Changer de vie

Comment vivre sa vraie vie ? Interview de Nicolas BRETON

on

Comment vivre sa vraie vie ?

Interview avec Nicolas BRETON

Je suis partie pour vous à la rencontre d’aventuriers, de voyageurs au long cours qui sont partis sur les routes du monde pour * se trouver *.  Trouver quoi ? Cette petite flamme intérieure,  celle qui rend authentique, sincère et cohérent dans sa vie. Je suis venue leur poser cette question :

Comment fait-on pour obtenir les mêmes résultats, les mêmes saveurs du voyage, sans bouger de chez soi ?

Réponse à cette question dans une série d’interviews à retrouver sur ce blog et sur la chaîne Youtube ici de Womanontour.

Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir de vous présenter une personne qui a fait un chemin extraordinaire, qui a tout quitté dans sa vie pour faire un tour du monde de 15 mois et vivre des expériences formidables. Cette personne, elle est l’auteur du livre « Hors des sentiers battus ». J’ai l’honneur de vous présenter Nicolas BRETON.

couv-livre-nicolas

Nicolas Breton, auteur du livre Hors des sentiers battus.

NICOLAS BRETON : Bonjour Marie-France. Bonjour à tous.

MF : Pour les personnes qui sont parmi nous, est-ce que tu pourrais s’il te plaît te présenter ? Raconter un petit peu d’où tu viens, quel âge tu as, et ce que tu fais aujourd’hui dans la vie.

NICOLAS BRETON : D’accord. Alors je m’appelle Nicolas, j’ai 30 ans. Je suis né à côté d’Orléans, dans le Loiret. Et j’ai fait un voyage autour du monde de 15 mois lorsque j’avais 27 ans.

Je suis partie en Asie du Sud-Est, en Inde, au Zimbabwe, et en Amérique du Sud, de l’Argentine à la Colombie. Donc un voyage avec plein d’expériences hors des sentiers battus. Je suis rentré de ce voyage il y a deux ans, au début de l’année 2014.

Et suite à ce voyage j’ai eu la chance de pouvoir écrire un livre qui raconte mon tour du monde, et qui donne aussi des informations pratiques pour ceux qui veulent vivre des expériences similaires, donc un mix entre un récit de voyage et un guide pratique.

Donc aujourd’hui voilà, j’étais sur la rédaction de ce livre. Je fais des conférences à droite à gauche pour parler de mon voyage, et puis j’ai d’autres activités aussi, d’autoentrepreneur, à côté de ces conférences, je travaille sur la communication d’un éco-village dans le sud de la France, et puis des fois je promène des touristes à vélo dans Paris. Donc voilà, tout un tas d’activités qui me permettent d’être indépendant aujourd’hui.

MF : Tu es multitâches.

Nicolas BRETON : Voilà.

MF : Et fort investi dans des actions responsables et communautaires.

NICOLAS BRETON : Oui, voilà. C’est vrai que pour moi, l’important dans mes activités, c’est que c’est ça ait du sens, en fait, j’ai besoin de faire des choses qui ont du sens pour moi.


MF : Justement, tu parlais de ton livre en donnant des conseils, des solutions aux gens qui veulent faire un voyage. Alors la question que j’ai envie de te poser, c’est

« Ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas voyager, comment fait-on pour vivre au quotidien un voyage, dans sa vie de tous les jours, et en obtenir les mêmes bénéfices, les mêmes résultats ? ». Pas évident, cette question.

NICOLAS BRETON : Alors, pour moi en fait, pour être dans le voyage au quotidien, l’important c’est de sortir de sa zone de confort.

 


MF : Alors, ça veut dire quoi concrètement ?

NICOLAS BRETON :

En fait, c’est pouvoir tester, même dans son quotidien, de nouvelles expériences.

Si vous voulez tester la méditation et le yoga, y a des ashrams, des centres de méditation qui existent aujourd’hui partout en France, essayez de vivre ces aventures même ici chez soi, rencontrer des nouvelles personnes, par exemple faire du Couchsurfing, ou accueillir des étrangers chez soi pour rencontrer des personnes de culture différente ; tester dans le cadre d’une activité bénévole des activités ou des missions qui vous tiennent à cœur, que vous avez jamais fait, par exemple si vous avez toujours rêvé de faire de l’animation radio, être animateur radio en tant que bénévole… pouvoir tester, voilà, des nouvelles expériences qui vous font sortir de votre quotidien, et qui vous permettent aussi de vous découvrir et d’aller vers ce que vous avez envie, en plus de vos activités au quotidien. Ça n’empêche pas, en fait, de pouvoir à côté continuer ces activités dans son quotidien.

MF : (Acquiesce). Comme on dit souvent, là où sont les difficultés se situent la plus grande marge de progression et de satisfaction dans sa vie. Tu es d’accord là-dessus ?

NICOLAS BRETON : Tout à fait, oui.


MF : Alors, j’ai une question pour toi, pour qu’on en sache un petit peu plus sur ton histoire. Avant le voyage, ce tour du monde de 15 mois que tu as fait, comment était ta vie ? Comment te sentais-tu dans ta vie ?

NICOLAS BRETON : Alors, avant le voyage, en fait j’étais salarié dans des associations de commerce équitable. J’avais un quotidien, plus classique qu’aujourd’hui. Je me sentais heureux dans ma vie. J’étais sur Paris. J’avais quand même un manque de confiance en moi, un gros manque de confiance en moi, que j’ai depuis que je suis petit, et je faisais beaucoup attention au regard des autres. Donc, j’avais quand même ces choses-là, que j’avais envie de changer en moi, et je savais pas forcément comment faire.

MF : Je pense que c’est un problème, en quelque sorte, que beaucoup d’entre nous vivons au quotidien. Alors pourquoi le voyage très radical de partir 15 mois s’est imposé à toi ? En quoi ça a été pour toi une solution ?

NICOLAS BRETON : Alors, en fait, c’est un cheminement pour moi, ce voyage. C’est-à-dire que depuis que j’ai 18-20 ans, j’ai envie de découvrir d’autres cultures, d’aller voir ailleurs ce qui se passe, découvrir d’autres façons de vivre.

J’ai toujours eu cet intérêt pour le lointain, donc je me suis dit au début, ben je vais faire des études, je vais travailler, et j’irai faire un volontariat d’un an, deux ans à l’étranger, pour pouvoir vivre cette expérience du lointain.

Et j’ai commencé à travailler, j’ai eu un mois de vacances, je suis parti pendant ce mois de vacances au Nicaragua et au Costa Rica, j’ai voyagé tout seul. Et j’ai adoré ce voyage, j’ai adoré voyager seul, j’ai rencontré plein de monde, j’ai adoré bouger, vivre plein de nouvelles expériences. Mais, d’un autre côté, j’avais une sorte de frustration parce que, un mois, c’était… en voyageant un mois, je pouvais pas rester dans un endroit qui me plaisait.

Si j’arrivais dans un endroit qui me plaisait, je voulais me dire « Je vais rester autant de temps que j’ai envie », je pouvais pas forcément le faire.

MF : Oui. [soupire]

NICOLAS BRETON : Et je voyais des gens autour de moi qui voyageaient longtemps, six mois, huit mois… Je me suis dit que je pourrais faire ça aussi… Et plutôt que faire un volontariat, partir voyager me permettrait de vivre plein d’expériences différentes, rencontrer des gens différents, des cultures différentes. C’était mieux que le volontariat, où j’aurais peut-être été utile d’une certaine façon, mais pour moi-même, je n’aurais pas vécu une multitude d’expériences.

MF : On sent un appétit de vivre, tu avais un appétit à vouloir cumuler plein d’expériences.

NICOLAS BRETON: Ouais.

Ce que je trouve intéressant en fait quand on voyage, c’est que pour moi voyager, c’est un peu vivre plein de petites vies.

Parce qu’à chaque fois qu’on arrive dans un nouvel endroit, on reconstruit une nouvelle histoire, avec de nouvelles rencontres, qui deviennent sa famille, une nouvelle maison, l’endroit où on loge. Et en fait voyager c’est un peu ça pour moi, c’est pouvoir vivre plein de petites vies différentes.

MF : Du coup, si je fais le lien avec le conseil que tu me donnais tout à l’heure, de faire plein de choses nouvelles, en testant, c’est comme ça aussi qu’on peut vivre plein de vies dans une vie.

NICOLAS BRETON : Ouais, c’est vrai que moi c’est ce qui me plaît aussi dans cet appétit de vivre, du voyage, c’est de pouvoir tester plein d’expériences pour vivre plein de vies, et se découvrir.


MF : D’accord. Alors c’est une expérience atypique que tu as faite. Est-ce que tu as eu besoin de braver le regard des autres, et je pense notamment à tes amis, ta famille, tes proches ? Est-ce que tu as eu un poids par rapport à ça, ou pas ?

NICOLAS BRETON : Alors la chance que j’ai eue avant de partir, c’est que je n’ai pas eu de blocage particulier de la part de mes amis, ou de ma famille. Ils étaient assez compréhensif, assez confiant, par rapport à mon expérience. Je n’ai pas eu à braver un regard malveillant par rapport à mon départ ; au contraire, je ressentais plutôt de la bienveillance, et puis…

MF : de l’envie, peut-être même un petit peu ?

NICOLAS BRETON : un peu d’envie, et de se dire « ouais c’est génial ce que tu fais, bravo, vas-y » et je sentais un soutien. Donc j’ai pas eu forcément à braver ce regard. C’était plus au retour du voyage, où j’ai eu un regard à braver… Parce qu’au retour du voyage, j’ai commencé à écrire le livre, ça m’a pris 10 mois, et pendant 10 mois les gens disaient autour de moi « mais qu’est-ce que tu fais de tes journées, comment ça t’as pas de travail, tu fais rien, tu restes chez toi ». J’étais là « bah non, j’écris un livre ». Dans leur tête c’était « oui ok t’écris un livre, mais sinon tu fais quoi, sérieusement ? »

MF : [rire] « sérieusement ».

photo-pour-vigentte-intw-nicolasNICOLAS BRETON : Et voilà, c’est là où c’est plus dur d’affronter le regarde des autres, plus après le voyage qu’avant le voyage.

MF : Alors qu’est-ce que tu te dis à toi-même quand tu sens les jugements dans le regard des autres. Qu’est-ce que tu te dis à toi-même pour garder le focus et la concentration, et cette envie d’avancer ?

NICOLAS BRETON : En fait, ce qui n’est pas évident dans le regard des autres, c’est surtout quand ace sont des proches, leur regard est important pour nous. Je pense que pour avancer ce que je me dis c’est que, voilà je suis tenace, je vais jusqu’au bout de mes objectifs ; ok aujourd’hui ils comprennent pas, mais quand je sortirai mon livre, là ils verront.

Et être sûr de soi, de son objectif, de la ténacité, de là où on veut aller, c’est une première chose pour avoir une force intérieure.

Et puis de se dire, le plus important c’est mon regard, le regard que je porte sur moi-même, et pas le regard des autres sur moi.

Il est donc important de faire quelque chose où je me sens bien, où j’ai un regard bienveillant sur moi-même, et après les autres, c’est secondaire.

C’est ça qui est la clef vers le bonheur, donc voilà, c’est comme ça aussi que je construis ma force.


MF : La clef du bonheur, penser à soi, et penser à sa propre force. D’accord. Alors aujourd’hui tu es rentré, ça fait maintenant deux ans à peu près que tu es de retour, quel nouveau regard portes-tu sur la vie, et sur ta vie ? En quoi ça a changé ?

NICOLAS BRETON : J’ai plus confiance en moi qu’avant, c’est ce que je disais, j’accorde moins d’importance au regard des autres, même si j’en apporte toujours, je pense que c’est très difficile d’en n’apporter aucune. Voilà j’essaie de prendre quand même du recul, un peu plus, par rapport au regard des autres. Je pense que ça me permet de faire des choses, que je n’aurais jamais pu faire avant. Justement par manque de confiance en moi, ou en me disant « Non, ça c’est pas possible, j’en suis pas capable, je n’y arriverai jamais ». Aujourd’hui je me dis plus ça, je me dis que tout est possible.

MF : T’es audacieux.

NICOLAS BRETON : Voilà, plus d’audace, en me disant que toutes les portes sont ouvertes, tout est possible en fait. Et c’est vraiment cet aspect-là, et donc avant je voyais ma vie plus de façon rectiligne, en me disant ce sera sûrement comme ça dans tel domaine, j’aurai une maison, des enfants, et à tel endroit. Aujourd’hui je me dis tout est ouvert, tout est possible, on ne peut pas prévoir le futur. Donc juste profite maintenant de ce que t’es en train de faire, et plus tard on verra. Et c’est pas grave, les choses viendront.

Donc, je lâche davantage prise par rapport à pas mal de choses, et ça me permet d’être plus apaisé, et de moins stresser face à l’avenir.

 


MF : C’est très inspirant. Je sais que tu as pas mal de choses à partager, forcément quand on a fait 15 mois de voyage.

Est-ce que tu pourrais nous raconter, à nous, vu qu’on est en petit comité, un moment fort de ton voyage, durant lequel tu t’es senti grandir ?

Alors peut-être pas sur le moment, parce qu’on ne s’en rend pas toujours compte à l’instant t, mais après coup, tu t’es dit « wow, cette expérience a été vraiment très intéressante » et peut-être même une expérience qu’on pourrait vivre nous, au quotidien, sans partir ?

NICOLAS BRETON: Alors une expérience qui a été intéressante pour moi, qui a été assez forte, c’est quand je suis parti en Inde, pour aller méditer et pratiquer le yoga dans des ashrams, parce qu’en fait je vivais une expérience un peu à l’opposé de mes habitudes de vie.

C’est-à-dire qu’à Paris je vivais toujours à 200 à l’heure, de façon hyper connectée, je faisais la fête, je voulais vivre plein d’expériences, et c’était comme ça que j’étais heureux ; et j’ai vécu une expérience à l’opposé de mes habitudes de vie, où je suis parti dans un ashram, et juste toute la journée on méditait, on pratiquait le yoga, on déjeunait un plat végétarien assis en silence par terre, et c’est très calme, c’était… et en fait je vivais rien d’exceptionnel, c’était comme une vie monacale, presque.

Et j’avais une certaine forme d’apaisement dans cette vie, et je me suis rendu compte qu’on pouvait aussi être heureux dans la simplicité, dans la sobriété, et ça, ça a été intéressant de voir ça, de découvrir que je pouvais aussi être heureux dans cette sobriété. Et aujourd’hui, ça me permet, j’essaie d’appliquer ça au quotidien, tant que je peux, de me rappeler, de me dire que je profite simplement de manger un bon repas, d’être dans la nature, et il se passe rien de spécial, mais ça me rend heureux, et profiter à fond de ce présent, et trouver le bonheur dans ces choses simples.

On l’apprend dans le voyage, et on peut essayer de continuer à profiter de ça, et à trouver le bonheur dans ces choses simples quand on rentre après, ou en étant au quotidien.

MF : Oui. Tu as dit « en vivant cette expérience en Inde, c’était rien d’exceptionnel, et néanmoins, je citerai Pierre Rabhi qui parle de « sobriété heureuse », finalement tu as vécu une simplicité exceptionnelle.

NICOLAS BRETON :

Oui, une simplicité exceptionnelle. Mais oui, la simplicité est belle, et peut être exceptionnelle.

 


MF : Alors j’imagine que sans voyage, ou même encore maintenant tu vis des difficultés, ou tu as des peurs à surmonter, comme on en a tous, tous autant qu’on est, à différents niveaux on a des peurs, comment tu fais toi, pour les surmonter ?

NICOLAS BRETON : Alors au quotidien, effectivement, j’ai des peurs. Aujourd’hui à mes yeux tout est possible, tout est ouvert. Du coup je n’ai pas une ligne conductrice dans ma vie. Or cette liberté  crée des peurs, parce que je ne sais pas précisément où je vais, je m’éparpille un peu dans plein de projets… Et des fois, y a une certaine forme de, comment dire ? Comme quand on est près du vide…

MF : La peur du vide, oui, la peur de chuter.

NICOLAS BRETON: Oui, la peur du vide, la peur de…

MF : de l’inconnu…

NICOLAS BRETON : Oui de l’inconnu, et au quotidien ça effectivement, c’est pas toujours évident, mais voilà, j’essaie de faire confiance à la vie.

Quand je regarde mes expériences passées, je me dis que les choses se sont déroulées, les choses sont venues, au bon moment. Et faut les provoquer, mais faut aussi être patient, et faire confiance à la vie, tout simplement. Et ça permet de s’apaiser aussi.

 


MF : Alors justement j’en viens à quelque chose que tu m’as partagé tout à l’heure, en catimini, tu me parlais de toutes ces choses que tu as découvertes sur toi-même pendant le voyage. Est-ce que tu pourrais nous en partager une ou deux, des découvertes que tu as faites sur toi-même ? Comment c’est arrivé ?

NICOLAS BRETON : Alors, j’ai eu effectivement plusieurs découvertes intéressantes. Déjà j’ai découvert que j’avais une plume, que j’aimais écrire. Et que, voilà, j’arrivais à écrire quand même un peu, parce que j’avais un blog.

Alors ce qu’il faut savoir, c’est que quand j’étais petit à l’école, j’étais bon en Maths et j’étais nul en Français, donc j’étais beaucoup plus sur… l’aspect littéraire, c’était pas trop mon truc. Je suis parti voyager, j’ai commencé à écrire un blog. Et j’avais pas du tout l’idée d’écrire un livre, en fait en faisant mon voyage. Et à travers ce voyage, j’ai découvert une passion pour l’écriture, et j’ai commencé à avoir des retours de gens qui m’ont dit « c’est vraiment sympa ce que t’écris », et ça m’a conforté.

Et ça a été une vraie surprise, comme quoi on peut découvrir des passions et des compétences à tout âge, qu’on n’avait pas forcément à un moment donné de sa vie, et qu’on a à un autre moment, parce qu’une certaine expérience nous a fait révéler ça, cette chose-là. Ça c’était assez intéressant.

Après, j’ai… quelque chose que j’ai découvert sur moi-même, qui est tout bête, en voyageant, c’est que… avant le voyage, des fois je me disais « ah mais, je n’ai pas de chance, parce que je viens d’une famille modeste, et j’aurais pu vivre ça plutôt que ça». J’ai des potes qui avaient plus de possibilités, plus d’argent, je me comparais beaucoup aux autres en me disant qu’ils ont plein de frères et sœurs, moi j’ai pas eu, tout ça…

MF : C’est un classique, oui.

NICOLAS BRETON : Et voilà, j’étais vraiment là-dessus, et un peu des fois presque à me plaindre par rapport à ça. Et j’ai fait ce voyage, et en rentrant de voyage, je me suis dit « j’ai trop de chance », j’ai vraiment beaucoup de chance par rapport à la moyenne des gens dans ce monde. Je n’ai vraiment pas à me plaindre, et dans toutes mes expériences, dans tout le déroulé de ma vie, j’ai toujours eu la bonne étoile. Et du coup, je me rends davantage compte de la chance que j’ai aujourd’hui, qu’avant le voyage.

MF : Alors j’imagine que tu parles pas d’une chance en tant que tout ce que tu as, tout ce que tu possèdes, c’est davantage la bonne étoile et la providence, en fait.

NICOLAS BRETON : Ouais, c’est ça.

MF : C’est ça. Je préfère préciser. Et du coup, t’as compris ça en voyage. Ça veut dire que tous autant qu’on est, on a tous une sorte de destinée, de bonne étoile, qui est là, et simplement c’est important de s’y connecter.

NICOLAS BRETON : Oui, effectivement.

MF : Alors désolé pour le vent, on est dans un parc parisien, et on a la chance aujourd’hui que, malgré la chaleur, c’est venteux. Alors j’espère que c’est pas trop désagréable au son. En philosophie bouddhiste, le vent on appelle ça « lungta », est ça veut dire, c’est un élément porteur des âmes humaines. Donc ça veut peut-être dire, que c’est la manifestation de votre présence, on va dire ça.

NICOLAS BRETON : Vous êtes là ! [rit]

MF : Vous êtes là parmi nous. Alors justement Nicolas, comment fait-on pour trouver sa bonne étoile ?

NICOLAS BRETON :

Je pense que l’important c’est de suivre son intuition pour trouver sa bonne étoile, et en suivant son intuition, on ira vers des choses positives qui nous ressemblent, et qui nous rendront heureux.

MF : D’accord, en suivant son intuition.

capture-decran-2016-10-15-a-17-55-45

NICOLAS BRETON : Je pense que c’est quelque chose d’important. C’est quelque chose que j’ai appris aussi pendant mon voyage, que j’avais pas forcément avant. Alors je pense que j’ai encore beaucoup de travail à faire là-dessus, parce que des fois, je la suis pas assez, je suis trop dans le rationnel, et…

Mais moi les expériences m’ont montré qu’en suivant mon intuition, c’était souvent positif. Et ça allait pas forcément vers là où j’avais pensé aller.

Par exemple l’écriture d’un livre, jamais de ma vie je me serais dit que j’aurais écrit un livre. Mais voilà, à un moment j’ai senti une intuition par rapport à ça, je l’ai suivie et j’ai été jusqu’au bout, et ça a été positif. Même si c’est quelque chose que j’aurais jamais imaginé. Et je pense que si on suit son intuition, et qu’on la garde en soi, et on est sûr de soi par rapport à ça, on est à l’aise avec cette intuition, on peut aller loin et faire de grandes choses pour soi. Mais voilà, ça peut être n’importe quoi, ça peut être des choses toutes simples, c’est pas…

MF : Oui, ça peut être même dans le quotidien, l’orchestration de ses journées. C’est des choses vraiment toutes simples.

Ça se manifeste comment, pour toi, une intuition ?

NICOLAS BRETON : C’est quelque chose qui est, pour moi, difficilement explicable… C’est sentir les choses, sans les expliquer. On n’arrive pas à dire « Je veux faire ça, parce que c’est ça, et ça me permettra ça et ça ». Ce n’est pas rationnel… C’est plutôt une sensation ; je sens que c’est par là que je dois aller… C’est plus mon cœur qui me le dit, et je ne sais pas pourquoi, mais voilà, c’est comme ça.


MF : Alors Nicolas peux-tu nous partager l’histoire d’une belle rencontre que tu as fait pendant ton voyage, qui a été riche d’enseignements ?

NICOLAS BRETON : Alors une belle rencontre que j’ai faite pendant le voyage, c’est un moine thaïlandais.

J’étais dans une ville peu touristique en Thaïlande, et un moine est venu vers moi, parce qu’il avait envie de parler Anglais, il a vu un étranger, donc on a commencé à discuter. Et puis j’ai sympathisé avec lui, on s’est vu plusieurs fois, après j’allais le voir quotidiennement dans son temple, et puis on discutait. Et il m’a raconté sa vie.

En fait c’est un thaïlandais qui, à l’âge de 18 ans, est parti vivre à Londres. Il était serveur dans des bars, donc il vivait la vie nocturne londonienne, tous les soirs, il faisait la fête, il buvait, il rencontrait plein de filles… enfin voilà, il avait cette vie nocturne, vraiment. Jusqu’à l’âge de 30-35 ans, et puis un jour, vers 30-35 ans, il s’est dit « voilà, j’ai assez profité, j’ai vécu une vie complètement folle, mais aujourd’hui j’ai envie plus de me poser, m’apaiser » et il a décidé de rentrer en Thaïlande pour devenir moine. Et donc, là, se lever tous les jours à 5 heures du matin…

MF : Radical, aussi, hein.

NICOLAS BRETON : Oui, vraiment radical, d’un extrême à l’autre. Alors c’est très radical effectivement, et d’un côté, ça m’a permis de me rendre compte qu’on pouvait avoir plusieurs vies en une seule, et avoir différentes aspirations selon les moments de sa vie, et que voilà, on peut vivre des choses, avoir différentes aspirations, différentes envies de façons de vivre selon la période à laquelle on est, et ça, ça a été une belle leçon pour moi.


MF : D’accord. Alors, est-ce que tu aurais pour nous, peut-être pour terminer cette entrevue, une leçon de sagesse, que tu aurais apprise durant ton voyage, que tu aimerais nous partager, un petit peu comme un secret ?

NICOLAS BRETON : Alors oui, une phrase, qui était sur le mur d’un ashram, en Inde, que j’ai beaucoup aimé, et qui m’a beaucoup inspiré pour mon voyage. Et en fait cette phrase, c’est

« Ce n’est pas parce que c’est difficile que l’on n’ose pas, c’est parce que l’on n’ose pas que c’est difficile ». Sénèque

 

MF : C’est formidable. Eh bien écoute, c’est sur ce beau message de sagesse qu’on va terminer cette interview. J’espère que c’était un moment agréable passé en notre compagnie. En tous les cas je vous invite à vous abonner à la chaîne YouTube pour visionner davantage d’interviews avec des passionnés, des aventuriers, des voyageurs comme Nicolas Breton.


Quant à moi je vous dis bravo de faire partie de ces personnes qui ont le courage d’entamer un voyage intérieur, l’audace de croire que tout est possible , et le désir brûlant de réaliser vos rêves. Je vous dis à très bientôt, bye bye tout le monde ! Au revoir Nicolas !

NICOLAS BRETON : Ciao ciao ! merci, à bientôt !

MF : A bientôt. »

couv-livre-nicolasNicolas BRETON :

Site WEB : http://horsdessentiersbattus.fr

Achat du livre : http://horsdessentiersbattus.fr/acheter-le-livre/

Vous pouvez voir ici l’interview en vidéo de Nicolas Breton.

 

___________________________________________________________________

* Les INTERVIEWS de WOMAN ON TOUR *

Thème : le VOYAGE INTERIEUR des VOYAGEURS

Je suis partie à la rencontre des aventuriers, des voyageurs au long cours, qui ont tout plaqué dans leur vie pour vivre nomade et découvrir le monde. Durant ce voyage, cette école de la vie, ils se sont trouvés, ils ont trouvé leur mission de vie. Ils ont donné du sens à leur vie.

Je suis allée leur poser cette question :
Comment fait-on pour obtenir les même résultats sans bouger de chez soi ?
Comment fait-on dans la vie pour être heureux, vivre la vie que l’on désire ?
Forts de leurs expériences, je les invite à dévoiler leurs conseils, leurs secrets, leurs astuces pour surmonter nos peurs, notre timidité, notre manque de confiance en soi, qui parfois, peuvent nous empêcher de vivre la vie de ses rêves.

 

Envie de réagir ? Laissez votre commentaire et je vous répondrai.

A propos de woman on tour

Woman on tour (Marie-France pour les intimes) est entrepreneur nomade, globetrotteuse, hypnothérapeute et pranathérapeute. C'est une jeune femme sensible, qui après avoir été carriériste et connu le succès souhaité, traverse un burn-out et une mise au placard. Elle choisit alors de se créer une nouvelle vie et part faire un tour du monde seule en sac à dos. Elle en ressort grandie, éveillée. Aujourd'hui elle accompagne les femmes de tous âges désireuses d'emprunter le chemin de l'émancipation authentique. Son crédo : l'intelligence émotionnelle et spirituelle au service d'un succès cohérent dans la vie ! contact : womanontour@womanontour.com

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *