meilleur d’une façon ou d’une autre.

MF : Eh bien merci beaucoup Ludovic…

Ludovic HUBLER : Au plaisir !

MF : … pour nous avoir accordé de ton temps, avec tous ces beaux messages de sagesse. Merci à toi !

Ludovic HUBLER : Avec grand plaisir, et essayez de laisser un beau monde pour ces enfants-là ! [il embrasse son enfant]

MF : Merci à vous d’avoir été présents pour cette interview . On se retrouve pour plus d’inspirations sur la chaîne YouTube Woman on Tour, sur tous les réseaux sociaux, et également à la maison, womanontour.com. Je vous dis à très bientôt, bye bye ! Au revoir Ludovic !

Ludovic HUBLER : Bye bye !


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A propos de woman on tour

Woman on tour (Marie-France pour les intimes) est entrepreneur nomade, globetrotteuse, hypnothérapeute et pranathérapeute. C'est une jeune femme sensible, qui après avoir été carriériste et connu le succès souhaité, traverse un burn-out et une mise au placard. Elle choisit alors de se créer une nouvelle vie et part faire un tour du monde seule en sac à dos. Elle en ressort grandie, éveillée. Aujourd'hui elle accompagne les femmes de tous âges désireuses d'emprunter le chemin de l'émancipation authentique. Son crédo : l'intelligence émotionnelle et spirituelle au service d'un succès cohérent dans la vie ! contact : womanontour@womanontour.com

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